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28.01.2008

Cadet Roussel a trois saisons

Pour ceux qui seraient passés à côté, la troisième saison de La Tour, prends garde ! démarre le 10 février pour six représentations exceptionnelles.

A 15h30, les 10, 17 février et 9 mars

A 17h30, les 16, 23 et 30 mars 2008.

 

Résumé :  La Tour, prends garde !, fresque historique décalée

Mettez une famille royale, des révolutionnaires et deux rigolos venus du futur dans une tour. Agitez-bien ! Que se passe-t-il ?

Automne 1792, Louis XVI et les siens sont emprisonnés dans la sinistre tour du Temple ; une vie de famille peu commune s'instaure alors, s'efforçant de revêtir des apparences de normalité mais rythmée, en résonance, par les événements de la Révolution et la disparition successive des membres de la famille.

Entre espoirs d'évasion et désir de vengeance, les enfants de Louis XVI se prennent d'affection pour leurs geôliers républicains. Comment imagine-t-on l'avenir entre quatre murs ? Comment construire sur un passé en ruines ?

Dans ce tableau tragique surviennent deux individus surgis du XXIème siècle...

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Au théâtre des Deux rêves,

5 passage de Thionville

75019 PARIS

Tarif plein : 16 euros

Tarif réduit : 10 euros

Site web : http://latourprendsgarde.free.fr/ 

 

25.01.2008

Turgotine

"Je ne demande point à Votre Majesté d'adopter mes principes sans les avoir examinés mais, quand elle en aura reconnu la justice et la nécessité, je la supplie d'en maintenir l'exécution avec fermeté, sans se laisser effrayer par des clameurs qu'il est impossible d'éviter"
 
Une citation qui en dit long sur l'état des chevilles de Jacques Attali.

Certes, Turgot était lui aussi une sorte de produit de l'ouverture : par ses amitiés philosophiques, il incarnait l'ouverture sur le monde des gens de lettres, trop longtemps frustré d'avoir été aussi ostensiblement boudé par Louis XV tandis que Frédéric de Prusse ou Catherine II avaient compris tout l'intérêt de les porter aux nues pour effacer certaines de leurs actions moins recommandables. 

Turgot, c'est encore une intelligence supérieure, un touche-à-tout de grand talent à la curiosité insatiable, un homme  discret mais gonflé de ses improbables succès recueillis dans la province du Limousin. Turgot était probablement intimement convaincu d'être le seul à pouvoir réussir l'exploit.

Véritablement désintéressé, il aurait bien accepté de ne travailler que pour la gloire et pour cela, il était persuadé qu'il aurait à dicter ses conditions. Le Roi après tout ne dit-il pas : "Il n'y a que Monsieur Turgot et moi qui aimions le peuple."?

Puisque le Roi suit, ne bougeons pas d'un iota, tenons ferme la barre et méprisons souverainement toute tentative d'objection. Turgot c'est un bloc, on prend tout ou on ne prend rien : libéralisons à tout va, libéralisons le commerce des grains et merde à la guerre des farines !

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Oui mais bientôt le Roi dira : "Monsieur Turgot veut être moi, mais je ne veux pas qu'il soit moi !" Exit donc Turgot, mais pas cependant, comme on l'a trop souvent affirmé, à toute son oeuvre. 

A la différence de Louis XVI, et pour couper court à une comparaison qui me coûte, notre omniprésident, lui, ne laissera même pas le temps d'espérer à notre Turgot moderne de se faire calife à la place du calife. Mais pour la morale de l'histoire, il pourra toujours se faire une joie de s'en débarrasser. Singulières vertus de l'ouverture qui permet de trouver plus libéral que soi pour, à défaut de pouvoir d'achat, s'acheter une conscience sociale. 

23.01.2008

Patrimoine sous verre

Ah, les municipales ! ses crottes de chien, ses places de parking, ses espaces verts, son tri sélectif ! C'est une respiration, une plongée dans le quotidien tel qu'on avait oublié de le voir pendant six ans.

Certains y entrent comme en religion. Ils créent une association de quartier : "Bien vivre à Blirt", "Vivre le Blurt", "Savoir-vivre en Blart", ils tiennent un blog pour entretenir constamment la fièvre des municipales.

Selon les lieux où ils se trouvent, ils ont leur dada. Tous, ils se réclament de l'esthétisme, ils se sentent artistes, dans leur genre.  

Quand ils le peuvent, ils défendent le patrimoine. Malheur à celui qui touchera à une pierre du lavoir !  Oui, le lavoir, c'est l'équivalent rural du boucher dans les grandes villes, le boucher qui vient sauver le commerce de proximité en règlant son compte à la monoactivité. 

C'est consensuel, la monoactivité. Grâce à elle, l'ennemi a un visage. Et tant pis si la monoactivité est un patrimoine. Il n'y a pas de patrimoine qui tienne qui ne soit pas en pierre de taille !

