13.11.2009
L'épuisement des possibles
Dans les bonnes surprises du festival franco-coréen, on pourra très certainement citer le film M de Lee Myung-Se. Celui-ci explique la genèse de son film, au titre aussi énigmatique que le "H" de Rimbaud, par un rêve dans lequel Hitchcock lui serait apparu pour lui remettre un manuscrit sur la couverture duquel se trouvait ce seul "M". Au moment où il s'apprêtait à en prendre connaissance, il s'est réveillé. Il ne lui restait donc plus qu'à en imaginer le contenu.
Sur un synopsis qui ne manquera pas de rappeler Peter Ibbetson, M pourrait être le produit de la rencontre entre Hitchcock, évidemment, mais aussi David Lynch et, plus inattendu, Woody Allen. Mais si les clins d'oeil sont foison, Lee Myung-Se ne se contente cependant pas de flatter les happy-few du monde entier et propose un film véritablement émouvant sur le souvenir. Certains seront peut-être agacés par ce film qui n'en finit pas de finir, les autres succomberont à l'étourdissement de l'épuisement des possibles.
Les amateurs de cette dernière thématique pourront même se donner rendez-vous au théâtre de l'Athénée. La cantatrice chauve reprise dans la mise en scène de Jean-Luc Lagarce depuis 2007, y fait escale jusqu'au 21 novembre. Au programme : tout comme en 1991, même décor, même distribution (c'est la tendance) et une fin qui applique à Ionesco l'épuisement pointé chez Beckett par Deleuze.
20:06 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lee myung-se, hitchcock, ionesco, jean-luc lagarce
26.09.2009
La guerre de la sardine n'aura pas lieu
Avez-vous déjà reçu un Turballais alors qu'une Vendéenne vient de vous offrir des sardines millésimées de Saint-Gilles-Croix-de-Vie ? Autant le dire d'emblée, c'est une situation qu'il vaut mieux éviter sous peine de voir votre dîner se transfomer en conflit israëlo-palestinien.
La sardine millésimée de Saint-Gilles, ça a beau être un coup marketing, ça se veut être la rolls de la sardine. La preuve, chaque année, Delphine Cossais dessine une oeuvre originale pour orner les boîtes des fameuses sardines millésimées.
Mais qui est Delphine Cossais ? Comme vous l'explique la boîte :
"Delphine Cossais est une jeune peintre autodidacte qui vit à Nantes dont l'univers artistique se peuple de créatures rousses aux chevelures en volutes impressionnantes, de filles rêveuses posant telles des princesses en robes colorées. L'imprimé, le motif et le stylisme ont une place essentielle dans son travail. Sa peinture exprime le plaisir, le bonheur partagé au travers d'une poésie très féminine. Elle expose régulièrement dans plusieurs galeries à Pont-Aven, l'île de Ré, Paris..."
"Préparées avec le meilleur poisson de la saison, ces sardines millésimées se bonifieront avec le temps (jusqu'à 10 ans)"
Bref, la sardine millésimée, c'est du lourd ! Quel recours peut-il bien rester au Turballais dans de telles conditions ? En effet, le petit port breton est certes le premier port de pêche des Pays de la Loire et arbore toujours fièrement quatre sardines sur son blason, mais il ne possède plus aucune conserverie actuellement. Aussi, les sardines turballaises ne se consomment désormais que fraîches. Il vous faudra aller sur place, délaisser les plages surfaites de la Baule pour aller déguster la sardine turballaise avec vue sur le port.
Première approche du Turballais : "Tu aurais au moins pu apporter des Croisicaises ! C'eût été plus acceptable que des sardines vendéennes !"
"Oui mais à Saint-Gilles, nous avons une confrérie de la sardine !", répondit la Vendéenne.
Et là, la magie de l'art de Delphine Cossais opérant, le Turballais voulant prouver sa bonne foi, il finit par ouvrir une boîte du millésime 2005 et ce qui devait arriver arriva :
La Vendée, La Corrèze, le Pays Basque, La Lorraine et la Bretagne communièrent ensemble autour des sardines de Saint-Gilles !
