15.12.2009
Destinées en miroir
En attendant que ma joie revienne, le 1er avril, j'ai joué un tour à la vie. Ca l'a beaucoup amusée et elle en a profité pour me coller une boîte de sardines dans le dos. Ca paraît anodin mais grâce à ça, je sais que je ne redouterai plus le prochain 1er avril.
C'est au moment où vous alliez reléguer au placard le surréalisme et tout son bric à brac (parce que ça va maintenant, hein, faut être un peu sérieux, s'il y avait de la magie là-dedans on le saurait), qu'une âme aussi écorchée vive que vous vient vous révéler que, malgré tout, elle y croit encore à la magie.
Pfff, encore un grand naïf ! Vous vous répétez cette rengaine les premiers jours, les premiers mois. Non merci, c'est bon, vous n'allez pas redonner là-dedans tout de même ! Vous êtes une vraie dure à cuire qui en a vu et des belles ! Mais qu'importe ce que vous vous dites au fond, il est déjà trop tard. L'autre âme écorchée vive, c'est vous, vous de l'autre côté du miroir.
Au fil des discussions, le trouble vous gagne. Sans même vous connaître, vous avez tout partagé, vécu dans le même temps des situations similaires, vous vous êtes croisés même, la rencontre était près d'avoir lieu mais avant, c'eût été trop tôt, vous n'étiez pas prêts. Il ne faut pas regretter car si vous n'aviez pas vécu chacun ces expériences douloureuses, vous auriez tout gâché, vous vous seriez manqués, vous vous seriez rendu insupportables l'un à l'autre.
Il aura fallu un improbable événement pour que les lignes parallèles qui jamais n'auraient dû se croiser se mettent soudainement à bifurquer pour provoquer le point de rencontre. Et pour provoquer la rencontre, tout est soudainement devenu facile, évident. En hypnotisant tous les maillons de la chaîne, la vie n'aura reculé devant rien. Néanmoins, vous restez libres parce que la rencontre, ce n'est rien, tout est encore à construire et tout dépendra de vous. En bifurquant, les lignes se sont brisées mais pas au même endroit. Vous avez cessé de chanter Barbara mais vous vous mettez à espérer que c'est désormais à vous que l'on chantera un autre refrain :
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14.12.2009
CNHI, une inauguration entre amis
Depuis l'inauguration ratée du 30 mars 2009, ce n'était pas le grand amour entre la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration et Eric Besson. On se souvient en effet que des manifestants avaient obligé les ministres à rebrousser chemin. Mais Eric Besson n'est pas homme à lâcher l'affaire. Ainsi, c'est en ce 14 décembre 2009 que la CNHI a été inaugurée en petit comité dans le cadre du séminaire ministériel intitulé : Les migrations en Méditerranée : construire un espace de prospérité partagée, réunissant, entre autres, divers représentants des gouvernements du pays du pourtour de la Méditerranée ainsi que Tobias Billström, actuel Président du Conseil des Ministres de l'Union Européenne. Dans un bref discours qui a suivi une présentation du musée par Jacques Toubon, Eric Besson en aura profité pour rappeler de quelle manière les malveillants avaient calomnié son débat sur l'identité nationale en le transformant en débat contre les immigrés. Eric Besson aime les immigrés. Mais si, puisqu'il vous le dit !

Malgré la charge provocatrice de ses propos, cette fois, nulle contestation, pas la moindre agitation. Il faut dire que les précautions avaient été bien prises. Il aura d'abord fallu désamorcer le mouvement de grève que les médiateurs du musée voulaient poursuivre en ce jour. Comment y parvenir ? D'une manière toute simple mais qui s'avère être d'une redoutable efficacité : accéder à toutes leurs revendications. On a assuré aux personnels de la CNHI que Frédéric Mitterrand négociait pour eux en personne, les personnels grévistes de Beaubourg et des autres musées seront sans doute ravis de l'apprendre. Pour le reste, les invitations émanaient uniquement du ministère de l'immigration et, pour plus de sûreté encore, on avait ordonné aux personnels des bureaux de rester chez eux. Enfin, la presse était elle aussi triée sur le volet, essentiellement des correspondants de la presse étrangère. Pour la France, on avait négligé d'avertir Le Monde, Libération ou même, plus curieusement, Le Figaro. Seul Le Parisien était représenté. Est-il donc encore le seul à colporter correctement la voix de son maître ?
16:10 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eric besson, cnhi, inauguration, identité nationale
13.11.2009
L'épuisement des possibles
Dans les bonnes surprises du festival franco-coréen, on pourra très certainement citer le film M de Lee Myung-Se. Celui-ci explique la genèse de son film, au titre aussi énigmatique que le "H" de Rimbaud, par un rêve dans lequel Hitchcock lui serait apparu pour lui remettre un manuscrit sur la couverture duquel se trouvait ce seul "M". Au moment où il s'apprêtait à en prendre connaissance, il s'est réveillé. Il ne lui restait donc plus qu'à en imaginer le contenu.
Sur un synopsis qui ne manquera pas de rappeler Peter Ibbetson, M pourrait être le produit de la rencontre entre Hitchcock, évidemment, mais aussi David Lynch et, plus inattendu, Woody Allen. Mais si les clins d'oeil sont foison, Lee Myung-Se ne se contente cependant pas de flatter les happy-few du monde entier et propose un film véritablement émouvant sur le souvenir. Certains seront peut-être agacés par ce film qui n'en finit pas de finir, les autres succomberont à l'étourdissement de l'épuisement des possibles.
Les amateurs de cette dernière thématique pourront même se donner rendez-vous au théâtre de l'Athénée. La cantatrice chauve reprise dans la mise en scène de Jean-Luc Lagarce depuis 2007, y fait escale jusqu'au 21 novembre. Au programme : tout comme en 1991, même décor, même distribution (c'est la tendance) et une fin qui applique à Ionesco l'épuisement pointé chez Beckett par Deleuze.
20:06 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lee myung-se, hitchcock, ionesco, jean-luc lagarce




