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27.03.2008

Dans le miroir des Bonnes

Dans notre série sur la sculpture, laissons une petite place au théâtre pour retrouver Henry-Anne Eustache qui s'était fait connaître par une excellente mise en scène de l'Amant de Pinter. Pour une première, Pinter était un véritable défi quand tant d'autres, déjà chevronnés, s'y cassent les dents. Alors, la chance du débutant ? Le mieux est encore d'aller le vérifier avec le deuxième opus, sa mise en scène des Bonnes de Jean Genet. 
 
Claire Der Hovannessian, la scénographe, transforme le plateau de l'Aktéon en boudoir pailleté, en une petite galerie des glaces pour star hollywoodienne de pacotille. C'est qu'il faut à Madame de quoi glorifier sa douleur, de quoi permettre à ses larmes de scintiller en place des diamants qu'elle refuse de porter depuis que Monsieur est en prison. 
 
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Et ce sont deux spectres de bonnes, oies trop blanches pour être vraiment sincères, qui prennent une consistance en se glissant dans les costumes de Madame, comme on essaye, enfant, les escarpins trop grands de maman. C'est cette innocence outrancière, cette fraîcheur du petit meurtre entre soeurs que vise avec justesse Henry-Anne Eustache. Dommage que l'ambition du metteur en scène ne soit pas toujours très bien servie par les comédiennes. L'effet des miroirs peut-être : quand cette innocence se regarde trop jouer on n'y croit plus. 
 
Nous répondrons cependant sans hésiter à notre première question : Henry-Anne Eustache s'affirme décidément comme une valeur montante.  
 
Les Bonnes de Jean Genet par Henry-Anne Eustache, avec Marion Flament, Muriel Poletti et Laetitia Vercken. 
A l'Aktéon Théâtre jusqu'au 12 avril 
 
 

26.03.2008

Carlo Marochetti, l'esprit de la gentry

En tant que professeur aux beaux-arts, Bosio a formé toute une génération de sculpteurs. Certains auront été plus attentifs que d'autres et parmi ceux-là, on peut compter Carlo Marochetti car si Bosio avait été le sculpteur officiel de la Restauration, Marochetti serait celui de la Monarchie de Juillet. Il a tout retenu du maître, jusques et y compris, l'art de coller au train des familles royales.
 
Marochetti naît à Turin en 1805 alors que la ville est sous administration française. Le début de son histoire nous rappellera Félicie de Fauveau : un père, Vincenzo, haut fonctionnaire, un déménagement précoce à Paris. Il y a cependant une différence de taille : alors que le père de Félicie était ruiné et qu'il ne lui restait que l'ultraroyalisme pour affirmer son statut social, ce n'est pas le cas du père de Carlo qui, dans le même but, préfère la pierre et se porte acquéreur d'un château du XVIème siècle à Vaux-sur-Seine dont il deviendra maire. De là, sans doute, un esprit très gentry qui marquera les Marochetti. En effet, Vincenzo, en manifestant ce besoin de se créer des racines, s'inscrit tout à fait dans les préoccupations de l'élite financière de la Chaussée-d'Antin, ce qui contribuera à faire de son fils un parfait représentant de la Monarchie de Juillet. 
 
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Le maître-autel de l'église de la Madeleine par Marochetti, une nette influence de Bosio.
 
 
Carlo Marochetti suit donc les cours de Bosio avant, comme lui, de retourner étudier en Italie. Sa carrière démarre lentement, sans rêver d'aventures, il est tout de même, à l'instar de Félicie, un peu sujet au dilettantisme mais tout change lorsque sa Jeune fille jouant avec un chien remporte une médaille en 1829. C'est le succès en France, en 1831, avec son Ange rebelle. Les mondanités auxquelles se livrent ses parents l'aident sans doute un peu et très vite, les Marochetti entrent dans l'intimité des Orléans ; comme Félicie avec la comtesse de la Rochejaquelein, le degré d'intimité reste peut-être encore à déterminer. Le fait est qu'après avoir travaillé à l'autel de l'église de la Madeleine, à l'Arc de Triomphe (la bataille de Jemmapes dans laquelle s'était illustrée Louis-Philippe) et aux bustes de la famille royale, en 1848, Carlo délaisse le château familial pour suivre les Orléans en exil au Royaume-Uni. Il semble toutefois que ce soit moins la loyauté que son échec aux élections législatives de 1848 qui poussa Marochetti au départ. Il écrivait alors en substance qu'il considérait la république comme le seul régime désormais possible pour la France. 
 
