21.05.2008

Le 11 juin, un oeil original sur Marie-Antoinette

Si vous êtes un visiteur régulier, cela ne vous aura pas échappé, il y a une sorte de feuilleton Marie-Antoinette sur Vialation : on suit l'évolution de son image, les tribulations de ses fans. Il semble donc naturel de passer à la 3D au bout d'un moment. L'exposition Marie-Antoinette prend fin bientôt, c'est l'occasion rêvée : je vous en propose une visite guidée, en partenariat avec la Librairie Buridan, le 11 juin à 18h30.

Des pamphlets de la Révolution à la sainte de vitrail de la Restauration, le troisième acte s'est joué sur grand écran : Marie-Antoinette est devenue une superstar en 1955. C'était l'année de la grande exposition rétrospective du Château de Versailles mais aussi, et surtout, celle de la sortie du film guimauve et éponyme de Jean Delannoy qui nous a offert ce dialogue d'anthologie entre Marie-Antoinette et un ancien combattant : 

"- Vous êtes le fils du fameux colonel !

- Son petit-fils, Madame.

- Bien sûr, le héros de Fontenoy, 1745.

- C'est à Lawfeld, Madame, que mon grand-père...

- ...eut une jambe emportée.

- Les deux, Madame ! 

- J'espère. J'en parlerai au toi." 

 

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Delannoy eut donc ses adeptes jusqu'à ce que la nouvelle génération succombe avec le tout aussi sirupeux mais plus japonisant Lady Oscar, manga adapté en dessin animé dans les années 70. Il inspira à Jacques Demy un film qui semble une parodie de sa propre filmographie. 
 
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Il va de soi que ces deux précédentes générations regardent d'un oeil narquois les adolescentes subjuguées par le film de Sofia Coppola qui souhaiteraient joindre leur cénacle. 
 
Bref, tout cela valait bien une nouvelle exposition et celle du Grand Palais semble leur être dédiée. On y trouve certes des oeuvres de qualité, une belle scénographie signée Carsen, mais un programme scientifique digne du musée du Luxembourg. L'objectif sera donc de combler ces lacunes historiques en s'appuyant sur les dernières recherches et ce, sans renoncer complètement à l'impertinence de ton de Vialation. 
 
Pour nous retrouver le 11 juin, les réservations sont à prendre auprès de Buridan :  ecrire@buridan.fr ou 01 46 33 74 95 ou bien encore par Billetreduc.
 

16.05.2008

Une exposition bien élevée

2008 ne correspond à aucun anniversaire mais on a l'exposition Marie-Antoinette, 2008 ne correspond à aucun anniversaire mais on a les expos Marie d'Orléans, une des fifilles de Louis-Philippe. 

Pour ceux qui seraient vraiment allergiques à l'anniversaire de mai 68, Marie d'Orléans est l'antidote. Parce que Marie d'Orléans, elle est princesse, mais c'est une sacrée rebelle. Les esprits courtisans auraient dit que Marie d'Orléans faisait du Ingres, à sa manière, c'est-à-dire à la manière d'une princesse qui n'a jamais eu le droit de travailler d'après le nu.

Mais ça ne la dérange pas, Marie, de ne pas travailler d'après des nus parce que Marie préfère les anges. Elle sculpte des anges vengeurs qui vous paraissent tout droit sortis du couvent des oiseaux, ou bien elle imite les sculpteurs officiels de papa, elle sculpte un ange déchu à la Marochetti, elle sculpte une Jeanne d'Arc pour le musée de Versailles. 

