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22.08.2007
Quand Courier manque à l'appel
On avait mis du temps à relever les propos de Nicolas Sarkozy publiés dans le numéro 8 de Philosophie Magazine pendant la campagne présidentielle :
Pour mémoire :
J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.
Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy s'obstine dans sa vision simpliste et manichéenne mais ce qui étonne c'est le succès dont il jouit, en martelant un discours lénifiant et infantilisant auprès de certains qui, il y a peu encore, se targuaient de "décrypter la langue de bois" et n'hésitaient pas à voir dans le sarkozysme un avatar de la droite berlusconienne qui, par sa grossièreté, ne pouvait en rien se comparer à la finesse villepiniste. Le propos pouvait faire sourire mais il restait sympathique ; la situation actuelle donnerait plutôt le frisson. En témoigne notamment la généralisation de la vision sarkozyste à l’ensemble de l’administration. On lira ainsi avec intérêt cet article publié dans l’édition du 18 août du Figaro, pourtant peu suspect de vouloir faire le jeu de l’opposition :
À Paris, le bureau de santé mentale veille
THIBAUT DANANCHER.
Publié le 18 août 2007
Une habitante du XVIIIe arrondissement qui déplorait les conditions de vie de son quartier avait envoyé des mails au ministère de l'Intérieur. C'est un psychiatre qui lui a répondu.
CE FUT « le monde à l'envers » pour elle. En ouvrant son courrier samedi dernier, Sylvia Bourdon a découvert qu'elle était invitée à aller consulter un psychiatre à l'hôpital Maison-Blanche à Paris. Un rendez-vous prévu pour le 20 août à 14 heures. Objet de la convocation : des mails envoyés au ministère de l'Intérieur « pour se plaindre de ce qui se passait dans mon quartier ».
À 58 ans, elle vit dans le XVIIIe arrondissement. « Je loue un appartement en face de l'église Saint-Bernard. Je me suis installée dans le quartier en 2004 parce que je voulais un peu d'exotisme », souligne cette directrice d'une entreprise de dépollution.
Mais trois ans à peine après son arrivée, l'ancienne actrice de films pornographiques enrage. « Il y a trop de vandalisme, trop de violences, trop de jeunes encapuchonnés. »
Sylvia Bourdon décide alors de prendre les choses en main. Elle crée plusieurs blogs pour dénoncer « ce ghetto chaotique, cette aire décomposée la plus criminogène de la capitale ». Conjointement, elle se met le 14 juin à la fenêtre de son deux-pièces pour prendre des photos de ce qu'elle qualifie « de troubles récurrents ».
Repérée par une dizaine de garçons, elle se fait caillasser dans son appartement les jours suivants. Trop pour elle. Au point qu'elle adresse des mails quelque peu enflammés à des responsables du ministère de l'Intérieur « pour leur demander tout bonnement d'assurer ma sécurité ».
Migrer définitivement
Sur cette liste figurent notamment le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, le chef de cabinet du ministre de l'Intérieur, Ludivine Olive, et le commissaire central du XVIIIe arrondissement Jean-Paul Pecquet. Des mails restés sans réponse.
Jusqu'à ce qu'elle reçoive samedi dernier une lettre qui l'a fait tomber des nues. « Suite aux divers courriers que vous avez adressés au ministère de l'Intérieur via Internet, les autorités compétentes nous ont demandé de prendre contact avec vous. Si vous le souhaitez, nous pouvons vous proposer un rendez-vous. Je vous propose le lundi 20 août 2007 à 14 heures », lui écrit le Dr Yves Pignier de l'hôpital Maison-Blanche.
Ce dernier a agi sur demande du bureau des actions pour la santé mentale de l'infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police de Paris, chargé de l'instruction et du contrôle des hospitalisations d'office.
« Face à ce comportement des plus incompréhensibles », Sylvia Bourdon a contacté son avocat Me Christian Charrière-Bournazel, futur bâtonnier de Paris, pour qu'il rédige deux courriers à l'intention du ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et au procureur de la République de Paris.
Très remontée, Sylvia Bourdon a choisi de quitter Paris et la France. Elle promet de migrer définitivement vers la Grèce dans le courant du premier semestre 2008.
Reste à savoir si elle répondra présente à sa convocation ce lundi. Elle avoue ne pas avoir encore pris sa décision.
Criant haro sur le baudet, l’extrême-gauche se saisit des maladresses inquiétantes du président et de son gouvernement. Ainsi, Olivier Besancenot prône, selon l’AFP, la constitution de « comités de vigilance pour organiser la riposte et la résistance » à Nicolas Sarkozy. Or, il est évident que la ligne jaune franchie de plus en plus régulièrement par le nouveau président de la République dépasse de loin l’opposition selon les règles du clivage politique traditionnel et appelle au contraire une vigilance et une résistance d’union nationale qui ne devrait pas manquer de se former à la rentrée, du moins on peut l’espérer.
