13.11.2009

L'épuisement des possibles

Dans les bonnes surprises du festival franco-coréen, on pourra très certainement citer le film M de Lee Myung-Se. Celui-ci explique la genèse de son film, au titre aussi énigmatique que le "H" de Rimbaud,  par un rêve dans lequel Hitchcock lui serait apparu pour lui remettre un manuscrit sur la couverture duquel se trouvait ce seul "M". Au moment où il s'apprêtait à en prendre connaissance, il s'est réveillé. Il ne lui restait donc plus qu'à en imaginer le contenu.

Sur un synopsis qui ne manquera pas de rappeler Peter Ibbetson, M pourrait être le produit de la rencontre entre Hitchcock, évidemment, mais aussi David Lynch et, plus inattendu, Woody Allen. Mais si les clins d'oeil sont foison, Lee Myung-Se ne se contente cependant pas de flatter les happy-few du monde entier et propose un film véritablement émouvant sur le souvenir. Certains seront peut-être agacés par ce film qui n'en finit pas de finir, les autres succomberont à l'étourdissement de l'épuisement des possibles.

 

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Les amateurs de cette dernière thématique pourront même se donner rendez-vous au théâtre de l'Athénée. La cantatrice chauve reprise dans la mise en scène de Jean-Luc Lagarce depuis 2007, y fait escale jusqu'au 21 novembre. Au programme : tout comme en 1991, même décor, même distribution (c'est la tendance) et une fin qui applique à Ionesco l'épuisement pointé chez Beckett par Deleuze.

 

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26.09.2009

La guerre de la sardine n'aura pas lieu

Avez-vous déjà reçu un Turballais alors qu'une Vendéenne vient de vous offrir des sardines millésimées de Saint-Gilles-Croix-de-Vie ? Autant le dire d'emblée, c'est une situation qu'il vaut mieux éviter sous peine de voir votre dîner se transfomer en conflit israëlo-palestinien.

La sardine millésimée de Saint-Gilles, ça a beau être un coup marketing, ça se veut être la rolls de la sardine. La preuve, chaque année, Delphine Cossais dessine une oeuvre originale pour orner les boîtes des fameuses sardines millésimées.

Mais qui est Delphine Cossais ? Comme vous l'explique la boîte :

"Delphine Cossais est une jeune peintre autodidacte qui vit à Nantes dont l'univers artistique se peuple de créatures rousses aux chevelures en volutes impressionnantes, de filles rêveuses posant telles des princesses en robes colorées. L'imprimé, le motif et le stylisme ont une place essentielle dans son travail. Sa peinture exprime le plaisir, le bonheur partagé au travers d'une poésie très féminine. Elle expose régulièrement dans plusieurs galeries à Pont-Aven, l'île de Ré, Paris..."

"Préparées avec le meilleur poisson de la saison, ces sardines millésimées se bonifieront avec le temps (jusqu'à 10 ans)"

 

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Bref, la sardine millésimée, c'est du lourd ! Quel recours peut-il bien rester au Turballais dans de telles conditions ? En effet, le petit port breton est certes le premier port de pêche des Pays de la Loire et arbore toujours fièrement quatre sardines sur son blason, mais il ne possède plus aucune conserverie actuellement. Aussi, les sardines turballaises ne se consomment désormais que fraîches. Il vous faudra aller sur place, délaisser les plages surfaites de la Baule pour aller déguster la sardine turballaise avec vue sur le port.

 

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Première approche du Turballais : "Tu aurais au moins pu apporter des Croisicaises ! C'eût été plus acceptable que des sardines vendéennes !"

"Oui mais à Saint-Gilles, nous avons une confrérie de la sardine !", répondit la Vendéenne.

Et là, la magie de l'art de Delphine Cossais opérant, le Turballais voulant prouver sa bonne foi, il finit par ouvrir une boîte du millésime 2005 et ce qui devait arriver arriva :

La Vendée, La Corrèze, le Pays Basque, La Lorraine et la Bretagne communièrent ensemble autour des sardines de Saint-Gilles !

Il ne restait plus au Turballais qu'à rêver du jour où la conserverie de La Turballe ressusciterait, telle Inger Borgen se dressant à la fin d'Ordet, il ne lui restait plus qu'à rêver du jour où il pourrait enfin être intronisé dans la confrérie de la sardine turballaise.

Précisons-le tout de même, pour une Lorraine, tout cela reste très abscon mais certains en font pourtant des spectacles : L'affaire Sardines d'Erick Sanka tourne déjà depuis dix ans !

