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27.03.2008
Dans le miroir des Bonnes
Dans notre série sur la sculpture, laissons une petite place au théâtre pour retrouver Henry-Anne Eustache qui s'était fait connaître par une excellente mise en scène de l'Amant de Pinter. Pour une première, Pinter était un véritable défi quand tant d'autres, déjà chevronnés, s'y cassent les dents. Alors, la chance du débutant ? Le mieux est encore d'aller le vérifier avec le deuxième opus, sa mise en scène des Bonnes de Jean Genet.
Claire Der Hovannessian, la scénographe, transforme le plateau de l'Aktéon en boudoir pailleté, en une petite galerie des glaces pour star hollywoodienne de pacotille. C'est qu'il faut à Madame de quoi glorifier sa douleur, de quoi permettre à ses larmes de scintiller en place des diamants qu'elle refuse de porter depuis que Monsieur est en prison.
Et ce sont deux spectres de bonnes, oies trop blanches pour être vraiment sincères, qui prennent une consistance en se glissant dans les costumes de Madame, comme on essaye, enfant, les escarpins trop grands de maman. C'est cette innocence outrancière, cette fraîcheur du petit meurtre entre soeurs que vise avec justesse Henry-Anne Eustache. Dommage que l'ambition du metteur en scène ne soit pas toujours très bien servie par les comédiennes. L'effet des miroirs peut-être : quand cette innocence se regarde trop jouer on n'y croit plus.
Nous répondrons cependant sans hésiter à notre première question : Henry-Anne Eustache s'affirme décidément comme une valeur montante.
Les Bonnes de Jean Genet par Henry-Anne Eustache, avec Marion Flament, Muriel Poletti et Laetitia Vercken.
A l'Aktéon Théâtre jusqu'au 12 avril
12:45 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Les Bonnes, Genet, Henry-Anne Eustache


