14.05.2007
Persona
Quand les cernes sont profondément creusés et que les rendez-vous dans votre agenda sont autant de montagnes à gravir, la bonne représentation est celle qui donne un second souffle.
Votre personnage est dans une situation désespérée mais, sans illusions, il y croit encore. Pour lui, vous savez puiser une énergie qui n'existait plus car vous, avec vos illusions, vous n'y croyiez plus.
D'autres, tout à leur déception, ne penseront pas à la France mais à son nouveau président ; ils n'auront jamais été plus effrayants.L'auteur peut également compter sur un état de grâce quand un véritable dialogue s'instaure avec son personnage, quand la sympathie éprouvée n'est plus le reflet de ses propres projections mais se trouve confirmée en une singularité qui lui est fondamentalement étrangère et pour cela, d'autant plus proche.
Votre personnage n'est pas seulement tel que vous l'avez imaginé mais bien tel que vous n'auriez pu le décrire autrement. Ses actions vous surprennent mais viennent appuyer, en les surpassant, vos intuitions. Compagnon de route jusqu'à présent, le personnage devient alors un ami ; ami fidèle mais toujours menacé. A quand le retour de l'état de grâce ? Il n'est, en ce domaine, nulle certitude. Il ne s'annonce pas plus que ne le ferait Hermès ; pour qu'il advienne, le personnage doit avoir un message à délivrer à son auteur.
10:07 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : comédien, auteur, personnage


Commentaires
J'aurais conservé aussi l'image d'une Sarah frivole, en robe rose, d'un miracle de grâce moderne et d'aisance auquel elle se plut, pendant une heure, pour honorer la représentation d'adieu d'un camarade...
Mais elle en décida autrement, et je reçus d'elle une invitation qui ressemblait à un ordre: "madame Sarah Bernhardt vous attend, tel jour, à déjeuner. "
Je ne l'avais jamais vue d'aussi près. Au bout d'une longue galerie, elle était le terme et la raison d'être d'un musée, un peu funéraire, de palmes, de gerbes séchées, de plaques et d'hommages commémoratifs. Son corps amputé ne comptait plus, ensaché d'une étoffe sombre à grands plis. Mais le blanc visage, mais les petites mains brillaient encore comme des fleurs froissées. Je ne me lassais pas de contempler le bleu de ses yeux, qui changeait selon les mouvements si vifs encore, de sa tête impérieuse et petite.
Ecrit par : Colette | 14.05.2007
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