Quoi qu'il en soit, la Convention de Paris du 25 septembre 2009 fera date dans l'histoire de la sardine et pourrait, sait-on jamais, valoir un prix Nobel de la Paix à notre Turballais.

10.09.2009

Perles visuelles

Pour une rentrée en douceur, quelques perles collectées durant les pérégrinations de l'été :

En Loire Atlantique, le goût du rébus va très loin. On connaissait le traditionnel "Sam Suffit" pour baptiser sa maisonnette, ici on renouvèle le genre.

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On notera la généreuse attention de la traduction pour les esprits lents.

Mais on trouve bien mieux sur les aires d'autoroutes autrichiennes. Entre la Suisse et Innsbruck, l'aire Trofana Tyrol se veut un véritable concentré d'esprit tyrolien. Oui, je sens que vous en rêvez déjà. Mais mieux que ses vaches miniatures, son jambon et ses chalets peints l'aire vaut surtout par son parking avec ses formidables Frauenparkplätze, comprendre ses places de parking pour femmes.


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Au moins, les choses ont le mérite d'être claires en Autriche : être une femme, c'est un handicap.

04.08.2009

Versailles, fantasmes et cie

Versailles, en général ça vous vient tout petit. Pour ceux qui sont sensibles à ce genre de choses, c'est une des premières grandes émotions de la jeunesse. Après cela, il y a ceux que ça ne quitte plus : ils enchaînent Ecole du Louvre, Ecole des Chartes et INP pour finalement se retrouver, au terme de ce dur labeur, en poste au musée de l'horlogerie de Saint-Nicolas d'Aliermont. Bien entendu, il ne faudrait pas oublier un certain nombre d'autres qui ont échoué au concours et rumineront leur frustration tout au long de leur vie.

Mais il est également possible qu'on finisse par se lasser, le premier émoi de la jeunesse passé. Quand, une quinzaine d'années plus tard, vous avez subi la Société des Amis de Versailles, les mêmes anecdotes constamment répétées et surtout quand l'euphémisme du couteau de Toto (on change la lame, on change le manche mais que reste-t-il du premier couteau à la fin ?) ne fonctionne plus et que vous trouvez absurdes les querelles infinies sur les questions de conservations et les expos Jeff Koons alors là, votre plus grand plaisir, ce n'est plus le château mais plutôt de voir renaître la lueur de l'émerveillement dans l'oeil de ceux que vous aimez et que vous y emmenez. En bref, l'architecture c'est bien mais l'humain, c'est mieux.

Et pour l'humain, Versailles est un formidable terrain. Il suffit d'élargir un peu le champ pour revenir à la passion initiale, les films des frères Podalydès en sont un très bon exemple. Cela dit, je ne sais si c'est lassitude là aussi mais le dernier opus de la trilogie versaillaise, Bancs publics, m'a paru nettement moins bon que les précédents. Il faut dire que le côté "brochette de tout le cinéma français"  me déplaît, ça m'ennuie généralement de voir des têtes connues, je préfère découvrir de nouvelles personnalités.

 

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Mais la littérature revient aussi périodiquement à Versailles. En février dernier, notamment, Adrien Goetz nous a donné une Intrigue à Versailles chez Grasset. Supposé être un roman policier à clés, les clés comme l'intrigue sont un peu grosses, on y voit surtout un plaidoyer amusant contre les dernières restaurations et on sourit du portrait au vitriol des personnalités versaillaises ou plus largement du monde de la culture. Ce n'est pas tant que les personnages soient parfois trop atteints pour être crédibles, non, bien au contraire, ce sont de magnifiques exemples de vrais barges tels que seul Versailles sait en produire. Si, si, des conservateurs du patrimoine élevés à Versailles qui pensent sérieusement, en suivant le marquis de la Franquerie, que le Russes vont envahir la France dans les prochaines années et jettent du sel pour se préserver de l'Antéchrist quand ils croient l'avoir reconnu, ça existe. Ok, Versailles est le lieu rêvé pour accueillir toutes les théories du complot possibles mais nous exhumer le complot janséniste, pitié ! Certes, on ne peut pas dire que les jansénistes aient été les champions de l'absolutisme et on peut parfaitement comprendre qu'ils aient trouvé inadmissibles que le roi puisse intervenir dans la relation entre Dieu et ses sujets mais de là à nous recycler toutes les absurdités qui ont fait florès avec les francs-maçons...  D'ailleurs, tout y passe, même les mythes sur les Templiers. Bah oui, figurez-vous que Louis-Adrien Le Paige, janséniste bien connu, était bailli du Temple avant la Révolution, ce qui nous vaut cette remarque croustillante d'un personnage :

"Pourquoi croyez-vous que Le Paige, qui était avocat au Parlement de Paris et aurait dû habiter un joli hôtel particulier à la mode, avait voulu loger au Temple à l'ombre d'un donjon sinistre ? Vous ne pensez pas que les Templiers et les jansénistes, c'est un peu la même histoire ?"