Il ne restait plus au Turballais qu'à rêver du jour où la conserverie de La Turballe ressusciterait, telle Inger Borgen se dressant à la fin d'Ordet, il ne lui restait plus qu'à rêver du jour où il pourrait enfin être intronisé dans la confrérie de la sardine turballaise.
Précisons-le tout de même, pour une Lorraine, tout cela reste très abscon mais certains en font pourtant des spectacles : L'affaire Sardines d'Erick Sanka tourne déjà depuis dix ans !
Quoi qu'il en soit, la Convention de Paris du 25 septembre 2009 fera date dans l'histoire de la sardine et pourrait, sait-on jamais, valoir un prix Nobel de la Paix à notre Turballais.
15:47 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sardines, la turballe, saint-gilles-croix-de-vie
10.09.2009
Perles visuelles
Pour une rentrée en douceur, quelques perles collectées durant les pérégrinations de l'été :
En Loire Atlantique, le goût du rébus va très loin. On connaissait le traditionnel "Sam Suffit" pour baptiser sa maisonnette, ici on renouvèle le genre.

On notera la généreuse attention de la traduction pour les esprits lents.
Mais on trouve bien mieux sur les aires d'autoroutes autrichiennes. Entre la Suisse et Innsbruck, l'aire Trofana Tyrol se veut un véritable concentré d'esprit tyrolien. Oui, je sens que vous en rêvez déjà. Mais mieux que ses vaches miniatures, son jambon et ses chalets peints l'aire vaut surtout par son parking avec ses formidables Frauenparkplätze, comprendre ses places de parking pour femmes.
13:44 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rébus, femmes, handicap
04.08.2009
Versailles, fantasmes et cie
Versailles, en général ça vous vient tout petit. Pour ceux qui sont sensibles à ce genre de choses, c'est une des premières grandes émotions de la jeunesse. Après cela, il y a ceux que ça ne quitte plus : ils enchaînent Ecole du Louvre, Ecole des Chartes et INP pour finalement se retrouver, au terme de ce dur labeur, en poste au musée de l'horlogerie de Saint-Nicolas d'Aliermont. Bien entendu, il ne faudrait pas oublier un certain nombre d'autres qui ont échoué au concours et rumineront leur frustration tout au long de leur vie.
Mais il est également possible qu'on finisse par se lasser, le premier émoi de la jeunesse passé. Quand, une quinzaine d'années plus tard, vous avez subi la Société des Amis de Versailles, les mêmes anecdotes constamment répétées et surtout quand l'euphémisme du couteau de Toto (on change la lame, on change le manche mais que reste-t-il du premier couteau à la fin ?) ne fonctionne plus et que vous trouvez absurdes les querelles infinies sur les questions de conservations et les expos Jeff Koons alors là, votre plus grand plaisir, ce n'est plus le château mais plutôt de voir renaître la lueur de l'émerveillement dans l'oeil de ceux que vous aimez et que vous y emmenez. En bref, l'architecture c'est bien mais l'humain, c'est mieux.
Et pour l'humain, Versailles est un formidable terrain. Il suffit d'élargir un peu le champ pour revenir à la passion initiale, les films des frères Podalydès en sont un très bon exemple. Cela dit, je ne sais si c'est lassitude là aussi mais le dernier opus de la trilogie versaillaise, Bancs publics, m'a paru nettement moins bon que les précédents. Il faut dire que le côté "brochette de tout le cinéma français" me déplaît, ça m'ennuie généralement de voir des têtes connues, je préfère découvrir de nouvelles personnalités.