 

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Au milieu du XVIIème siècle, un homme habitant le quartier du Temple à Paris inventa le moyen de colorer le cristal. Il put ainsi fournir à bon marché des rubis, des émeraudes et des topazes pour orner les robes des élégantes. Les pierreries du Temple devinrent bientôt célèbres dans le monde entier. 
 
Le bijou fantaisie est aujourd'hui la principale activité de la rue du Temple.  

21.01.2008

Mon joyeux non-anniversaire

J'aime bien les 21 janvier. Je reçois des messages, plus qu'à Noël ou à mon anniversaire. Ca vaudrait presque le coup d'y déplacer mon anniversaire. Juste pour voir.

Le 21 janvier, c'est le jour des surprises, des bonnes nouvelles, des choses qu'on n'attendait plus, c'est le jour des concrétisations, des affirmations. C'est mon jour de chance, faudrait que je joue au loto. C'est le jour où brille ma bonne étoile. Les gens pensent à moi, ça doit dégager des ondes positives. Y en a qui disent qu'on voit si on a du fluide en empêchant un steak de pourrir. Je crois que le 21 janvier c'est un jour à empêcher les steaks de pourrir. 

 

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16.01.2008

Moi je pense comme Grégoire

Qui se souvient encore de Grétry ? Il faut bien le dire, pas grand monde. Il n'a pas laissé d'oeuvres majeures, ses opéras sont peu représentés et peu enregistrés et ne le seraient même probablement pas du tout si André-Ernest-Modeste, de son petit nom, n'avait eu la bonne idée de naître à Liège. Les compositeurs belges ne sont pas si nombreux. 
 
Grétry a cependant laissé des mémoires dans lesquels il donne une aperçu musical de la Révolution française. Il a d'ailleurs traversé la Révolution sans trop de difficultés grâce à ses merveilleuses facultés d'adaptation. Après avoir chanté la gloire de Louis XVI et de Necker dans La Jeunesse de Pierre le Grand, après avoir été l'auteur malgré lui de l'un des plus célèbres airs royalistes : "O Richard, O mon Roi" extrait de son Richard Coeur de Lion, Grétry a composé des opéras aussi inoubliables que La Rosière républicaine, Joseph Barra ou Denys le Tyran.
 
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Cependant, se passer de Grétry, c'est un peu manquer l'ancêtre d'Offenbach. Les mièvreries sont rarement à prendre au premier degré, notamment quand Antonio, au début de Richard, chante : "La danse n'est pas ce que j'aime mais c'est la fille à Nicolas". Non, il faut goûter au moins une fois dans sa vie au : "Moi je pense comme Grégoire, j'aime mieux boire." ou au : "Et zic et zic et zoc / Et fric et fric et froc, / Quand les boeufs vont deux à deux, / Le labourage en va mieux."
 
Tchaïkovski ne s'y est pas trompé qui cite Grétry dans sa Dame de Pique en y intégrant l'air de Laurette "Je crains de lui parler la nuit", toujours extrait de Richard.
 
 
 
 
 
 

07.01.2008

Chartrons

Cinq heures à Bordeaux, point trop n'en faut. Bordeaux, dit-on, est une ville à part.

Le quartier des Chartrons rassemble la vieille bourgeoisie devenue emblématique de la ville. Fin décembre, la Garonne sombre dans une mer de brume. Le quartier cède un peu de place aux bobos : le musée d'art contemporain n'est pas loin. Le K'Baroque, le restaurant du moment, réalise la synthèse entre ces deux univers. 

Dans la rue Sainte-Catherine, des jeunes gens déambulent, à l'allure androgyne. Ils sortent tout droit de mangas. A chaque coin de rue, c'est comme l'apparition du groupe Tokio Hotel. Pourtant, il semblerait que la musique des quatre jeunes Allemands soit étrangère au phénomène. Chaque génération crée sa communauté bordelaise. 

 

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Une visite au musée des arts décoratifs permet de saisir un peu de cet esprit bordelais mythique. Là, des expositions comme vous n'en verrez nulle part ailleurs et qui toujours gardent le souvenir de la lutte de la duchesse d'Angoulême en mars 1815. Bordeaux était la première grande ville à s'être ralliée à la Restauration des Bourbons, ce qui explique le caractère royaliste de la quasi-totalité des expositions du musée. La dernière en date était consacrée à Raymond Jeanvrot dont la collection est à l'origine de la création du musée. Pour l'occasion, le musée à réédité son journal, une mine pour comprendre à quel point les collectionneurs sont dans leur monde. Jeanvrot traverse la Seconde Guerre mondiale sans même sans apercevoir, tout occupé à rechercher un énième bibelot consacré à la duchesse de Berry ou à l'enfant du miracle.

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