11:12 Publié dans Fatum | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Le Figaro
21.08.2007
Un sage ennemi de la Restauration
Entre son Génie du christianisme et sa Monarchie selon la Charte, Chateaubriand aura fait beaucoup pour la Restauration et Aurélien ne manque pas de nous le rappeler périodiquement. Je lui reprocherais pour ma part d'avoir trop pris la pose du grand homme au point de ne voir en la subtile Juliette Récamier qu'un reflet de lui-même. D'autre part, en faisant la part belle à Chateaubriand, on oublie souvent de mentionner celui qui aurait pu être le sauveur involontaire de la Restauration, Paul-Louis Courier, c'est du moins la thèse défendue par Louis Desternes dans son Paul-Louis Courier et les Bourbons, Moulins, 1962. Si Chateaubriand est devenu l'un des symboles du premier romantisme, Courier témoigne d'une sensibilité beaucoup plus XVIIIème qui lui vaudra notamment d'être souvent comparé à Voltaire. Grand helléniste, Courier est aussi un propriétaire libéral aux yeux duquel seules les ruines antiques trouvent grâce et on comprend, à la lecture de sa description de Chambord dans le Simple discours, qu'il n'était pas du genre à s'attendrir sur les pierres de Combourg.
Sujet à la paranoïa, certains des pamphlets de Courier ressemblent plus à des règlements de compte qu'à des brûlots politiques. D'ailleurs, Courier est loin d'être l'opposant de la première heure qu'on a bien voulu décrire. Au vrai, il n'accorde que peu d'importance à la chose politique et considère, probablement avec raison, avoir bien mieux à faire. Il se contente de s'offusquer des excès des régimes qui se succèdent mais le fait brillamment. Le soin de la forme le conduit même parfois à intervenir après la bataille, c'est le cas notamment de la Pétition aux deux Chambres (1816), contre la cagoterie des ultras, qui fut publié trois mois après la dissolution de la Chambre introuvable.
Il n'empêche qu'il frappe juste et que, la plupart du temps, il ne le fait nullement dans le but de nuire. Il se trouve même être relativement proche des ministres Decazes et Gouvion Saint-Cyr durant les premières années de la Restauration. Il frappe juste contre ceux qui, croyant se protéger de bouleversements dont ils n'ont connu que des bribes dans leur refuge de Coblence, ne font que les attiser par leur rigidité excessive. L'assassinat du duc de Berry en 1820 devient prétexte à toutes les crispations que ce soit en ce qui concerne la religion ou la liberté de la presse, pour laquelle la loi de Serre de 1819 avait pourtant marqué une étape importante. Louis XVIII, ouvert à toutes les concessions les plus contradictoires tant qu'elles lui assuraient un pouvoir si longtemps attendu, ne pouvait plus que difficilement jouer les Dom Juan séduisant les deux paysannes. Il est bien beau que tout le monde se réclame de la Charte mais qui a raison quand l'article 5 stipule que : "chacun professe sa religion avec une égale liberté, et obtient pour son culte la même protection" et que le 6 poursuit : "Cependant la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de l'Etat." ?
Mais c'est plus encore à propos de la guerre d'Espagne que la monarchie eût dû s'inspirer de Courier. Il y consacre en effet plusieurs pamphlets dans lesquels il s'efforce de présenter la guerre comme une volonté des puissances étrangères auxquelles la France doit se subordonner : "Personne ne veut la guerre", "Madame ne la veut pas, Madame du Cayla y paraît fort contraire..." écrit-il dans le Livret de Paul-Louis. On notera au passage que Louis Desternes nous explique que "Madame" est la duchesse de Berry, or il s'agit bien du titre de la duchesse d'Angoulême et en effet, pour Courier, c'est bien l'avis de celle que l'on considère à l'égal de la reine, présentée comme l'égérie des ultras, qui a du poids. Desternes est en cela victime de l'imagerie traditionnelle de la fille de Louis XVI, c'en est au point qu'il ne réagit pas plus quand, quelques lignes plus loin, il évoque le peu d'enthousiasme du duc d'Angoulême pour la guerre. Courier s'amuse du discours de Chateaubriand, favorable à la guerre : "Notez qu'il avait lu cette belle pièce aux dames et, quand on lui parla d'en retrancher quelque chose, avant de la lire à la Chambre, il n'en voulut rien faire, se fondant sur l'appréciation de Madame Récamier." Ce discours comportait en effet bien des maladresses dont la principale était d'invoquer l'exemple de l'Angleterre entrant en guerre contre la France, pendant la Révolution, pour justifier une intervention française en Espagne.
Courier réagit également au scandale provoqué par le député libéral de Vendée, Jacques-Antoine Manuel, qui avait été exclu de la Chambre à la demande des députés ultras le 27 février 1823 :
"Vous voulez sauver les jours de Ferdinand. Eh bien ! ne renouvelez pas les circonstances qui ont traîné à l'échafaud ceux qui, en ce moment, vous inspirent un si vif intérêt. Avez-vous oublié que c'est parce que les puissances étaient venues en France que Louis XVI a été précipité... ? Ai-je besoin de dire que le moment où, en 1792, les dangers de la famille royale sont devenus les plus grands, c'est lorsque la France, la France révolutionnaire a senti qu'elle avait besoin de se défendre par des forces et une énergie toutes nouvelles ?"
La réaction épidermique des ultras face aux propos de Manuel n'étaient que trop claire ; ils s'empressaient de l'accuser de faire l'apologie du régicide pour qu'eux-même, anciens soutiens de Pillnitz et de Brunswick, ne puissent s'en trouver éclaboussés.
00:20 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paul-Louis Courier, Chateaubriand, duchesse d'Angoulême, Jacques-Antoine Manuel
20.08.2007
Pile ou face
21:45 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Léopold II, Innsbruck, François Ier, Habsbourg
13.08.2007
Candé sur Windsor
16:22 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Windsor, Wallis Simpson, nazisme






