21.05.2008
Le 11 juin, un oeil original sur Marie-Antoinette
Si vous êtes un visiteur régulier, cela ne vous aura pas échappé, il y a une sorte de feuilleton Marie-Antoinette sur Vialation : on suit l'évolution de son image, les tribulations de ses fans. Il semble donc naturel de passer à la 3D au bout d'un moment. L'exposition Marie-Antoinette prend fin bientôt, c'est l'occasion rêvée : je vous en propose une visite guidée, en partenariat avec la Librairie Buridan, le 11 juin à 18h30.
Des pamphlets de la Révolution à la sainte de vitrail de la Restauration, le troisième acte s'est joué sur grand écran : Marie-Antoinette est devenue une superstar en 1955. C'était l'année de la grande exposition rétrospective du Château de Versailles mais aussi, et surtout, celle de la sortie du film guimauve et éponyme de Jean Delannoy qui nous a offert ce dialogue d'anthologie entre Marie-Antoinette et un ancien combattant :
"- Vous êtes le fils du fameux colonel !
- Son petit-fils, Madame.
- Bien sûr, le héros de Fontenoy, 1745.
- C'est à Lawfeld, Madame, que mon grand-père...
- ...eut une jambe emportée.
- Les deux, Madame !
- J'espère. J'en parlerai au toi."
22:55 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Marie-Antoinette, Grand Palais, Librairie Buridan, Visite guidée
16.05.2008
Une exposition bien élevée
2008 ne correspond à aucun anniversaire mais on a l'exposition Marie-Antoinette, 2008 ne correspond à aucun anniversaire mais on a les expos Marie d'Orléans, une des fifilles de Louis-Philippe.
Pour ceux qui seraient vraiment allergiques à l'anniversaire de mai 68, Marie d'Orléans est l'antidote. Parce que Marie d'Orléans, elle est princesse, mais c'est une sacrée rebelle. Les esprits courtisans auraient dit que Marie d'Orléans faisait du Ingres, à sa manière, c'est-à-dire à la manière d'une princesse qui n'a jamais eu le droit de travailler d'après le nu.
Mais ça ne la dérange pas, Marie, de ne pas travailler d'après des nus parce que Marie préfère les anges. Elle sculpte des anges vengeurs qui vous paraissent tout droit sortis du couvent des oiseaux, ou bien elle imite les sculpteurs officiels de papa, elle sculpte un ange déchu à la Marochetti, elle sculpte une Jeanne d'Arc pour le musée de Versailles.
Marie, c'est une gentille fille qui fait tout bien comme il faut. Alors elle fait l'artiste romantique comme il faut : elle aime le Moyen-Age, elle est brune et mélancolique et elle meurt jeune. Marie, elle inspire des poèmes à Alfred de Vigny :
Mais quand la noble enfant d'une race royale
Fuyant des lourds palais l'antique oisiveté
S'en va dans l'atelier chercher la vérité
Et là, créant en rêve une forme idéale
Entre'ouvre un marbre pur de sa main virginale
pour en faire sortir la vie et la beauté
Le professeur de Marie, c'est Ary Scheffer, ancien légitimiste. Quand on voit à quoi il a consacré son temps avec Marie, on comprend mieux que Félicie de Fauveau lui ait reproché de se renier, ça n'était pas qu'une question de politique.
Si vous avez survécu à la mini exposition du Louvre, vous pourrez tenter, jusqu'au 21 juillet, celle du musée Condé de Chantilly : "Marie d'Orléans, princesse et artiste romantique". Après un tel traitement, il est probable que vous vous sentirez vivre chez Amélie :
22:35 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Marie d'Orléans, Fatals Picards
26.03.2008
Carlo Marochetti, l'esprit de la gentry
19:10 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Carlo Marochetti, Louis-Philippe, sculpteurs et politique
25.03.2008
Le baron François-Joseph Bosio, sculpteur officiel
00:00 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bosio, sculpteurs et politique, Restauration, Louis XVI, Henri IV
24.03.2008
Félicie de Fauveau, l'exaltée de la Restauration
Ne serait le costume, ce pourrait être le portrait d'un jeune homme, un dandy un peu fou, l'air bravache. Or, c'est bien le portrait d'une femme qu'a peint Ary Scheffer : Félicie de Fauveau en amazone ; une ambiguïté d'emblée séduisante.
Félicie est florentine, du moins, elle est née à Florence en 1799, de parents bretons. Elle y reste peu, son père est ruiné, c'est le retour en France.
Félicie a déjà du caractère, elle ne se laisse rien imposer si bien qu'elle est successivement renvoyée de toutes les pensions où elle est inscrite.
Elle est entière, mais comme Emma Bovary, sa tête est pleine de Moyen Age et de romans de Walter Scott.
