06.07.2008

Un étrange think tank spirituel

Je ne dois décidément plus sortir du monde des sectes. La dernière en date, je dois l'avouer, paraît avoir un mode d'action un peu plus subtil que les précédentes.

A priori, sur un groupe Facebook dénommé "Paris IV-Sorbonne", on s'attend surtout à trouver des informations utiles sur l'université et ce, principalement sur les blocages en période de grève. Or, depuis quelques temps, ce groupe se fait surtout le relais de curieuses invitations à de pseudo colloques ou journées d'étude. Aujourd'hui, on nous annonçait pour octobre une conférence avec "Ervin Laszlo (philosophe, docteur ès Lettres de la Sorbonne), Thierry Gaudin (chercheur ; Polytechnique et Corps des Mines) et Edgard Morin", rien que ça. De quoi être alléché. Mais on apprend quelques lignes plus loin que la participation d'Edgard Morin n'est pas encore confirmée. Nous n'en sommes qu'au début de nos surprises. 

N'oublions pas d'évoquer le thème de la conférence : "Intégrer la pensée intégrale", c'est déjà un peu plus obscur mais passons. On nous propose très ouvertement d'en savoir plus sur la pensée intégrale en suivant un lien Wikipedia en anglais. Mieux encore, on nous apprend que des bourses sont disponibles pour les étudiants qui souhaiteraient assister à la journée. Mais que demande le peuple ?

Après la signature viennent cependant les infos les plus intéressantes. Un modeste PS précise que "cette conférence n'est pas organisée par l'université Paris IV  Sorbonne". Quand on lit la suite, on ose l'espérer. 

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En effet, au milieu des intervenants ci-dessus évoqués se glisse un certain Andrew Cohen. Le lien Wikipedia donné en référence nous amène sur une page mentionnant de multiples Andrew ou Andy Cohen, il faut donc faire son choix. Qu'à cela ne tienne, menons notre petite enquête. En quelques clics, Wiki nous mène vers la bonne page et nous présente notre Andrew comme un "gourou américain, professeur de spiritualité". Tiens donc, voilà qui est intéressant. Mais surtout, les intervenants suivants sont tous des adeptes de notre gourou. 

Pour ceux qui n'auraient pas tiqué sur le nom de cet Andrew Cohen miraculeusement apparu entre Thierry Gaudin et Edgard Morin, on évoque, pour accréditer plus encore le sérieux de la chose, l'organisation de cette conférence par un certain "Club de Budapest" qui se voudrait une sorte de think tank. Citons ici le message : 

"Le Club de Budapest France a le plaisir de vous proposer de participer, le 16 octobre 2008,  à la deuxième journée de l'Université Intégrale, lancée le 29 février dernier.

L'approche intégrale est une manière évolutionnaire d'envisager le monde. Elle s'appuie sur l'ensemble des sciences et connaissances existantes, modernes et traditionnelles, occidentales et orientales, techniques et artistiques, médicales, sociales, spirituelles....

Cette démarche globale, inclusive, systémique et holistique donne un relief différent à chaque discipline et un autre regard sur la vie. Elle est indissociable de la nécessaire mutation en cours du modèle de la société humaine actuelle.

L'Université Intégrale contribue à impulser le changement de paradigme en rassemblant  les grands penseurs et en essaimant leurs idées.

Elle s'inscrit ainsi dans la suite logique de la vocation du Club de Budapest France. Ce nouveau cycle complète, prolonge et approfondit les « Soirées des Amis » que nous organisons depuis maintenant 10 ans."

C'est à la toute fin du message que se trouve cette autre information utile :

"Cette journée, organisée par le Club de Budapest France avec le soutien d'EnlightenNext, est conçue par Michel Saloff-Coste." Or, il s'avère qu'EnligntenNext est l'oeuvre de notre gourou qui espère ainsi développer la branche française de son organisation. 

Précisons que ce groupe Facebook a été créé par Ulysse Saloff-Coste, manifestement apparenté au Michel Saloff-Coste organisateur de la journée et probablement adepte. 

Bref, Facebook, nous le savions, présente des avantage mais aussi bien des défauts, nous saurons désormais qu'il se révèle être un lieu de recrutement privilégié des mouvances sectaires. 

 

25.06.2008

Qui a peur de la lsf ?

