14.12.2011

Rani ou le retour du téléthon sur France 2

Vous croyiez en être quitte pour 2011 ? Ah, ah, rien de plus faux. C’est ce soir que le véritable téléthon commence sur France 2. Et il va même s’installer sur vos écrans pour quatre semaines. Pour l’occasion, il a été rebaptisé Rani. On vous dira que c’est une saga écrite par Jean Van Hamme qui n’est pas sans rappeler la série des Angélique, Marquise des Anges, mais vus les moyens déployés pour aller chercher le téléspectateur autant dire que France 2 joue son va-tout et que c’est presque un acte de solidarité que l’on vous demande.

Pour vous inciter à venir vous poser devant France 2 dès ce mercredi soir, la chaîne est allée jusqu’à organiser un flash mob à Montmartre devant les yeux éblouis de touristes japonais (oui, on l’avoue, il est peu probable que le touriste japonais se sente concerné par les programmes de France 2 et l’on peut légitimement se demander si la cible a été bien choisie). Mais France 2 a pensé à tout, si vous l’avez manqué, il est possible d’en voir une captation sur le site web que la chaîne consacre à la saga. On y trouvera une certaine parenté avec le clip de la comédie musicale en devenir Les Amants de la Bastille, du grand art, quoi. Qui a plagié l’autre ? Tel ne sera pas ici notre propos. Si vous avez échappé au flash mob, difficile cependant pour les Parisiens de se soustraire aux panneaux publicitaires 4 par 3 qui se sont étalés dans la plupart des stations de métro. « S’il vous plaît, regardez », qu’on vous dit.

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Côté scénario, c'est l'auteur de BD Jean Van Hamme qui a été sollicité. En substance, il a voulu  conter la magnifique aventure de l’Inde française au XVIIIe siècle. Dit comme ça, ça sent un peu son Tintin au Congo, ça n’est pas tout à fait faux… Pour le reste, à en juger par les deux tomes publiés de la BD éponyme, il aura été nettement moins bien inspiré et les critiques de Libé ont bien su pointer la structure avec force "cataclops" qui sous-tend toute l’œuvre.

Alors, peut-on regarder Rani même si l’on se fiche totalement de soutenir le service public ? On a envie de vous dire oui. Pourquoi ? Parce que la réalisation a été confiée à Arnaud Sélignac qui est sans doute le réalisateur français qui, après le Voltaire maniaco-dépressif de Divine Emilie et le Louis XVI couillu mais controversé de L’évasion de Louis XVI, sait le mieux filmer le XVIIIe siècle. On a aussi envie de vous dire oui pour Rani/Mylène Jampanoï, qu’on a toujours plaisir à voir depuis Les filles du botaniste. On a enfin envie de vous dire oui pour Antoine Gouy (ça faisait longtemps), parce qu’une fiction avec un aussi bon acteur ne saurait jamais être tout à fait mauvaise. Il incarne Charles de Bussy, un officier français bien consciencieux qui a aussi causé la perte de Lally-Tollendal. Mais tout cela est une autre histoire.

Bref, ce soir vous n’avez pas besoin de composer le 3637, appuyez simplement sur le bouton 2 de votre télécommande.

26.10.2011

La fin de l'été à la TV ?

Ah bon, l'été est fini ? Non, aucun rapport avec le fait que certains se plaindraient que c'est un peu mort chez Vialation. C'est plutôt rapport aux programmes TV : la grille est si léthargique qu'on n'a pas vu de différence avec les éternelles redifs des mois de juillet/août. La télé publique se meurt (voir le communiqué sur Acrimed) et se contente de se transformer en gigantesque film publicitaire pour la Maison de l'histoire de France (Oh joie, Apocalypse 2, le retour !). Alors, quand tout à coup elle reprend un peu de saveur, on a du mal à y croire. Et pourtant, en ce 26 octobre 2011, on a eu droit a une belle petite soirée France 3. Après les grandiloquents et pleins de bonne volonté Vivants et les morts de Gérard Mordillat, proposés par France 2 l'an dernier, c'est d'un oeil distrait que j'ai commencé par aborder Les Robins des pauvres (titre vraiment pas très heureux) de Frédéric Tellier. Mais très vite, tout cela a eu un petit air d'Action Directe qui donnait envie d'y revenir. Une réalisation soignée, un bon casting, un scénario qui tient vraiment la route et le luxe de se payer le prix de la meilleure photographie au festival de Luchon. Que demander de plus ? C'était une vraie respiration bienvenue dans cette période où on nous bassine avec le sauvetage des AAA et de l'euro.

Et pour que le plaisir soit complet, c'était une soirée avec Taddeï ! C'est vrai, on voyait un peu toujours les mêmes têtes, c'est vrai, ça devenait l'hospice du vieux Badiou qui veut son moment de gloire avant la mort, mais pourtant, au moins c'était regardable Ce soir ou jamais. On pouvait y entendre tout ce que l'on ne disait pas ailleurs que sur les ondes de France Culture. S'endormir avec la pensée de l'anthropologue Didier Fassin et la vie deviendrait presque belle.

24.09.2011

La rentrée de la CNHI

Ca faisait longtemps, vous les attendiez avec impatience, mais quoi donc ? La suite des aventures de la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration. En exclusivité pour mes chers lecteurs, j'y suis donc retournée afin de savoir comment s'annonçait la rentrée. Il y a des nouveautés à la pelle.

Côté scénographie, de très gracieuses grilles roulantes ont été installées afin de préserver l'accès aux collections de Repères en cas d'extrême nécessité. Imaginez en effet qu'une horde barbare de sans-papiers puisse envisager de s'emparer des fleurons de ce trésor national ! Non, Jacques Toubon n'aura pas besoin de se sacrifier en faisant barrage de son corps, les grilles seront immédiatement descendues et sauveront tout.

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D'autre part, des sièges pliants sont désormais mis à la disposition du public, tandis que fauteuils et canapés l'attendent sous les cartes du prologue. Amis parisiens, quand vous ressentirez une furieuse envie de vous asseoir, n'hésitez plus : filez à la CNHI ! Tout y est prévu pour soigner votre postérieur.

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Il est cependant probable que, malgré le succès de l'exposition Polonia, les sièges ne parviennent pas à démultiplier les visiteurs, véritable obsession de l'établissement. Aussi, mieux valait opter pour une solution plus radicale. On fait la queue le week-end pour accéder à l'aquarium du sous-sol, souvenir de l'exposition coloniale ? Qu'à cela ne tienne ! Faison main basse sur l'aquarium et ses visiteurs. A moins que Luc Gruson ne se soit découvert une soudaine passion pour les poissons pendant l'été...

Mais le tableau ne saurait être complet sans évoquer le destin réservé à l'oeuvre de Zineb Sedira. Souvenez-vous, en mai 2010, une oeuvre de l'artiste provoquait la fermeture du musée Pablo-Picasso de Vallauris. Dans une vidéo, la mère de Zineb y racontait ses souvenirs de la guerre d'Algérie et le mot harki y avait un temps été traduit par "collaborateur". Devant la fronde des associations de harkis, le musée avait été fermé. Or, la CNHI possède cette même oeuvre et la diffusait dans une version longue. La mère de Zineb y évoquait cette fois le viol qu'elle avait subi pendant la guerre conduisant les mêmes associations, suite à l'affaire de Vallauris, à protester tout aussi vivement. Résultat : l'oeuvre est aujourd'hui désactivée à la CNHI. Et dites-moi, quelles sont les prochaines expositions prévues à la CNHI ? De l'art contemporain et une exposition sur la guerre d'Algérie, voilà qui promet encore de belles notes de blog.