16.05.2008

Une exposition bien élevée

2008 ne correspond à aucun anniversaire mais on a l'exposition Marie-Antoinette, 2008 ne correspond à aucun anniversaire mais on a les expos Marie d'Orléans, une des fifilles de Louis-Philippe. 

Pour ceux qui seraient vraiment allergiques à l'anniversaire de mai 68, Marie d'Orléans est l'antidote. Parce que Marie d'Orléans, elle est princesse, mais c'est une sacrée rebelle. Les esprits courtisans auraient dit que Marie d'Orléans faisait du Ingres, à sa manière, c'est-à-dire à la manière d'une princesse qui n'a jamais eu le droit de travailler d'après le nu.

Mais ça ne la dérange pas, Marie, de ne pas travailler d'après des nus parce que Marie préfère les anges. Elle sculpte des anges vengeurs qui vous paraissent tout droit sortis du couvent des oiseaux, ou bien elle imite les sculpteurs officiels de papa, elle sculpte un ange déchu à la Marochetti, elle sculpte une Jeanne d'Arc pour le musée de Versailles. 

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Marie, c'est une gentille fille qui fait tout bien comme il faut. Alors elle fait l'artiste romantique comme il faut : elle aime le Moyen-Age, elle est brune et mélancolique et elle meurt jeune. Marie, elle inspire des poèmes à Alfred de Vigny : 

 Mais quand la noble enfant d'une race royale
Fuyant des lourds palais l'antique oisiveté
S'en va dans l'atelier chercher la vérité
Et là, créant en rêve une forme idéale
Entre'ouvre un marbre pur de sa main virginale
pour en faire sortir la vie et la beauté


Le professeur de Marie, c'est Ary Scheffer, ancien légitimiste. Quand on voit à quoi il a consacré son temps avec Marie, on comprend mieux que Félicie de Fauveau lui ait reproché de se renier, ça n'était pas qu'une question de politique. 

Si vous avez survécu à la mini exposition du Louvre, vous pourrez tenter, jusqu'au 21 juillet, celle du musée Condé de Chantilly : "Marie d'Orléans, princesse et artiste romantique". Après un tel traitement, il est probable que vous vous sentirez vivre chez Amélie : 

 

 

10.05.2008

Comment j'ai tué Elisabeth

Je lui aurai donné un peu plus d'un mois ; j'avais vu large. Une semaine aurait peut-être été suffisante, mais toute excuse est bonne à prendre pour prolonger les vacances. Elle n'a même pas essayé de lutter. Elle m'avait bien prêté son costume à Bath et elle m'a confiée aux bons soins de sa soeur à Turin mais elle s'est finalement tue à Berlin et elle a renoncé à s'inviter à Innsbruck. 
 
J'avais appris à l'apprécier, je l'aime bien maintenant. Elle me manquera certainement, de temps en temps. 
 
Par un heureux hasard, j'ai achevé Madame Elisabeth le 10 mai.
 
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"L'appareil est sur un théâtre
Couvert d'un tapis de lin blanc ;
Entre deux colonnes d'Albâtre
Paraît le fatal instrument ;
La fenêtre en est purpurine,
L'ébène en borde le contour,
Le désir ouvre la machine,
Et l'exécuteur est l'amour.
 
Prenant une attitude fière
Se présente le patient ;
Plus il porte la tête altière,
Plus il devient intéressant ;
L'étreinte augmente sa furie,
Il s'agite, il brave son sort ;
Le plus doux moment de sa vie
Est le plus voisin de la mort
 
Ô Venus dont mon coeur fidèle
Adore et suit les douces lois,
Donne-moi pour prix de mon zèle,
Une guillotine à mon choix :
Et par l'effet de ta puissance,
Après un trépas fortuné,
Ah ! rends-moi toujours l'existence;
Pour être encore guillotiné.
 
Sexe-couperet. Vénus-guillotine. De mille manières, l'échafaud excite le désir." 
 
"Qui ne voit que le visage romantique doit à l'échafaud le détachement subtil qui l'auréole ? Sous le couperet, la beauté du héros touche au sublime." 
 
Extraits de Guillotinez-moi !, Patrick Wald-Lasowski, Le Promeneur, 2007.
 


02.05.2008

Lost in translation

Bientôt la fin du périple européen pour post-partum théâtral. Vialation sera de retour très prochainement. 

En attendant, ce dimanche, le Fil de l'histoire de France Inter diffusera Evariste Galois, des maths au mythe, une pièce radiophonique de Caroline de Kergariou. Mathématicienne de formation, l'auteur relève, depuis quelques temps déjà, le défi de faire connaître, en vingt-huit minutes et sous un angle inattendu, un personnage célèbre. 

L'empathie de Caroline de Kergariou, qui se passionne pour chacun de ces personnages de la petite ou de la grande histoire, contribue pour beaucoup au succès de la formule. 

Rendez-vous dimanche, à 13h30, sur France Inter. 

 

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