La langue des signes française, abrégée en lsf, trouve ses origines au XVIIIème siècle dans les enseignements d'Etienne de Fay, sourd lui-même et de l'abbé de l'Epée. Parallèlement se développait déjà l'idée que les signes n'avaient pas d'avenir et que les sourds se devaient de reproduire la parole des entendants pour pouvoir communiquer. C'est finalement cette dernière idée qui a fini par prévaloir puisque le Congrès de Milan de 1880 marqua la victoire de "l'oralisme". La lsf devint ainsi une langue quasi-clandestine partageant la disgrâce du breton à la même période et ce jusque dans les années 1970. 
 
Par conséquent, à l'heure où l'on évoque la possibilité d'inscrire les langues régionales dans la Constitution, on est en droit de se demander ce qu'il en est de la lsf.  
 
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L'Union européenne a adopté une première résolution en 1988 sur le langage gestuel. Dix ans plus tard, la résolution du 18 novembre 1998 venait rappeler la précédente et constatait toujours le "manque sérieux d'interprètes qualifiés" en notant que quatre Etats de l'Union seulement avaient reconnu officiellement le langage gestuel. Aurons-nous droit, en novembre 2008, à une nouvelle commémoration de la résolution originelle accompagnée d'un constat toujours aussi désabusé ?  Nous serons alors en pleine présidence française de l'Union européenne et la situation française semble peu encourageante. En dépit du travail des associations oeuvrant dans le domaine, il est toujours aussi difficile de pouvoir suivre une formation de lsf et ce malgré un grand nombre de demandes. L'obstacle majeur est le coût que représente une telle formation. S'il faut bien reconnaître que l'apprentissage d'une nouvelle langue n'est jamais gratuit, dans le cas de la lsf, le nombre restreint des lieux d'enseignement ne permet pas de l'alléger en ayant accès à des formations en marge des associations. Ainsi, si certaines universités proposent bien des cours de lsf, ceux-ci s'inscrivent le plus souvent dans le cadre d'un cursus spécifique, généralement en sciences du langage. A ma connaissance, seule l'université de Metz ouvre cet enseignement à l'ensemble de ses étudiants. Un comble pour moi qui me suis empressée de la fuir au profit de la Sorbonne. Il semble d'ailleurs que la lsf soit totalement inconnue de cette dernière. De la même manière, on pourra regretter que les cours municipaux de la ville de Paris ne proposent pas de cours de lsf et que le dernier recours des fauchés qui veulent apprendre les langues, j'ai nommé la bonne vieille méthode Assimil, ne soit pas d'un plus grand secours. 
 
Dans le même temps, le succès des DVD d'apprentissage de Patrice Carillo, interprète de lsf, ne semble pas se démentir. Si certains contestent les vertus d'un enseignement qui ne serait pas dispensé par un sourd, il n'en reste pas moins que ces DVD représentent actuellement la seule méthode de lsf accessible au plus grand nombre. 
 
Alors, comment expliquer ce discrédit persistant de la lsf ? Faudrait-il penser que nous avons là un seuil vers la "singularité mystique" dont parle Barthes qui ébranlerait ne serait-ce qu'a minima "la législation" du langage et "le code" de la langue. Peut-être sans aller jusque-là, la lsf semble du moins permettre d'accéder à un nouveau degré critique de l'appréhension du monde. 

10.05.2008

Comment j'ai tué Elisabeth

Je lui aurai donné un peu plus d'un mois ; j'avais vu large. Une semaine aurait peut-être été suffisante, mais toute excuse est bonne à prendre pour prolonger les vacances. Elle n'a même pas essayé de lutter. Elle m'avait bien prêté son costume à Bath et elle m'a confiée aux bons soins de sa soeur à Turin mais elle s'est finalement tue à Berlin et elle a renoncé à s'inviter à Innsbruck. 
 
J'avais appris à l'apprécier, je l'aime bien maintenant. Elle me manquera certainement, de temps en temps. 
 
Par un heureux hasard, j'ai achevé Madame Elisabeth le 10 mai.
 
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"L'appareil est sur un théâtre
Couvert d'un tapis de lin blanc ;
Entre deux colonnes d'Albâtre
Paraît le fatal instrument ;
La fenêtre en est purpurine,
L'ébène en borde le contour,
Le désir ouvre la machine,
Et l'exécuteur est l'amour.
 