Portrait par Ary Scheffer, Musée du Louvre
Quand Félicie arrive en France, c'est la Restauration. Elle découvre la cour avec sa mère, dans les années 1820. Elle perçoit, chez la duchesse de Berry, un goût de l'aventure analogue au sien. On la remarque, on ne peut pas la manquer. C'est décidé, elle sera artiste, elle veut sculpter. Elle entraîne dans sa nouvelle passion le jeune peintre Delaroche qui s'y consacrera un temps.
En 1830, elle maudit l'usurpateur d'Orléans, elle ne peut nier cependant qu'elle lui doit tout ; sans lui, pas de véritable début de l'aventure. Délaissant le ciseau, elle prend le maquis et s'enfonce en Vendée où elle rejoint la comtesse de La Rochejaquelein. On dit qu'un jeune républicain, à qui elle avait tourné la tête, la suivit dans sa folle escapade. Il espérait ainsi la convaincre de l'épouser. Mais pas question de se marier pour Félicie, plutôt mourir. Et puis, à quoi bon ce jeune gringalet quand Madame de la Rochejaquelein est si proche. Ensemble, costumées en hommes, elles passent les nuits à la belle étoile, se blottissent l'une contre l'autre pour se cacher dans un four, elles se donnent le frisson et sont finalement prises. Félicie en sera bonne pour sept mois de prison. Faute de mieux, elle retourne à la sculpture mais ne renonce pas, elle ne renonce jamais et fulmine contre Delaroche et Ary Scheffer qui se sont ralliés à l'usurpateur. Elle n'est pas, elle, de ces artistes opportunistes.
A peine sortie, elle repart sur les routes pour rejoindre la duchesse de Berry dans le bocage vendéen.
Dague par Félicie de Fauveau, Musée du Louvre
La récidive lui coûte cher au moment de l'échec : pour échapper à la police de Louis-Philippe, elle doit passer en Belgique avant de retrouver Florence.
Faute d'insurrection, c'est par la sculpture qu'elle exprime sa rage. Elle aime présenter le groupe qu'elle vient d'achever, Judith montrant au peuple la tête d'Holopherne, comme une allégorie de la duchesse de Berry et de Louis-Philippe.
Quand elle meurt à Florence à quatre-vingt-sept ans, Félicie a été une artiste dilettante mais elle est restée fidèle à elle-même. Dans ce siècle romanesque, elle s'est donnée la peine d'être une véritable héroïne.
Félicie nous servira de point de départ pour un parcours autour des sculpteurs et de la politique au XIXème siècle.
10:05 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Félicie de Fauveau, sculpteurs et politique
10.03.2008
Bilan orange
Comme le suggérait Christian Horn, on pourrait la faire en happening cette deuxième semaine de campagne qui n'existera pas sans cela. Pierre Aidenbaum a été réélu au premier tour et la liste PS obtient ainsi douze conseillers sur treize sièges.
On pourrait continuer à promouvoir Raphaële Bidault-Waddington à la sortie des bouches de métro, à distribuer des tracts au marché des Enfants Rouges _ au moins on serait seuls pour une fois _ et les habitants du 3ème pourraient admirer une magnifique liste de fêlés. L'enjeu était moindre, le Modem nous a laissé une grande marge de manoeuvres. Et c'est pour cela, sans doute, que j'en tire un bilan positif : pas de militantisme bête et méchant, pas de renoncement à l'esprit critique, une coopération constructive entre tous malgré des caractères parfois opposés. En bref, un véritable esprit de troupe dont la troupe de Clio Artiste pourrait s'inspirer.
Certes, cette réussite aura demandé un peu de fermeté au départ et aura conduit à une scission avec le "canal historique" : cinq à six militants qui, dans la mouvance de Quitterie Delmas, ne cessent de ruminer le couplet du manque de démocratie interne. Leur ancienneté, pensaient-ils, devait leur permettre d'avoir un mot déterminant à dire sur le choix de la tête de liste. Je préfère de loin l'efficacité à cette pseudo "démocratie interne". Et quoique le résultat fût peu payant en raison du vote prévisible et massif en faveur de la liste PS, efficacité il y eut puisque le Modem a réalisé dans le 3ème, avec 9,3% des suffrages, l'un des meilleurs scores de Paris. Il talonne ainsi les Verts, à 10,3% ; un effondrement après leurs 22% des précédentes municipales.
Par conséquent, tout cela est plutôt encourageant pour ce Modem Art Spirit dont les fantaisies faisaient sourire les vieux loups de la politique. La politique autrement a ses adeptes, c'est confirmé.
Il était temps, cependant, que la campagne s'arrête : le conformisme guettait. C'est en tout cas ce que l'on peut en déduire quand la tête de liste ne peut plus parler sans commencer ses phrases par : "Parce que dans son projet, Marielle de Sarnez..."
14:40 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Modem, Raphaële Bidault-Waddington, Paris 3, municipales
20.02.2008
Modem Art Spirit
Votre principal trait de caractère : la vivacité.
Votre qualité préférée chez un homme : l’audace, la sensibilité, l’esprit.