Mais la littérature revient aussi périodiquement à Versailles. En février dernier, notamment, Adrien Goetz nous a donné une Intrigue à Versailles chez Grasset. Supposé être un roman policier à clés, les clés comme l'intrigue sont un peu grosses, on y voit surtout un plaidoyer amusant contre les dernières restaurations et on sourit du portrait au vitriol des personnalités versaillaises ou plus largement du monde de la culture. Ce n'est pas tant que les personnages soient parfois trop atteints pour être crédibles, non, bien au contraire, ce sont de magnifiques exemples de vrais barges tels que seul Versailles sait en produire. Si, si, des conservateurs du patrimoine élevés à Versailles qui pensent sérieusement, en suivant le marquis de la Franquerie, que le Russes vont envahir la France dans les prochaines années et jettent du sel pour se préserver de l'Antéchrist quand ils croient l'avoir reconnu, ça existe. Ok, Versailles est le lieu rêvé pour accueillir toutes les théories du complot possibles mais nous exhumer le complot janséniste, pitié ! Certes, on ne peut pas dire que les jansénistes aient été les champions de l'absolutisme et on peut parfaitement comprendre qu'ils aient trouvé inadmissibles que le roi puisse intervenir dans la relation entre Dieu et ses sujets mais de là à nous recycler toutes les absurdités qui ont fait florès avec les francs-maçons... D'ailleurs, tout y passe, même les mythes sur les Templiers. Bah oui, figurez-vous que Louis-Adrien Le Paige, janséniste bien connu, était bailli du Temple avant la Révolution, ce qui nous vaut cette remarque croustillante d'un personnage :
"Pourquoi croyez-vous que Le Paige, qui était avocat au Parlement de Paris et aurait dû habiter un joli hôtel particulier à la mode, avait voulu loger au Temple à l'ombre d'un donjon sinistre ? Vous ne pensez pas que les Templiers et les jansénistes, c'est un peu la même histoire ?"
Enfin, moi, je sais pas, mais quand vous avez votre ami le prince de Conti qui vous propose un hôtel particulier tout confort dans son enclos, loisirs de qualité à volonté et le tout exonéré d'impôts, c'est plutôt si vous ne voulez pas résider au Temple qu'il y a un problème.
Bref, l'intrigue sent surtout son mauvais Da Vinci Code, c'est dire. On peut espérer que c'était un pastiche intentionnel de la part d'Adrien Goetz mais le problème, c'est que l'éditeur, lui, le prend et le vend au premier degré. Enfin, à défaut d'intrigue, pour une lecture de vacances, on pourra toujours garder Versailles.
12:14 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bruno podalydès, adrien goetz
15.11.2008
Comité invisible bis
Depuis les récents événements, la plupart des visiteurs de mon blog y viennent par intérêt pour le "Comité invisible". Il y a quelques mois, il avait en effet fait l'objet d'une note sous forme d'extrait, suite à la lecture de L'insurrection qui vient. Ces nouveaux visiteurs doivent se trouver bien perplexes s'ils s'intéressent aux autres notes. Que vient faire le Comité invisible, ce "dangereux comité terroriste d'ultra-gauche" , au milieu du MoDem, des expositions du moment et de Louis XVI ? On peut se le demander et pourtant, depuis quelques jours, je m'interroge. Ne serais-je pas une dangereuse terroriste qui s'ignore ? Tout un faisceau d'éléments semblerait aller dans ce sens : ma bibliothèque comprend le terrible petit livre vert édité par La Fabrique, je dois également avoir des horaires de TGV qui traînent dans un coin et, depuis les travaux du TGV Est, mon père adore aller se promener du côté de Baudrecourt. Tout cela est très suspect, vous en conviendrez.
Bref, l'obamania trouve ses limites en France. Quand le monde paraissait se réjouir de l'élection du président démocrate promettant de mettre fin à la paranoïa terroriste, il faut croire que la France craint de la regretter. Espérons du moins que cette absurde affaire permettra aux Editions de la Fabrique de faire connaître ses productions.
14:14 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : comité invisible
06.09.2008
Entre Henri IV et soeur sourire
05:55 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Marielle de Sarnez, Modem
06.07.2008
Un étrange think tank spirituel
Je ne dois décidément plus sortir du monde des sectes. La dernière en date, je dois l'avouer, paraît avoir un mode d'action un peu plus subtil que les précédentes.