Prenant une attitude fière
Se présente le patient ;
Plus il porte la tête altière,
Plus il devient intéressant ;
L'étreinte augmente sa furie,
Il s'agite, il brave son sort ;
Le plus doux moment de sa vie
Est le plus voisin de la mort
 
Ô Venus dont mon coeur fidèle
Adore et suit les douces lois,
Donne-moi pour prix de mon zèle,
Une guillotine à mon choix :
Et par l'effet de ta puissance,
Après un trépas fortuné,
Ah ! rends-moi toujours l'existence;
Pour être encore guillotiné.
 
Sexe-couperet. Vénus-guillotine. De mille manières, l'échafaud excite le désir." 
 
"Qui ne voit que le visage romantique doit à l'échafaud le détachement subtil qui l'auréole ? Sous le couperet, la beauté du héros touche au sublime." 
 
Extraits de Guillotinez-moi !, Patrick Wald-Lasowski, Le Promeneur, 2007.
 


18.02.2008

Sacré coeur

Myriam Desvergnes ne va probablement pas tarder à faire des émules. En effet, cette jeune journaliste, excédée par les débauches de sentimentalisme mièvre et commercial de la Saint-Valentin, a lancé l'idée de contre-soirées. Les 14 février, elle invite toutes ses connaissances à se retrouver pour échapper aux mots doux factices et au traditionnel bouquet de roses rouges.
 
Ce rejet semble affecter de plus en plus la jeune génération et est notamment l'une des principales sources d'inspiration du comédien Léopold Hedengren. 
Je dois bien dire que la caricature de speed-dating, à l'origine de Séduction Express, m'avait moyennement séduite. C'était sans doute une bonne idée mais les personnages me paraissaient trop artificiels pour emporter la sympathie et provoquer le rire. On y sentait les tâtonnements des débuts, nécessaires parce que profitables. 
 
En l'occurrence, Angélique et Léopold, recentré sur deux personnages, et même quasi-exclusivement sur le protagoniste masculin, collectionneur de râteaux tout droit sorti de Janson de Sailly, s'est débarrassé des scories de Séduction Express.
Les trois premiers épisodes sont actuellement disponibles sur Internet.
 
 

 

15.02.2008

Granatsplitter

Une érection de pâte plongée dans du rhum et recouverte de chocolat noir. "Granatsplitter" : le fantasme de mon enfance était enfin baptisé à Trève, non pas dans la basilique de Constantin mais en lettres noires sur fond jaune dans la vitrine d'un petit pâtissier, perdu dans une rue quelconque. 

Longtemps, le Granatsplitter avait rusé. Il s'était présenté de façon anodine entre une rangée de patates en pâte d'amande et une autre de mille-feuilles. Il portait alors un nom d'emprunt : "rocher", autrement dit il était le Monsieur Dupont de la pâtisserie. Quelle importance ! En ce temps-là, il était unique dans la devanture du pâtissier de cette insignifiante cité minière française. Monsieur n'aurait pas dû passer la frontière, il était allemand, mais ça n'était pas si loin et il aimait l'aventure. Il n'aurait pas dû passer la frontière ; il m'a coûté bien des indigestions. C'est que, comme ses compagnons d'outre-Rhin, il n'est pas très fin.

 

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Il m'a séduite quand j'étais haute comme trois pommes, quand j'étais un estomac sur pattes. Je me disais que je l'oublierais, qu'il ne serait jamais assez fort pour rivaliser avec la répulsion que m'inspirait l'insignifiante cité minière. Dès que j'y revenais cependant, même quand je revenais de l'autre bout du monde, c'est de Monsieur Rocher que je m'empressais de prendre des nouvelles. "La pâtisserie est-elle ouverte ?" "Les rochers ont-ils l'air frais ?" Alors, pour se venger, parce que j'avais osé l'abandonner, il me jouait des tours : tout le rhum s'était évaporé, ne laissant qu'une pâte lourde et sèche sous le chocolat. Et puis, un jour, par mesure d'économie, la pâtissière décida de le recouvrir de chocolat au lait. C'est ce qui accéléra la rupture. Monsieur Rocher ne vint jamais à Paris qu'en train corail, tout était déjà fini entre nous quand on inaugura le TGV Est. 

