« 2008-04 | Page d'accueil | 2008-06 »

21.05.2008

Le 11 juin, un oeil original sur Marie-Antoinette

Si vous êtes un visiteur régulier, cela ne vous aura pas échappé, il y a une sorte de feuilleton Marie-Antoinette sur Vialation : on suit l'évolution de son image, les tribulations de ses fans. Il semble donc naturel de passer à la 3D au bout d'un moment. L'exposition Marie-Antoinette prend fin bientôt, c'est l'occasion rêvée : je vous en propose une visite guidée, en partenariat avec la Librairie Buridan, le 11 juin à 18h30.

Des pamphlets de la Révolution à la sainte de vitrail de la Restauration, le troisième acte s'est joué sur grand écran : Marie-Antoinette est devenue une superstar en 1955. C'était l'année de la grande exposition rétrospective du Château de Versailles mais aussi, et surtout, celle de la sortie du film guimauve et éponyme de Jean Delannoy qui nous a offert ce dialogue d'anthologie entre Marie-Antoinette et un ancien combattant : 

"- Vous êtes le fils du fameux colonel !

- Son petit-fils, Madame.

- Bien sûr, le héros de Fontenoy, 1745.

- C'est à Lawfeld, Madame, que mon grand-père...

- ...eut une jambe emportée.

- Les deux, Madame ! 

- J'espère. J'en parlerai au toi." 

 

42ee4d3d424b384a028b74c20ca6fd32.jpg
 
 
Delannoy eut donc ses adeptes jusqu'à ce que la nouvelle génération succombe avec le tout aussi sirupeux mais plus japonisant Lady Oscar, manga adapté en dessin animé dans les années 70. Il inspira à Jacques Demy un film qui semble une parodie de sa propre filmographie. 
 
bb63b324af28528bbcc09a4a54f5a2fa.jpg
 
Il va de soi que ces deux précédentes générations regardent d'un oeil narquois les adolescentes subjuguées par le film de Sofia Coppola qui souhaiteraient joindre leur cénacle. 
 
Bref, tout cela valait bien une nouvelle exposition et celle du Grand Palais semble leur être dédiée. On y trouve certes des oeuvres de qualité, une belle scénographie signée Carsen, mais un programme scientifique digne du musée du Luxembourg. L'objectif sera donc de combler ces lacunes historiques en s'appuyant sur les dernières recherches et ce, sans renoncer complètement à l'impertinence de ton de Vialation. 
 
Pour nous retrouver le 11 juin, les réservations sont à prendre auprès de Buridan :  ecrire@buridan.fr ou 01 46 33 74 95 ou bien encore par Billetreduc.
 

16.05.2008

Une exposition bien élevée

2008 ne correspond à aucun anniversaire mais on a l'exposition Marie-Antoinette, 2008 ne correspond à aucun anniversaire mais on a les expos Marie d'Orléans, une des fifilles de Louis-Philippe. 

Pour ceux qui seraient vraiment allergiques à l'anniversaire de mai 68, Marie d'Orléans est l'antidote. Parce que Marie d'Orléans, elle est princesse, mais c'est une sacrée rebelle. Les esprits courtisans auraient dit que Marie d'Orléans faisait du Ingres, à sa manière, c'est-à-dire à la manière d'une princesse qui n'a jamais eu le droit de travailler d'après le nu.

Mais ça ne la dérange pas, Marie, de ne pas travailler d'après des nus parce que Marie préfère les anges. Elle sculpte des anges vengeurs qui vous paraissent tout droit sortis du couvent des oiseaux, ou bien elle imite les sculpteurs officiels de papa, elle sculpte un ange déchu à la Marochetti, elle sculpte une Jeanne d'Arc pour le musée de Versailles. 