Enfin, moi, je sais pas, mais quand vous avez votre ami le prince de Conti qui vous propose un hôtel particulier tout confort dans son enclos,  loisirs de qualité à volonté et le tout exonéré d'impôts, c'est plutôt si vous ne voulez pas résider au Temple qu'il y a un problème.

Bref, l'intrigue sent surtout son mauvais Da Vinci Code, c'est dire. On peut espérer que c'était un pastiche intentionnel de la part d'Adrien Goetz mais le problème, c'est que l'éditeur, lui, le prend et le vend au premier degré. Enfin, à défaut d'intrigue, pour une lecture de vacances, on pourra toujours garder Versailles.

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15.11.2008

Comité invisible bis

Depuis les récents événements, la plupart des visiteurs de mon blog y viennent par intérêt pour le "Comité invisible". Il y a quelques mois, il avait en effet fait l'objet d'une note sous forme d'extrait, suite à la lecture de L'insurrection qui vient. Ces nouveaux visiteurs doivent se trouver bien perplexes s'ils s'intéressent aux autres notes. Que vient faire le Comité invisible, ce "dangereux comité terroriste d'ultra-gauche" , au milieu du MoDem, des expositions du moment et de Louis XVI ? On peut se le demander et pourtant, depuis quelques jours, je m'interroge. Ne serais-je pas une dangereuse terroriste qui s'ignore ? Tout un faisceau d'éléments semblerait aller dans ce sens : ma bibliothèque comprend le terrible petit livre vert édité par La Fabrique, je dois également avoir des horaires de TGV qui traînent dans un coin et, depuis les travaux du TGV Est, mon père adore aller se promener du côté de Baudrecourt. Tout cela est très suspect, vous en conviendrez.

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Bref, l'obamania trouve ses limites en France. Quand le monde paraissait se réjouir de l'élection du président démocrate promettant de mettre fin à la paranoïa terroriste, il faut croire que la France craint de la regretter. Espérons du moins que cette absurde affaire permettra aux Editions de la Fabrique de faire connaître ses productions.

 

06.09.2008

Entre Henri IV et soeur sourire

Hier après-midi a commencé l'université d'été du Modem, une bonne occasion pour prendre un peu de distance. Peu encline à jouer le jeu de ces grandes cérémonies d'autosatisfaction, je ne m'y rends jamais. Un regret cependant : celui de manquer les interventions d'Hubert Védrine (une recrue ?) et d'Eva Joly.
 
Si l'on a naturellement peu parlé du Modem pendant les vacances, il ne s'est pas complètement fait oublier, du moins auprès de ses adhérents. Les raisons de cet empressement sont simples, le 31 août étaient closes les listes de candidats pour les présidences départementales, les conseils départementaux et la conférence nationale. Les listes sont paritaires et les femmes manquent toujours. 
 
Que Marielle de Sarnez gère le Modem d'une main de fer, c'est précisément ce que j'apprécie chez elle. Cela l'a conduit parfois à faire des erreurs mais on peut mettre à son crédit la persévérance et la ténacité qui ont permis la création du Modem. Or, cette efficacité est malheureusement contrebalancée par une communication incohérente. François Bayrou s'appuie désormais depuis longtemps sur l'image d'Henri IV, sorte d'image anté-gaullienne du rassemblement dont on peut faire remonter la genèse au milieu du XVIIIème siècle. Malgré son ancienneté, elle semble ne pas avoir perdu de son acuité. Pour Marielle de Sarnez, c'est beaucoup moins clair et la transition entre l'éminence grise et la femme politique n'a pas été correctement amorcée. Aussi a-t-elle longtemps souffert d'un déficit de notoriété qui a notamment pesé sur la campagne des municipales. Dans ces cas-là, Sarnez sort l'artillerie lourde puisque dans ce domaine, la subtilité n'est pas son fort : à une gestuelle exaltée et un visage illuminé qui la rapprochent de Soeur Sourire elle joint le discours d'ouverture du Modem. Sur les affiches de campagne, le portrait de Marielle prend le pas sur le programme. De plus en plus, son image se dissocie de ce qu'elle est vraiment et le discours sonne creux. De ces maladresses, Quitterie Delmas prend toute la mesure et calque son personnage sur celui que fait attendre la communication de Sarnez : elle se présente comme celle qui est à l'écoute des adhérents, la véritable démocrate face à une Marielle de Sarnez autoritaire dont elle se prétend même la victime. 
 