J'appris doucement à me passer de lui ; j'y repensais parfois nostalgiquement : je retraçais les sensations qu'il avait provoquées sur ma langue, je me consolais avec ses compatriotes, le massepain et le pain d'épices. J'avais cru le croiser de temps en temps, ce n'était que de pauvres ersatz. Je parcourus l'Allemagne en vain : il semblait oublié et je ne connaissais toujours pas son véritable nom. Et puis, à Trèves enfin, il était là ! Je ne voulais pas y croire, c'était un mirage, un ersatz encore ! Toute une rangée se dressait, triomphante, à deux pas de la maison de Karl Marx. 

"Granatsplitter". Plus de vingt ans après le début de notre histoire, le rocher avait un nom. 

21.01.2008

Mon joyeux non-anniversaire

J'aime bien les 21 janvier. Je reçois des messages, plus qu'à Noël ou à mon anniversaire. Ca vaudrait presque le coup d'y déplacer mon anniversaire. Juste pour voir.

Le 21 janvier, c'est le jour des surprises, des bonnes nouvelles, des choses qu'on n'attendait plus, c'est le jour des concrétisations, des affirmations. C'est mon jour de chance, faudrait que je joue au loto. C'est le jour où brille ma bonne étoile. Les gens pensent à moi, ça doit dégager des ondes positives. Y en a qui disent qu'on voit si on a du fluide en empêchant un steak de pourrir. Je crois que le 21 janvier c'est un jour à empêcher les steaks de pourrir. 

 

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07.01.2008

Chartrons

Cinq heures à Bordeaux, point trop n'en faut. Bordeaux, dit-on, est une ville à part.

Le quartier des Chartrons rassemble la vieille bourgeoisie devenue emblématique de la ville. Fin décembre, la Garonne sombre dans une mer de brume. Le quartier cède un peu de place aux bobos : le musée d'art contemporain n'est pas loin. Le K'Baroque, le restaurant du moment, réalise la synthèse entre ces deux univers. 

Dans la rue Sainte-Catherine, des jeunes gens déambulent, à l'allure androgyne. Ils sortent tout droit de mangas. A chaque coin de rue, c'est comme l'apparition du groupe Tokio Hotel. Pourtant, il semblerait que la musique des quatre jeunes Allemands soit étrangère au phénomène. Chaque génération crée sa communauté bordelaise. 

 

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Une visite au musée des arts décoratifs permet de saisir un peu de cet esprit bordelais mythique. Là, des expositions comme vous n'en verrez nulle part ailleurs et qui toujours gardent le souvenir de la lutte de la duchesse d'Angoulême en mars 1815. Bordeaux était la première grande ville à s'être ralliée à la Restauration des Bourbons, ce qui explique le caractère royaliste de la quasi-totalité des expositions du musée. La dernière en date était consacrée à Raymond Jeanvrot dont la collection est à l'origine de la création du musée. Pour l'occasion, le musée à réédité son journal, une mine pour comprendre à quel point les collectionneurs sont dans leur monde. Jeanvrot traverse la Seconde Guerre mondiale sans même sans apercevoir, tout occupé à rechercher un énième bibelot consacré à la duchesse de Berry ou à l'enfant du miracle.

17.11.2007

Dessine-moi un mouton !

Tandis que les grèves continuent, que la propagande sarkozyste va son train et que l'on cherche toujours l'opposition, une guerre de la plus haute importance a été déclarée sur Internet.

Si la plupart des grands personnages historiques génèrent leur quota de fanatiques indécrottables, Marie-Antoinette, nous en avons déjà parlé ici, apparaît comme particulièrement représentative de ce phénomène. 

Le net a en effet vu émerger un petit groupe de justiciers autoproclamés répandant, avec une conviction de témoins de Jéhovah, leur vulgate marie-antoinettienne, leur credo se résumant à peu près à "Marie-Antoinette superstar !" avec, ça et là, quelques divergences. Quand certains vous affirment : "Oui, elle n'avait aucun sens politique, elle n'était peut-être pas très intelligente, mais c'est pour ça qu'on l'aime aussi et elle est merveilleuse quand même !", d'autres, se targuant d'en faire une icône féministe d'avant-garde, rechigneront et tenteront de défendre la frustration, provoquée par le machisme ambiant, qu'a dû éprouver la fille de la grande Marie-Thérèse. Bref, des échanges émaillés de beaucoup de bêtises mais qui ne vont souvent pas plus loin qu'une mauvaise foi prêtant à rire. On signale toutefois  quelques dérapages sur le forum qu'ils ont fini par créer après avoir épuisé une floppée de modérateurs, le dernier en date est assez nauséabond, je vous en laisse juges.  