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Le Richard Coeur de Lion de Westminster par Marochetti.
 
 
Quoique décoré de la légion d'honneur, sa carrière française ne s'égalait pas encore au prestigieux palmarès de Bosio, il allait rapidement se rattraper à l'étranger. En effet, Marochetti entre alors au service de la reine Victoria. On lui doit entre autres une statue de Richard Coeur de Lion toujours visible devant le Palais de Westminster. C'est toutefois en Italie qu'il reçoit la consécration avec sa statue équestre d'Emmanuel Philibert de Savoie. On ne sait si Marochetti était véritablement enthousiasmé par le Risorgimento mais son oeuvre n'en passa pas moins pour un acte de patriotisme et lui valut, comme autrefois Bosio, le titre de baron. Voilà qui aurait plu à papa. Par la suite, il continua à travailler à l'étranger, laissant des témoignages jusque dans la lointaine Ecosse avec sa statue équestre du duc de Wellington à Glasgow. Il avait besoin d'être au centre de l'attention, aimait être une curiosoté et s'était plaint, en Italie, de l'affluence d'artistes qui ne pouvait que lui faire de l'ombre. Plus rien ne l'arrêtait et s'il n'avait pas été aussi demandé, qui sait s'il n'aurait pas continué son ascension vers le Nord jusqu'à la Suède des Bernadotte. 
 
 
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Monument à Emmanuel-Philibert de Savoie par Marochetti, Turin.
 
 
Ce qui marque cependant chez Marochetti, c'est que, singulièrement pour un artiste, il paraît moins soucieux de s'accomplir par son oeuvre que de fonder une dynastie, d'apparaître comme l'Ancêtre, peut-être faut-il y voir l'influence de son père. 
 
La tradition sera en tout cas entretenue par son fils, Maurizio qui, quoique diplomate, fut lui-même sculpteur et conserva pieusement l'atelier de son père. 
 
Au fil du temps, les Marochetti s'affirmeront en tant que châtelains de Vaux dont l'homonymie avec Vaux-le-Vicomte ne pouvait qu'être flatteuse. 

25.03.2008

Le baron François-Joseph Bosio, sculpteur officiel

Bosio n'a pas eu à se demander longtemps ce qu'il ferait de sa vie. Issu d'une famille d'artistes monégasques, la sculpture s'imposa puisque son frère aîné avait déjà pris la peinture. C'est très tôt également qu'il acquit toutes les qualités de l'artiste officiel ; remarqué par les Grimaldi, il leur doit ses débuts. Emmené à Paris par Honoré III en 1786, il devient l'élève de Pajou, sans grand succès semble-t-il.
 
Avec les débuts de la Révolution, Bosio pense prudemment qu'il est grand temps d'aller faire un tour en Italie. Plus que jamais, comprend-il, il est urgent de n'avoir aucune opinion. En attendant le retour au calme, il étudie l'antique et croise probablement Canova. On commence à faire son éloge et, à Paris, on reparle sérieusement du projet du Louvre. Bref, les conditions sont réunies pour réapparaître opportunément. Et en effet, sa réputation n'a pas échappé à Vivant-Denon qui le propulse sculpteur officiel de la famille impériale.
 
 
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Louis XVI par Bosio, chapelle expiatoire
 
Après s'être fait la main sur les Bonaparte, il eût été dommage de gâcher ce savoir-faire : au Salon de 1814, Bosio expose un buste de Louis XVIII. Un rallié de la première Restauration, voilà qui méritait reconnaissance : les Bourbons effacent les abeilles mais gardent le sculpteur. Il leur devra beaucoup : des commandes officielles (notamment le Louis XVI du grand chantier de la chapelle expiatoire), un fauteuil à l'Institut, un poste de professeur aux beaux-arts, le titre de premier sculpteur du roi, l'ordre de Saint-Michel, la légion d'honneur, le titre de baron. Quand vient 1830, il ne reste plus rien à raffler et, quoique plus discret, il n'est pas pour autant totalement oublié et reçoit encore quelques commandes de la nouvelle administration. 
 
Nul ne sait s'il aurait réitéré l'exploit en 1848 puisqu'il est mort en 1845. On peut penser, du moins, qu'il aurait tenté de relever le défi.  
 