 
 
Pour Marielle de Sarnez, une fois le bilan des municipales tiré, il était temps de signer la fin des hostilités avec Quitterie Delmas, chose faite pendant l'été puisqu'elles font désormais liste commune. C'est cependant oublier que le problème n'est pas Quitterie mais bien la communication de Marielle. Or, si au début de l'été les adhérents ont renouvelé leur confiance à l'orientiation du Modem voulue par François Bayrou, cette confiance risque bien de s'effriter à nouveau si la communication demeure incohérente. Ainsi les erreurs habituelles se sont répétées lors de la constitution de listes pour les différents conseils internes du Modem. Si la manière de procéder a bien été expliquée aux adhérents, une clôture des listes en plein été, le 31 août, devait empêcher la constitution de listes concurrentes à celles de Marielle. Si cette difficulté a semble-t-il été évoquée, on n'a pas voulu y accorder plus d'importance et c'est finalement Marielle qui s'est trouvée piégée. Alors que deux listes concurrentes ont été créées, le 27 août, Marielle et ses collaborateurs s'efforçaient encore de débaucher les femmes qui s'y trouvaient. Le message subliminal n'avait manifestement pas été saisi par tout le monde : "Voici le moyen de constituer une liste que, bien évidemment, vous ne prendrez pas la peine de créer dans l'intérêt du Modem." Et les naïfs de s'offusquer qu'encore une fois, et quoi que Marielle prétende, le Modem n'a rien de démocratique. Il va bien falloir un jour faire entendre clairement la position du Modem selon Marielle de Sarnez et il faudra bien aussi un jour que Marielle adopte une communication plus en accord avec ces mêmes positions. 
 
Bien sûr, cette communication défaillante s'explique aussi par le fait que les ressources à la disposition des femmes demeurent moins nombreuses que celles des hommes. Ainsi, il reste difficile de se reposer sur un personnage charismatique  et si  Ségolène Royal s'est brûlée les ailes en jouant les Jeanne d'Arc, nous ne saurions conseiller à Marielle de Sarnez de se prendre pour Gabrielle d'Estrées.
 
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06.07.2008

Un étrange think tank spirituel

Je ne dois décidément plus sortir du monde des sectes. La dernière en date, je dois l'avouer, paraît avoir un mode d'action un peu plus subtil que les précédentes.

A priori, sur un groupe Facebook dénommé "Paris IV-Sorbonne", on s'attend surtout à trouver des informations utiles sur l'université et ce, principalement sur les blocages en période de grève. Or, depuis quelques temps, ce groupe se fait surtout le relais de curieuses invitations à de pseudo colloques ou journées d'étude. Aujourd'hui, on nous annonçait pour octobre une conférence avec "Ervin Laszlo (philosophe, docteur ès Lettres de la Sorbonne), Thierry Gaudin (chercheur ; Polytechnique et Corps des Mines) et Edgard Morin", rien que ça. De quoi être alléché. Mais on apprend quelques lignes plus loin que la participation d'Edgard Morin n'est pas encore confirmée. Nous n'en sommes qu'au début de nos surprises. 

N'oublions pas d'évoquer le thème de la conférence : "Intégrer la pensée intégrale", c'est déjà un peu plus obscur mais passons. On nous propose très ouvertement d'en savoir plus sur la pensée intégrale en suivant un lien Wikipedia en anglais. Mieux encore, on nous apprend que des bourses sont disponibles pour les étudiants qui souhaiteraient assister à la journée. Mais que demande le peuple ?

Après la signature viennent cependant les infos les plus intéressantes. Un modeste PS précise que "cette conférence n'est pas organisée par l'université Paris IV  Sorbonne". Quand on lit la suite, on ose l'espérer. 

