26.03.2009

Folies coloniales. Algérie, années 30

Nous nous demandions dernièrement, en lisant Gérard Noiriel, comment réconcilier les sciences sociales et le théâtre. Folies coloniales. Algérie, années 30 est une des réponses possibles. La forme est peut-être sans grande surprise mais elle a le mérite de se montrer efficace. Pas d'historien sur scène cette fois, mais une volonté de mettre en scène les archives. Le texte est en effet exclusivement composé de discours officiels, d'extraits de manuels scolaires, de paroles historiques, de compte-rendus de manifestations sportives, de poèmes de circonstance.

La difficulté consiste toutefois à ne pas lasser par ce flot de paroles allant dans le même sens, il s'agit en effet de faire entendre le "politiquement correct" de l'époque. Si l'on sent certes une inflexion entre les discours de 1830, au moment de la conquête de l'Algérie, et ceux du centenaire, soucieux de mettre en avant la "mission civilisatrice" de la France, la première partie démarre lentement : les textes s'insérant dans des tableaux somme toute assez convenus. C'est donc la musique qui vient réveiller la mise en scène, les airs d'opérette rendant leur côté corrosif à des textes qui risqueraient autrement de glisser, sur la longueur, dans la banalité d'un lointain historique.

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Le spectacle se joue jusqu'au 28 mars à la Grande Halle de la Villette. Il est mis en scène par Dominique Lurcel, ancien professeur  de lettres au  Lycée Autogéré de Paris qui a par ailleurs fait ses premières armes au théâtre avec Armand Gatti.

Avec Amélie Amphoux, Céline Bothorel, Philippe Catoire, Samuel Churin, Mathieu Desfemmes, Sylvie Laporte, Guillaume Ledun, Magali Montoya, Françoise Thyrion, Guillaume van't Hoff.

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