Son plus grand succès, quoique un peu oublié aujourd'hui, est sans conteste son Henri IV enfant qu'il réalise pour la ville de Pau. On n'en compte plus les reproductions en diverses matières et Louis XVIII en commanda une pour sa chambre. Aujourd'hui, outre celui du Louvre en argent, des reproductions se trouvent à l'hôtel de ville de Pau ou dans le bureau du proviseur du lycée Henri-IV. 
 
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 Henri IV enfant par Bosio, exemplaire en bronze
 
 

24.03.2008

Félicie de Fauveau, l'exaltée de la Restauration

Ne serait le costume, ce pourrait être le portrait d'un jeune homme, un dandy un peu fou, l'air bravache. Or, c'est bien le portrait d'une femme qu'a peint Ary Scheffer : Félicie de Fauveau en amazone ; une ambiguïté d'emblée séduisante.

Félicie est florentine, du moins, elle est née à Florence en 1799, de parents bretons. Elle y reste peu, son père est ruiné, c'est le retour en France.

Félicie a déjà du caractère, elle ne se laisse rien imposer si bien qu'elle est successivement renvoyée de toutes les pensions où elle est inscrite. 

Elle est entière, mais comme Emma Bovary, sa tête est pleine de Moyen Age et de romans de Walter Scott. 

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 Portrait par Ary Scheffer, Musée du Louvre

 

Quand Félicie arrive en France, c'est la Restauration. Elle découvre la cour avec sa mère, dans les années 1820. Elle perçoit, chez la duchesse de Berry, un goût de l'aventure analogue au sien. On la remarque, on ne peut pas la manquer. C'est décidé, elle sera artiste, elle veut sculpter. Elle entraîne dans sa nouvelle passion le jeune peintre Delaroche qui s'y consacrera un temps.

En 1830, elle maudit l'usurpateur d'Orléans, elle ne peut nier cependant qu'elle lui doit tout ; sans lui, pas de véritable début de l'aventure. Délaissant le ciseau, elle prend le maquis et s'enfonce en Vendée où elle rejoint la comtesse de La Rochejaquelein. On dit qu'un jeune républicain, à qui elle avait tourné la tête, la suivit dans sa folle escapade. Il espérait ainsi la convaincre de l'épouser. Mais pas question de se marier pour Félicie, plutôt mourir. Et puis, à quoi bon ce jeune gringalet quand Madame de la Rochejaquelein est si proche. Ensemble, costumées en hommes, elles passent les nuits à la belle étoile, se blottissent l'une contre l'autre pour se cacher dans un four, elles se donnent le frisson et sont finalement prises. Félicie en sera bonne pour sept mois de prison. Faute de mieux, elle retourne à la sculpture mais ne renonce pas, elle ne renonce jamais et fulmine contre Delaroche et Ary Scheffer qui se sont ralliés à l'usurpateur. Elle n'est pas, elle, de ces artistes opportunistes. 

A peine sortie, elle repart sur les routes pour rejoindre la duchesse de Berry dans le bocage vendéen.

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 Dague par Félicie de Fauveau, Musée du Louvre

 

La récidive lui coûte cher au moment de l'échec : pour échapper à la police de Louis-Philippe, elle doit passer en Belgique avant de retrouver Florence.  

Faute d'insurrection, c'est par la sculpture qu'elle exprime sa rage. Elle aime présenter le groupe qu'elle vient d'achever, Judith montrant au peuple la tête d'Holopherne, comme une allégorie de la duchesse de Berry et de Louis-Philippe. 

Quand elle meurt à Florence à quatre-vingt-sept ans, Félicie a été une artiste dilettante mais elle est restée fidèle à elle-même. Dans ce siècle romanesque, elle s'est donnée la peine d'être une véritable héroïne.

Félicie nous servira de point de départ pour un parcours autour des sculpteurs et de la politique au XIXème siècle.  

18.03.2008

Libertinage olfactif

L'Etat libre d'Orange _ tout est bon pour nous parler d'orange, me direz-vous _ est un ancien Etat boer d'Afrique du Sud fondé au milieu du XIXème siècle. L'orange dont il est question ici rappelle la dynastie d'Orange-Nassau et je n'y ai glissé aucun message subliminal.
 
Mais l'Etat libre d'Orange c'est aussi, depuis près de deux ans, une enclave parisienne revendiquant son indépendance dans une déclaration en six articles, une "terre de libertinage olfactif".
L'univers du parfum c'était un peu glamour ou bling bling mais, oubliez désormais Poème, Shalimar ou le N°5, remisez L'Heure Bleue, Anaïs Anaïs ou L'Air du temps ! Après vous être encanaillée avec Poison, vous n'en pouvez plus de vous asperger de la voix d'Anna Mouglalis, alors préférez enfin Rien. 
 