 

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Tout ce petit monde aurait pu vivre bien tranquillement si d'autres ne s'étaient offusqués de ces naïvetés dont ils sentaient bien qu'elles entachaient l'idole. C'est ce qui les avait menés à la création de leur propre forum, un peu fat et légèrement moins complaisant, aujourd'hui tombé au champ d'honneur pour avoir été déclaré "fauxrum" et donc ennemi juré. Eh oui, c'est du Star Wars ! Parlez de Marie-Antoinette, vous êtes hacké ! Nous frôlons la psychiatrie... mais c'est tout de même très drôle. Il ne faudrait pas toutefois que les dix-huitièmistes s'intéressant de trop près à notre chère Blondie eussent à redouter le sort de Salman Rushdie. 

14.09.2007

Culture d'entreprise

" _ A quoi vous fait penser ce bocal de sauce cuisinée ?
 
_ A une oeuvre d'art."
 
 
"_ Pourquoi préférez-vous ce bocal ?
 
_ Parce qu'il est bien.
 
_ C'est-à-dire ?
 
_ Il est mieux que l'autre.
 
_ Mais encore, pourquoi est-il mieux ?
 
_ Parce que l'autre est moins bien." 
 
 
" _ Je ne sais pas si je réponds comme il faut. Vos questions se ressemblent : A quoi ça vous fait penser ? que verriez-vous dedans ? Plus spécifiquement ? Ou alors, c'est que j'en dis trop tout de suite et après, je ne sais plus quoi dire. Enfin, je ne sais pas si je suis très claire.
 
_ Ben non, pas vraiment." 
 
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"_  Alors, d'après-vous ? Quelles sortes de personnes équipons-nous d'un GPS pour les localiser et les surveiller de notre plate-forme d'appels ?  
 
_ Les enfants ?
 
_ Ah non, pas encore, mais c'est une réponse qui revient souvent. On devrait y penser." 
 
"Oui, Monsieur. Vous avez un problème avec votre voiture, je vais vous envoyer un dépanneur. Vous êtes dans quel arrondissement ? Comment ça vous ne pouvez pas voir ? Mais si enfin, vous marchez et vous allez voir dans quel arrondissement vous êtes ! Mais non, vous n'allez pas vous faire écraser ! Ben non, justement, c'est bien ça le problème, je ne sais pas où vous êtes. Alors, allez voir dans quel arrondissement ! Non, vous n'allez pas vous faire écraser parce qu'avant de traverser, vous allez regarder s'il vient une voiture sur la route ! Traversez non de Dieu ! si vous ne savez pas où vous êtes, ce n'est quand même pas moi qui vais le savoir d'où je suis !" 
 

05.09.2007

Guitry, maître de cérémonie

"Heureux le fêlés car ils laissent passer la lumière"

Sacha Guitry aime citer Audiard, c'est encore la moindre des révélations de la soirée.

Autour du célèbre misogyne amoureux des femmes étaient réunis Jeanne d'Arc, Louis XIV, le Grand Condé, Marie-Antoinette, Louis XVI, d'Artagnan, Aramis, Porthos, Frollo, Glenn Gould, Gandhi, Dracula, la Comtesse de Ségur et Rimbaud. Non, il ne s'agit pas d'un de ses films dont aurait incidemment découvert les bobines.  

Tout cela se passait au Procope et personne ne faisait tourner les tables.

Ce n'était pas non plus le jour de la sortie annuelle de l'hôpital Sainte-Anne, d'ailleurs on n'y a signalé aucun Napoléon. 

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Entre deux blagues sur Jeanne d'Arc, ce petit monde fait connaissance. Guitry n'était pas collabo : "Et peut-on l'être dans un pays qui charge les Allemands du câblage de la ligne Maginot ?", d'Artagnan expose sa façon de penser à Marie-Antoinette _ il n'aurait certainement rien risqué si les ferrets lui avaient appartenu _ Gandhi sympathise avec Dracula. Rimbaud tentera-t-il un quatre mains avec la comtesse de Ségur ? 

C'est alors que quelqu'un pose "la" question : Mais où est Dieu ? 

On apprendra que Dieu est une femme et qu'il vit avec Satan.

"Dieu est une femme, s'exclame Guitry, voilà qui explique bien des choses !" 

 

Au-dessus de la porte de ce paradis, on pouvait lire : "Rejoignez-nous !" 

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