Votre qualité préférée chez une femme : l’intelligence, la volonté, l’originalité.
Votre principal défaut : l’insolence.
Votre principale qualité : la vision (produire de la vision).
Votre occupation préférée : créer, imaginer des solutions aux problèmes complexes du monde contemporain et les réaliser.
Votre rêve de bonheur : le bonheur n’est pas un rêve, il consiste à construire sa propre histoire avec liberté, intelligence et fantaisie, quelque soit son origine ou ses moyens.
Ce qui serait votre plus grand malheur : perdre la vue.
Ce que vous voudriez être : Raphaële Bidault-Waddington.(!)
Votre cinéaste favori : David Lynch.
Votre héros de fiction favori : Arsène Lupin.
Votre auteur favori : Camille de Toledo.
Votre chanteur favori : Philippe Katerine.
Le don que vous aimeriez avoir : chanter et composer la musique.
Comment aimeriez-vous mourir ? Sans m’en apercevoir.
Les fautes qui vous inspirent le plus d’indulgence : l’exubérance, dépasser les limites autorisées.
Votre devise : liberté, sincérité, festivité.
Votre journal préféré : Le Monde.
00:45 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Modem, Tuileries, Raphaële Bidault-Waddington
18.10.2007
Les pépés flingueurs
Eh oui, ils ont encore frappé, l'opération "Arcimboldo" est une réussite. C'est toujours une communication bien rodée qui attire nombre de victimes dans le guet-apens.
Le rabatteur aux allures de vigile vous tient, dès l'entrée, un discours équivoque :
"Quand ça me titille, je vais me mettre dans un coin"
Le passage à la caisse en devient moins douloureux.
Mais vous êtes immédiatement pris en main par l'équipe "audioguide" :
- Prenez un audioguide !
- Non, merci.
- Mais il n'y a quasiment pas d'explications à l'intérieur.
- Et vous trouvez ça normal ? Pour onze euros d'entrée ajouter quatre euros cinquante d'audioguide ?
- Allez les enfants, prenez au moins un audioguide pour quatre, sinon vous ne comprendrez rien.
- Vraiment non, nous ne sommes pas complètement stupides non plus, Arcimboldo, on situe.
Au milieu de la foule, on cherche désespérément les oeuvres qui doivent en faire l'exposition du siècle. On n'y voit rien d'autre qu'une mauvaise visite du Kunsthistorisches de Vienne, la muséographie et la recherche scientifique en moins.
La BNF s'est dévouée, prêtant quelques livres pour boucher les trous de salles pourtant loin d'être gigantesques.
Reste le public des maisons de retraite du XVIè arrondissement pour se divertir :
"Elle a un petit mouvement de la bouche qui est très mignon" peut-on entendre devant le portrait d'une archiduchesse prognathe.
Exposition Arcimboldo
Musée du Luxembourg
Jusqu'au 13 janvier 2008
11 euros l'entrée (9 euros tarif réduit)
4, 50 euros l'audioguide.
21:30 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Arcimboldo, arnaque, sénat
26.06.2007
Les Tuileries en intraveineuse
Les conservateurs sont conservés dans le formol. En réformant l'Université, il est probable que l'on se gardera de réformer son enseignement de l'histoire de l'art, filière qu'elle conserve certainement au nom de l'art pour l'art. Les étudiants les plus téméraires surnageront en obtenant une équivalence pour l'Ecole du Louvre. On s'y occupera de les gaver convenablement sans trop user leurs neurones. A la fin, les plus motivés régurgiteront brillamment au concours ; devenant conservateurs de musée, ils feront bientôt partie de ses collections. Quelle est la place d'un bon régurgiteur au sein d'un Disneyland à la sauce quai Branly ? Dans ce joli flacon, un sauvage encore meilleur que Rousseau ne l'aurait rêvé.
22:50 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, quai Branly
20.06.2007
Réjouissance edlienne
"Bienvenue à toutes les impostures intellectuelles", voilà bien la maxime qui mériterait d'orner le fronton de l'Ecole du Louvre, vénérable institution ne se remettant pas de ne pouvoir revendiquer la qualité de grande école.
Il faudrait pour cela revoir sa copie et éviter de se contenter d'accueillir les faiseurs dont la seule gloire est d'accumuler les titres ronflants délivrés complaisamment par leurs amis hauts-placés.
A la rentrée 2007, l'Ecole du Louvre ouvrira donc à nouveau ses portes à Dominique Païni. Celui-ci y avait déjà sévi avant de prendre la direction de la fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence. Au bout de huit mois, l'expérience prenait fin, Païni estimant ne pas avoir "le profil dont a besoin la fondation". En fait, il semble que les tensions se faisaient de plus en plus vives entre Dominique Païni et la famille Maeght. Auraient-ils découvert ce qui se cachait sous le vernis ?
23:05 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecole du Louvre

