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En effet, au milieu des intervenants ci-dessus évoqués se glisse un certain Andrew Cohen. Le lien Wikipedia donné en référence nous amène sur une page mentionnant de multiples Andrew ou Andy Cohen, il faut donc faire son choix. Qu'à cela ne tienne, menons notre petite enquête. En quelques clics, Wiki nous mène vers la bonne page et nous présente notre Andrew comme un "gourou américain, professeur de spiritualité". Tiens donc, voilà qui est intéressant. Mais surtout, les intervenants suivants sont tous des adeptes de notre gourou. 

Pour ceux qui n'auraient pas tiqué sur le nom de cet Andrew Cohen miraculeusement apparu entre Thierry Gaudin et Edgard Morin, on évoque, pour accréditer plus encore le sérieux de la chose, l'organisation de cette conférence par un certain "Club de Budapest" qui se voudrait une sorte de think tank. Citons ici le message : 

"Le Club de Budapest France a le plaisir de vous proposer de participer, le 16 octobre 2008,  à la deuxième journée de l'Université Intégrale, lancée le 29 février dernier.

L'approche intégrale est une manière évolutionnaire d'envisager le monde. Elle s'appuie sur l'ensemble des sciences et connaissances existantes, modernes et traditionnelles, occidentales et orientales, techniques et artistiques, médicales, sociales, spirituelles....

Cette démarche globale, inclusive, systémique et holistique donne un relief différent à chaque discipline et un autre regard sur la vie. Elle est indissociable de la nécessaire mutation en cours du modèle de la société humaine actuelle.

L'Université Intégrale contribue à impulser le changement de paradigme en rassemblant  les grands penseurs et en essaimant leurs idées.

Elle s'inscrit ainsi dans la suite logique de la vocation du Club de Budapest France. Ce nouveau cycle complète, prolonge et approfondit les « Soirées des Amis » que nous organisons depuis maintenant 10 ans."

C'est à la toute fin du message que se trouve cette autre information utile :

"Cette journée, organisée par le Club de Budapest France avec le soutien d'EnlightenNext, est conçue par Michel Saloff-Coste." Or, il s'avère qu'EnligntenNext est l'oeuvre de notre gourou qui espère ainsi développer la branche française de son organisation. 

Précisons que ce groupe Facebook a été créé par Ulysse Saloff-Coste, manifestement apparenté au Michel Saloff-Coste organisateur de la journée et probablement adepte. 

Bref, Facebook, nous le savions, présente des avantage mais aussi bien des défauts, nous saurons désormais qu'il se révèle être un lieu de recrutement privilégié des mouvances sectaires. 

 

25.06.2008

Qui a peur de la lsf ?

La langue des signes française, abrégée en lsf, trouve ses origines au XVIIIème siècle dans les enseignements d'Etienne de Fay, sourd lui-même et de l'abbé de l'Epée. Parallèlement se développait déjà l'idée que les signes n'avaient pas d'avenir et que les sourds se devaient de reproduire la parole des entendants pour pouvoir communiquer. C'est finalement cette dernière idée qui a fini par prévaloir puisque le Congrès de Milan de 1880 marqua la victoire de "l'oralisme". La lsf devint ainsi une langue quasi-clandestine partageant la disgrâce du breton à la même période et ce jusque dans les années 1970. 
 
Par conséquent, à l'heure où l'on évoque la possibilité d'inscrire les langues régionales dans la Constitution, on est en droit de se demander ce qu'il en est de la lsf.  
 
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L'Union européenne a adopté une première résolution en 1988 sur le langage gestuel. Dix ans plus tard, la résolution du 18 novembre 1998 venait rappeler la précédente et constatait toujours le "manque sérieux d'interprètes qualifiés" en notant que quatre Etats de l'Union seulement avaient reconnu officiellement le langage gestuel. Aurons-nous droit, en novembre 2008, à une nouvelle commémoration de la résolution originelle accompagnée d'un constat toujours aussi désabusé ?  Nous serons alors en pleine présidence française de l'Union européenne et la situation française semble peu encourageante. En dépit du travail des associations oeuvrant dans le domaine, il est toujours aussi difficile de pouvoir suivre une formation de lsf et ce malgré un grand nombre de demandes. L'obstacle majeur est le coût que représente une telle formation. S'il faut bien reconnaître que l'apprentissage d'une nouvelle langue n'est jamais gratuit, dans le cas de la lsf, le nombre restreint des lieux d'enseignement ne permet pas de l'alléger en ayant accès à des formations en marge des associations. Ainsi, si certaines universités proposent bien des cours de lsf, ceux-ci s'inscrivent le plus souvent dans le cadre d'un cursus spécifique, généralement en sciences du langage. A ma connaissance, seule l'université de Metz ouvre cet enseignement à l'ensemble de ses étudiants. Un comble pour moi qui me suis empressée de la fuir au profit de la Sorbonne. Il semble d'ailleurs que la lsf soit totalement inconnue de cette dernière. De la même manière, on pourra regretter que les cours municipaux de la ville de Paris ne proposent pas de cours de lsf et que le dernier recours des fauchés qui veulent apprendre les langues, j'ai nommé la bonne vieille méthode Assimil, ne soit pas d'un plus grand secours. 
 