20c1ddec28288792456a2cc8a2b792b6.jpg

 

Marie, c'est une gentille fille qui fait tout bien comme il faut. Alors elle fait l'artiste romantique comme il faut : elle aime le Moyen-Age, elle est brune et mélancolique et elle meurt jeune. Marie, elle inspire des poèmes à Alfred de Vigny : 

 Mais quand la noble enfant d'une race royale
Fuyant des lourds palais l'antique oisiveté
S'en va dans l'atelier chercher la vérité
Et là, créant en rêve une forme idéale
Entre'ouvre un marbre pur de sa main virginale
pour en faire sortir la vie et la beauté


Le professeur de Marie, c'est Ary Scheffer, ancien légitimiste. Quand on voit à quoi il a consacré son temps avec Marie, on comprend mieux que Félicie de Fauveau lui ait reproché de se renier, ça n'était pas qu'une question de politique. 

Si vous avez survécu à la mini exposition du Louvre, vous pourrez tenter, jusqu'au 21 juillet, celle du musée Condé de Chantilly : "Marie d'Orléans, princesse et artiste romantique". Après un tel traitement, il est probable que vous vous sentirez vivre chez Amélie : 

 

 

10.05.2008

Comment j'ai tué Elisabeth

Je lui aurai donné un peu plus d'un mois ; j'avais vu large. Une semaine aurait peut-être été suffisante, mais toute excuse est bonne à prendre pour prolonger les vacances. Elle n'a même pas essayé de lutter. Elle m'avait bien prêté son costume à Bath et elle m'a confiée aux bons soins de sa soeur à Turin mais elle s'est finalement tue à Berlin et elle a renoncé à s'inviter à Innsbruck. 
 
J'avais appris à l'apprécier, je l'aime bien maintenant. Elle me manquera certainement, de temps en temps. 
 
Par un heureux hasard, j'ai achevé Madame Elisabeth le 10 mai.
 
9ec95b9a90be88713aec8597b85cb7aa.jpg
 
"L'appareil est sur un théâtre
Couvert d'un tapis de lin blanc ;
Entre deux colonnes d'Albâtre
Paraît le fatal instrument ;
La fenêtre en est purpurine,
L'ébène en borde le contour,
Le désir ouvre la machine,
Et l'exécuteur est l'amour.
 
Prenant une attitude fière
Se présente le patient ;
Plus il porte la tête altière,
Plus il devient intéressant ;
L'étreinte augmente sa furie,
Il s'agite, il brave son sort ;
Le plus doux moment de sa vie
Est le plus voisin de la mort
 
Ô Venus dont mon coeur fidèle
Adore et suit les douces lois,
Donne-moi pour prix de mon zèle,
Une guillotine à mon choix :
Et par l'effet de ta puissance,
Après un trépas fortuné,
Ah ! rends-moi toujours l'existence;
Pour être encore guillotiné.
 
Sexe-couperet. Vénus-guillotine. De mille manières, l'échafaud excite le désir." 
 
"Qui ne voit que le visage romantique doit à l'échafaud le détachement subtil qui l'auréole ? Sous le couperet, la beauté du héros touche au sublime." 
 
Extraits de Guillotinez-moi !, Patrick Wald-Lasowski, Le Promeneur, 2007.
 


02.05.2008

Lost in translation

Bientôt la fin du périple européen pour post-partum théâtral. Vialation sera de retour très prochainement. 

En attendant, ce dimanche, le Fil de l'histoire de France Inter diffusera Evariste Galois, des maths au mythe, une pièce radiophonique de Caroline de Kergariou. Mathématicienne de formation, l'auteur relève, depuis quelques temps déjà, le défi de faire connaître, en vingt-huit minutes et sous un angle inattendu, un personnage célèbre. 

L'empathie de Caroline de Kergariou, qui se passionne pour chacun de ces personnages de la petite ou de la grande histoire, contribue pour beaucoup au succès de la formule. 

Rendez-vous dimanche, à 13h30, sur France Inter. 

 

91b37575962da4eae155dd5692fd6246.jpg

 

 

Toutes les notes