06.09.2008
Entre Henri IV et soeur sourire
Hier après-midi a commencé l'université d'été du Modem, une bonne occasion pour prendre un peu de distance. Peu encline à jouer le jeu de ces grandes cérémonies d'autosatisfaction, je ne m'y rends jamais. Un regret cependant : celui de manquer les interventions d'Hubert Védrine (une recrue ?) et d'Eva Joly.
Si l'on a naturellement peu parlé du Modem pendant les vacances, il ne s'est pas complètement fait oublier, du moins auprès de ses adhérents. Les raisons de cet empressement sont simples, le 31 août étaient closes les listes de candidats pour les présidences départementales, les conseils départementaux et la conférence nationale. Les listes sont paritaires et les femmes manquent toujours.
Que Marielle de Sarnez gère le Modem d'une main de fer, c'est précisément ce que j'apprécie chez elle. Cela l'a conduit parfois à faire des erreurs mais on peut mettre à son crédit la persévérance et la ténacité qui ont permis la création du Modem. Or, cette efficacité est malheureusement contrebalancée par une communication incohérente. François Bayrou s'appuie désormais depuis longtemps sur l'image d'Henri IV, sorte d'image anté-gaullienne du rassemblement dont on peut faire remonter la genèse au milieu du XVIIIème siècle. Malgré son ancienneté, elle semble ne pas avoir perdu de son acuité. Pour Marielle de Sarnez, c'est beaucoup moins clair et la transition entre l'éminence grise et la femme politique n'a pas été correctement amorcée. Aussi a-t-elle longtemps souffert d'un déficit de notoriété qui a notamment pesé sur la campagne des municipales. Dans ces cas-là, Sarnez sort l'artillerie lourde puisque dans ce domaine, la subtilité n'est pas son fort : à une gestuelle exaltée et un visage illuminé qui la rapprochent de Soeur Sourire elle joint le discours d'ouverture du Modem. Sur les affiches de campagne, le portrait de Marielle prend le pas sur le programme. De plus en plus, son image se dissocie de ce qu'elle est vraiment et le discours sonne creux. De ces maladresses, Quitterie Delmas prend toute la mesure et calque son personnage sur celui que fait attendre la communication de Sarnez : elle se présente comme celle qui est à l'écoute des adhérents, la véritable démocrate face à une Marielle de Sarnez autoritaire dont elle se prétend même la victime.
Pour Marielle de Sarnez, une fois le bilan des municipales tiré, il était temps de signer la fin des hostilités avec Quitterie Delmas, chose faite pendant l'été puisqu'elles font désormais liste commune. C'est cependant oublier que le problème n'est pas Quitterie mais bien la communication de Marielle. Or, si au début de l'été les adhérents ont renouvelé leur confiance à l'orientiation du Modem voulue par François Bayrou, cette confiance risque bien de s'effriter à nouveau si la communication demeure incohérente. Ainsi les erreurs habituelles se sont répétées lors de la constitution de listes pour les différents conseils internes du Modem. Si la manière de procéder a bien été expliquée aux adhérents, une clôture des listes en plein été, le 31 août, devait empêcher la constitution de listes concurrentes à celles de Marielle. Si cette difficulté a semble-t-il été évoquée, on n'a pas voulu y accorder plus d'importance et c'est finalement Marielle qui s'est trouvée piégée. Alors que deux listes concurrentes ont été créées, le 27 août, Marielle et ses collaborateurs s'efforçaient encore de débaucher les femmes qui s'y trouvaient. Le message subliminal n'avait manifestement pas été saisi par tout le monde : "Voici le moyen de constituer une liste que, bien évidemment, vous ne prendrez pas la peine de créer dans l'intérêt du Modem." Et les naïfs de s'offusquer qu'encore une fois, et quoi que Marielle prétende, le Modem n'a rien de démocratique. Il va bien falloir un jour faire entendre clairement la position du Modem selon Marielle de Sarnez et il faudra bien aussi un jour que Marielle adopte une communication plus en accord avec ces mêmes positions.
Bien sûr, cette communication défaillante s'explique aussi par le fait que les ressources à la disposition des femmes demeurent moins nombreuses que celles des hommes. Ainsi, il reste difficile de se reposer sur un personnage charismatique et si Ségolène Royal s'est brûlée les ailes en jouant les Jeanne d'Arc, nous ne saurions conseiller à Marielle de Sarnez de se prendre pour Gabrielle d'Estrées.
05:55 Publié dans Absurde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Marielle de Sarnez, Modem



Commentaires
Jolie chute !
Ecrit par : Flivo | 06.09.2008
Bonne analyse, peut etre un peu resignee a mon sens. Comprenons nous bien - je ne suis ni sarnezolatre, ni sarnezophobe. Je sais parfaitement tout ce que nous devons a Marielle de Sarnez, a commencer par le renouveau de notre Mouvement.
Simplement sa strategie aux dernieres municipales a Paris ne m'a pas convaincue, et son apparent refus d'admettre franchement ce qui a dys-fonctionne me donne toutes les raisons de craindre que les campagnes des prochaines echeances electorales se passeront de la meme facon : Obligations de moyens, pas de resultats.
Tres honnetement, si je n'avais pas ete deja engagee sur une autre liste lorsque son equipe m'a appelee, j'aurais meme peut etre dit oui, en bon petit soldat et sans grand enthousiasme.
Seulement voila - je me suis engagee sur la liste "un nouvel elan, un nouveau souffle" derriere Christelle de Cremiers.
Pourquoi, me direz vous ? Plagiant certains blogueurs/gueuses d'entre vous, j’ai 5 tres bonnes raisons de croire en ce projet. En voici la premiere....
Raison numero 1 : Christelle de Cremiers defend une certaine idee de notre action pour Paris qui me plait.
Examinez bien le projet de Un nouvel elan, un nouveau souffle. “Notre premier objectif est de mettre les adhérents au cœur de notre mouvement. Nous serons une équipe dédiée à l’animation du mouvement parisien pour conquérir notre électorat. Pour cela, nous vous proposons d’animer une campagne permanente, pour représenter les parisiens, nous engager auprès d’eux et faire rayonner nos valeurs. Nous nous engageons ainsi à développer une gouvernance plus ouverte que celle de l’équipe sortante, pour que les adhérents soient fiers de notre mouvement.
Nous devons faire monter en interne la génération politique de demain :impliquer et valoriser les adhérents à la mesure des volontés, compétences et de la disponibilité de chacun. Les equipes d’arrondissement sont donc la brique de base de notre organisation. Elles ne devront pas etre validees par le siege : le niveau départemental doit évoluer vers un rôle d’orientation politique, de conseil, d’appui, de formation des équipes de terrain.
Permettre aux adhérents d’accéder à des responsabilités : Pour prendre en charge des fonctions de cadres départementaux ou pour être candidats
Développer une culture de resultats : Chaque responsable, de la Présidence aux animateurs d’arrondissement auront des objectifs et devront en rendre compte.
Mettre en place une organisation efficace: L’arrondissement est l’échelon de base de notre organisation. Responsabiliser les équipes de terrain pour plus de souplesse, d’adaptation et de réactivité auprès des Parisiens”.
Voila, a mon sens, la machine de guerrilla dont le Modem a besoin pour peser a Paris.
A demain dans la blogosphere, pour la raison numero 2
Ecrit par : constance audren | 23.09.2008
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