Dans le même temps, le succès des DVD d'apprentissage de Patrice Carillo, interprète de lsf, ne semble pas se démentir. Si certains contestent les vertus d'un enseignement qui ne serait pas dispensé par un sourd, il n'en reste pas moins que ces DVD représentent actuellement la seule méthode de lsf accessible au plus grand nombre. 
 
Alors, comment expliquer ce discrédit persistant de la lsf ? Faudrait-il penser que nous avons là un seuil vers la "singularité mystique" dont parle Barthes qui ébranlerait ne serait-ce qu'a minima "la législation" du langage et "le code" de la langue. Peut-être sans aller jusque-là, la lsf semble du moins permettre d'accéder à un nouveau degré critique de l'appréhension du monde. 

10.05.2008

Comment j'ai tué Elisabeth

Je lui aurai donné un peu plus d'un mois ; j'avais vu large. Une semaine aurait peut-être été suffisante, mais toute excuse est bonne à prendre pour prolonger les vacances. Elle n'a même pas essayé de lutter. Elle m'avait bien prêté son costume à Bath et elle m'a confiée aux bons soins de sa soeur à Turin mais elle s'est finalement tue à Berlin et elle a renoncé à s'inviter à Innsbruck. 
 
J'avais appris à l'apprécier, je l'aime bien maintenant. Elle me manquera certainement, de temps en temps. 
 
Par un heureux hasard, j'ai achevé Madame Elisabeth le 10 mai.
 
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"L'appareil est sur un théâtre
Couvert d'un tapis de lin blanc ;
Entre deux colonnes d'Albâtre
Paraît le fatal instrument ;
La fenêtre en est purpurine,
L'ébène en borde le contour,
Le désir ouvre la machine,
Et l'exécuteur est l'amour.
 
Prenant une attitude fière
Se présente le patient ;
Plus il porte la tête altière,
Plus il devient intéressant ;
L'étreinte augmente sa furie,
Il s'agite, il brave son sort ;
Le plus doux moment de sa vie
Est le plus voisin de la mort
 
Ô Venus dont mon coeur fidèle
Adore et suit les douces lois,
Donne-moi pour prix de mon zèle,
Une guillotine à mon choix :
Et par l'effet de ta puissance,
Après un trépas fortuné,
Ah ! rends-moi toujours l'existence;
Pour être encore guillotiné.
 
Sexe-couperet. Vénus-guillotine. De mille manières, l'échafaud excite le désir." 
 
"Qui ne voit que le visage romantique doit à l'échafaud le détachement subtil qui l'auréole ? Sous le couperet, la beauté du héros touche au sublime." 
 
Extraits de Guillotinez-moi !, Patrick Wald-Lasowski, Le Promeneur, 2007.
 


18.02.2008

Sacré coeur

Myriam Desvergnes ne va probablement pas tarder à faire des émules. En effet, cette jeune journaliste, excédée par les débauches de sentimentalisme mièvre et commercial de la Saint-Valentin, a lancé l'idée de contre-soirées. Les 14 février, elle invite toutes ses connaissances à se retrouver pour échapper aux mots doux factices et au traditionnel bouquet de roses rouges.
 
Ce rejet semble affecter de plus en plus la jeune génération et est notamment l'une des principales sources d'inspiration du comédien Léopold Hedengren. 
Je dois bien dire que la caricature de speed-dating, à l'origine de Séduction Express, m'avait moyennement séduite. C'était sans doute une bonne idée mais les personnages me paraissaient trop artificiels pour emporter la sympathie et provoquer le rire. On y sentait les tâtonnements des débuts, nécessaires parce que profitables. 
 
En l'occurrence, Angélique et Léopold, recentré sur deux personnages, et même quasi-exclusivement sur le protagoniste masculin, collectionneur de râteaux tout droit sorti de Janson de Sailly, s'est débarrassé des scories de Séduction Express.
Les trois premiers épisodes sont actuellement disponibles sur Internet.
 
 

 

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