A priori, sur un groupe Facebook dénommé "Paris IV-Sorbonne", on s'attend surtout à trouver des informations utiles sur l'université et ce, principalement sur les blocages en période de grève. Or, depuis quelques temps, ce groupe se fait surtout le relais de curieuses invitations à de pseudo colloques ou journées d'étude. Aujourd'hui, on nous annonçait pour octobre une conférence avec "Ervin Laszlo (philosophe, docteur ès Lettres de la Sorbonne), Thierry Gaudin (chercheur ; Polytechnique et Corps des Mines) et Edgard Morin", rien que ça. De quoi être alléché. Mais on apprend quelques lignes plus loin que la participation d'Edgard Morin n'est pas encore confirmée. Nous n'en sommes qu'au début de nos surprises.
N'oublions pas d'évoquer le thème de la conférence : "Intégrer la pensée intégrale", c'est déjà un peu plus obscur mais passons. On nous propose très ouvertement d'en savoir plus sur la pensée intégrale en suivant un lien Wikipedia en anglais. Mieux encore, on nous apprend que des bourses sont disponibles pour les étudiants qui souhaiteraient assister à la journée. Mais que demande le peuple ?
Après la signature viennent cependant les infos les plus intéressantes. Un modeste PS précise que "cette conférence n'est pas organisée par l'université Paris IV Sorbonne". Quand on lit la suite, on ose l'espérer.
En effet, au milieu des intervenants ci-dessus évoqués se glisse un certain Andrew Cohen. Le lien Wikipedia donné en référence nous amène sur une page mentionnant de multiples Andrew ou Andy Cohen, il faut donc faire son choix. Qu'à cela ne tienne, menons notre petite enquête. En quelques clics, Wiki nous mène vers la bonne page et nous présente notre Andrew comme un "gourou américain, professeur de spiritualité". Tiens donc, voilà qui est intéressant. Mais surtout, les intervenants suivants sont tous des adeptes de notre gourou.
Pour ceux qui n'auraient pas tiqué sur le nom de cet Andrew Cohen miraculeusement apparu entre Thierry Gaudin et Edgard Morin, on évoque, pour accréditer plus encore le sérieux de la chose, l'organisation de cette conférence par un certain "Club de Budapest" qui se voudrait une sorte de think tank. Citons ici le message :
"Le Club de Budapest France a le plaisir de vous proposer de participer, le 16 octobre 2008, à la deuxième journée de l'Université Intégrale, lancée le 29 février dernier.
L'approche intégrale est une manière évolutionnaire d'envisager le monde. Elle s'appuie sur l'ensemble des sciences et connaissances existantes, modernes et traditionnelles, occidentales et orientales, techniques et artistiques, médicales, sociales, spirituelles....
Cette démarche globale, inclusive, systémique et holistique donne un relief différent à chaque discipline et un autre regard sur la vie. Elle est indissociable de la nécessaire mutation en cours du modèle de la société humaine actuelle.
L'Université Intégrale contribue à impulser le changement de paradigme en rassemblant les grands penseurs et en essaimant leurs idées.
Elle s'inscrit ainsi dans la suite logique de la vocation du Club de Budapest France. Ce nouveau cycle complète, prolonge et approfondit les « Soirées des Amis » que nous organisons depuis maintenant 10 ans."
C'est à la toute fin du message que se trouve cette autre information utile :
Précisons que ce groupe Facebook a été créé par Ulysse Saloff-Coste, manifestement apparenté au Michel Saloff-Coste organisateur de la journée et probablement adepte.
Bref, Facebook, nous le savions, présente des avantage mais aussi bien des défauts, nous saurons désormais qu'il se révèle être un lieu de recrutement privilégié des mouvances sectaires.
23:40 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sectes, Facebook, Andrew Cohen
25.06.2008
Qui a peur de la lsf ?

11:20 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lsf, Union européenne, abbé de l'Epée, Barthes
10.05.2008
Comment j'ai tué Elisabeth
12:25 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vacances, Madame Elisabeth, guillotine
18.02.2008
Sacré coeur
11:45 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Saint-Valentin, Léopold Hedengren, Myriam Desvergnes, Angélique et Léopold