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C'est ce que vous proposera le fameux Etat libre qui opte résolument pour une contre-image du parfum quitte à donner, parfois, dans la provocation un peu facile. Vraie blonde, Sécrétions magnifiques, Putain des palaces, Jasmin et Cigarettes, Eloge du traître, Nombril immense, autant de noms qui réveillent la parfumerie. Que les plus classiques se rassurent cependant, si Sécrétions magnifiques s'avère un véritable choc olfactif, certains autres jus sont bien moins audacieux. 
 
Certains sont capiteux et vous suivront toute la journée : Rien que j'ai adopté, d'autres, plus discrets, assument cependant leur touche d'originalité :  Charogne, à tenter. 
 
Etat libre d'Orange, 69 rue des Archives, 75003 PARIS
01 42 78 30 09
 
http://www.etatlibredorange.com/
 

17.03.2008

Lectures de demain

C'est en direct du Salon du Livre que je livrerai mon analyse du résultat des municipales à Blog-Trotter, et aux autres aussi, s'ils le veulent bien. Un nouvel espace est en effet consacré aux "lectures de demain" et particulièrement aux blogueurs qui sont invités à exercer leur activité virtuelle sur le Salon. Journée professionnelle oblige, on peut, pour une fois, se promener dans le allées sans être bousculé à tout moment. Enfin, faut-il encore être parvenu à y entrer. La polémique autour de la mise à l'honneur d'Israël, l'alerte à la bombe d'hier, tout contribue à mettre les agents de sécurité à rude épreuve.

Mais revenons donc aux municipales et à cette semaine qui a vu, la fatigue s'accumulant, la déception gagner les rangs du Modem. Oui, le Modem a pris un risque à Paris, et oui, ce risque il le paie cher même si Marielle de sarnez a réussi à sauver l'honneur en conservant son siège au Conseil de Paris. Cependant, si l'on y pense bien, les dégâts sont moindre. Le Modem, que l'on considère trop souvent comme une simple continuité de l'UDF, est en fait un mouvement très jeune qui aurait tort de ne pas prendre ces risques tant qu'il peut se le permettre. Je serais la première à lui reprocher trop de frilosité. D'autre part, il ne faut pas oublier que cette fraîcheur nous a obligés à mener campagne dans la précipitation, juste après la Congrès fondateur de Villepinte en décembre 2007 et après une nouvelle vague de défection. Les professions de foi officielles auront été les premières à souffrir de la précipitation et à nous porter préjudice. Il y aura certes des leçons à en tirer mais il ne faudrait pas pour autant omettre les points positifs qui se sont dégagés. Le principal d'entre eux étant le score des candidats Modem qui se sont maintenus à Paris, score sensiblement semblable à celui du premier tour. Voilà qui prouve bien que, malgré les maladresses de la jeunesse, l'électorat Modem n'est pas aussi volage qu'on veut bien le dire et constitue au contraire une base solide. Nous n'oublierons pas de noter non plus que le score moyen du Modem au premier tour, dans les villes où il présentait des listes autonomes, avoisine les 16%.

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On ne s'étonnera pas que les militants PS nous fassent porter le chapeau de la réélection de Jean Tiberi quand bien même il n'eût suffit que d'un geste de Bertrand Delanoë pour l'éviter et peut-être même pour emporter le 15ème arrondissement. Nous ne nous inquièterons pas, d'autre part, de l'appel désespéré d'Hervé Morin pour gagner au Nouveau Centre les adhérents Modem. On pourra déplorer en revanche, et puisqu'il est question de blog ici, que Quitterie Delmas, notre blogueuse médiatique, s'évertue encore dans Le Parisien à vouloir la peau de Marielle de Sarnez. N'en déplaise donc à Quitterie, Vialation s'engage, quand il le faudra, à être une poche de résistance à ces tentatives de sape réitérées.

Les prochaines échéances sont les Européennes de juin 2009 et il n'est pas trop tôt pour s'y préparer, pour mobiliser autour des questions européennes, ce que fait très régulièrement le blog Relatio, et surtout, pour évoquer l'épineuse question du Traité simplifié de Lisbonne.

Cependant, Vialation referme pour l'instant la parenthèse orange et retourne à la culture.

