Bosio n'a pas eu à se demander longtemps ce qu'il ferait de sa vie. Issu d'une famille d'artistes monégasques, la sculpture s'imposa puisque son frère aîné avait déjà pris la peinture. C'est très tôt également qu'il acquit toutes les qualités de l'artiste officiel ; remarqué par les Grimaldi, il leur doit ses débuts. Emmené à Paris par Honoré III en 1786, il devient l'élève de Pajou, sans grand succès semble-t-il.
Avec les débuts de la Révolution, Bosio pense prudemment qu'il est grand temps d'aller faire un tour en Italie. Plus que jamais, comprend-il, il est urgent de n'avoir aucune opinion. En attendant le retour au calme, il étudie l'antique et croise probablement Canova. On commence à faire son éloge et, à Paris, on reparle sérieusement du projet du Louvre. Bref, les conditions sont réunies pour réapparaître opportunément. Et en effet, sa réputation n'a pas échappé à Vivant-Denon qui le propulse sculpteur officiel de la famille impériale.
Louis XVI par Bosio, chapelle expiatoire
Après s'être fait la main sur les Bonaparte, il eût été dommage de gâcher ce savoir-faire : au Salon de 1814, Bosio expose un buste de Louis XVIII. Un rallié de la première Restauration, voilà qui méritait reconnaissance : les Bourbons effacent les abeilles mais gardent le sculpteur. Il leur devra beaucoup : des commandes officielles (notamment le Louis XVI du grand chantier de la chapelle expiatoire), un fauteuil à l'Institut, un poste de professeur aux beaux-arts, le titre de premier sculpteur du roi, l'ordre de Saint-Michel, la légion d'honneur, le titre de baron. Quand vient 1830, il ne reste plus rien à raffler et, quoique plus discret, il n'est pas pour autant totalement oublié et reçoit encore quelques commandes de la nouvelle administration.
Nul ne sait s'il aurait réitéré l'exploit en 1848 puisqu'il est mort en 1845. On peut penser, du moins, qu'il aurait tenté de relever le défi.
Son plus grand succès, quoique un peu oublié aujourd'hui, est sans conteste son Henri IV enfant qu'il réalise pour la ville de Pau. On n'en compte plus les reproductions en diverses matières et Louis XVIII en commanda une pour sa chambre. Aujourd'hui, outre celui du Louvre en argent, des reproductions se trouvent à l'hôtel de ville de Pau ou dans le bureau du proviseur du lycée Henri-IV.
Henri IV enfant par Bosio, exemplaire en bronze