10.03.2008

Bilan orange

Comme le suggérait Christian Horn, on pourrait la faire en happening cette deuxième semaine de campagne qui n'existera pas sans cela. Pierre Aidenbaum a été réélu au premier tour et la liste PS obtient ainsi douze conseillers sur treize sièges.

On pourrait continuer à promouvoir Raphaële Bidault-Waddington à la sortie des bouches de métro, à distribuer des tracts au marché des Enfants Rouges _ au moins on serait seuls pour une fois _ et les habitants du 3ème pourraient admirer une magnifique liste de fêlés. L'enjeu était moindre, le Modem nous a laissé une grande marge de manoeuvres. Et c'est pour cela, sans doute, que j'en tire un bilan positif : pas de militantisme bête et méchant, pas de renoncement à l'esprit critique, une coopération constructive entre tous malgré des caractères parfois opposés. En bref, un véritable esprit de troupe dont la troupe de Clio Artiste pourrait s'inspirer. 

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Certes, cette réussite aura demandé un peu de fermeté au départ et aura conduit à une scission avec le "canal historique" : cinq à six militants qui, dans la mouvance de Quitterie Delmas, ne cessent de ruminer le couplet du manque de démocratie interne. Leur ancienneté, pensaient-ils, devait leur permettre d'avoir un mot déterminant à dire sur le choix de la tête de liste. Je préfère de loin l'efficacité à cette pseudo "démocratie interne". Et quoique le résultat fût peu payant en raison du vote prévisible et massif en faveur de la liste PS, efficacité il y eut puisque le Modem a réalisé dans le 3ème, avec 9,3% des suffrages, l'un des meilleurs scores de Paris. Il talonne ainsi les Verts, à 10,3% ; un effondrement après leurs 22% des précédentes municipales.

Par conséquent, tout cela est plutôt encourageant pour ce Modem Art Spirit dont les fantaisies faisaient sourire les vieux loups de la politique. La politique autrement a ses adeptes, c'est confirmé. 

Il était temps, cependant, que la campagne s'arrête : le conformisme guettait. C'est en tout cas ce que l'on peut en déduire quand la tête de liste ne peut plus parler sans commencer ses phrases par : "Parce que dans son projet, Marielle de Sarnez..." 

02.03.2008

LE concert de Théodore

Il est des moments où il faut bénir le spam.
Certes, je ne cherche pas spécialement à augmenter la taille de mon pénis et je n'ai pas non plus la moindre envie d'aller ouvrir un compte pour l'orpheline d'un diplomate africain. Je me passerais bien, d'autre part, des invitations de la cousine du frère de Bidule qui a un ami de son concierge qui fait du théâtre amateur, mais il faut bien convenir que parfois, de rares foi, quand on suit le lien mentionné dans le message, on se dit qu'on n'a pas complètement perdu sa journée. 
 
C'est exactement ce qui s'est passé avec Théodore. Le virus est parfait, dès les premières notes de piano, j'étais certaine d'aller plus loin. Il suffisait d'enchaîner avec Chanson jouet et le poisson était ferré. Le 1er mars, au Connétable, j'y serais. 
 
Dans une petite cave sombre, Théodore surgit d'un film de Tim Burton en redingote, haut de forme et mitaines blanches. Il installe son univers entre Isaac Asimov, Higelin et Philip Glass.
Malheureusement, pour l'instant Théodore ne donne qu'un concert par an : merci donc le spam ! 
 

 
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Mais avec Théodore, quand on croit que c'est fini, ça n'est jamais vraiment le cas. Quittant son habit d'Edward aux mains d'argent, il se transforme en pianiste de Patrice Mercier. Univers un peu moins fantastique mais tout aussi délirant, surtout quand il chante Les Epaves devant les piliers de bar locaux, il en perd les paroles. 
 
Il a un air familier, ce Patrice Mercier... Et pourtant, il n'était même pas mentionné dans le spam, c'est dire que je ne risquais pas de l'avoir croisé. Alors où ? Impossible d'avoir la moindre idée avant de penser à dimanche. La Chanson du dimanche est en vacances mais il reste Action discrète. Euréka ! Patrice Mercier ! Action Discrète ! bon sang mais c'est bien sûr ! Il fait partie du groupe d'Action discrète ! Celui qui parvient à se faire passer pour un groupe de militants CGT pour les photographes de La Croix, celui qui envahit la Fête de l'Huma ou les bureaux du 118 218 !
 
Une soirée pleine de surprises au Connétable.

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