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Marie, c'est une gentille fille qui fait tout bien comme il faut. Alors elle fait l'artiste romantique comme il faut : elle aime le Moyen-Age, elle est brune et mélancolique et elle meurt jeune. Marie, elle inspire des poèmes à Alfred de Vigny : 

 Mais quand la noble enfant d'une race royale
Fuyant des lourds palais l'antique oisiveté
S'en va dans l'atelier chercher la vérité
Et là, créant en rêve une forme idéale
Entre'ouvre un marbre pur de sa main virginale
pour en faire sortir la vie et la beauté


Le professeur de Marie, c'est Ary Scheffer, ancien légitimiste. Quand on voit à quoi il a consacré son temps avec Marie, on comprend mieux que Félicie de Fauveau lui ait reproché de se renier, ça n'était pas qu'une question de politique. 

Si vous avez survécu à la mini exposition du Louvre, vous pourrez tenter, jusqu'au 21 juillet, celle du musée Condé de Chantilly : "Marie d'Orléans, princesse et artiste romantique". Après un tel traitement, il est probable que vous vous sentirez vivre chez Amélie : 

 

 

26.03.2008

Carlo Marochetti, l'esprit de la gentry

En tant que professeur aux beaux-arts, Bosio a formé toute une génération de sculpteurs. Certains auront été plus attentifs que d'autres et parmi ceux-là, on peut compter Carlo Marochetti car si Bosio avait été le sculpteur officiel de la Restauration, Marochetti serait celui de la Monarchie de Juillet. Il a tout retenu du maître, jusques et y compris, l'art de coller au train des familles royales.
 
Marochetti naît à Turin en 1805 alors que la ville est sous administration française. Le début de son histoire nous rappellera Félicie de Fauveau : un père, Vincenzo, haut fonctionnaire, un déménagement précoce à Paris. Il y a cependant une différence de taille : alors que le père de Félicie était ruiné et qu'il ne lui restait que l'ultraroyalisme pour affirmer son statut social, ce n'est pas le cas du père de Carlo qui, dans le même but, préfère la pierre et se porte acquéreur d'un château du XVIème siècle à Vaux-sur-Seine dont il deviendra maire. De là, sans doute, un esprit très gentry qui marquera les Marochetti. En effet, Vincenzo, en manifestant ce besoin de se créer des racines, s'inscrit tout à fait dans les préoccupations de l'élite financière de la Chaussée-d'Antin, ce qui contribuera à faire de son fils un parfait représentant de la Monarchie de Juillet. 
 
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Le maître-autel de l'église de la Madeleine par Marochetti, une nette influence de Bosio.
 
 
Carlo Marochetti suit donc les cours de Bosio avant, comme lui, de retourner étudier en Italie. Sa carrière démarre lentement, sans rêver d'aventures, il est tout de même, à l'instar de Félicie, un peu sujet au dilettantisme mais tout change lorsque sa Jeune fille jouant avec un chien remporte une médaille en 1829. C'est le succès en France, en 1831, avec son Ange rebelle. Les mondanités auxquelles se livrent ses parents l'aident sans doute un peu et très vite, les Marochetti entrent dans l'intimité des Orléans ; comme Félicie avec la comtesse de la Rochejaquelein, le degré d'intimité reste peut-être encore à déterminer. Le fait est qu'après avoir travaillé à l'autel de l'église de la Madeleine, à l'Arc de Triomphe (la bataille de Jemmapes dans laquelle s'était illustrée Louis-Philippe) et aux bustes de la famille royale, en 1848, Carlo délaisse le château familial pour suivre les Orléans en exil au Royaume-Uni. Il semble toutefois que ce soit moins la loyauté que son échec aux élections législatives de 1848 qui poussa Marochetti au départ. Il écrivait alors en substance qu'il considérait la république comme le seul régime désormais possible pour la France. 
 
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Le Richard Coeur de Lion de Westminster par Marochetti.
 
 
Quoique décoré de la légion d'honneur, sa carrière française ne s'égalait pas encore au prestigieux palmarès de Bosio, il allait rapidement se rattraper à l'étranger. En effet, Marochetti entre alors au service de la reine Victoria. On lui doit entre autres une statue de Richard Coeur de Lion toujours visible devant le Palais de Westminster. C'est toutefois en Italie qu'il reçoit la consécration avec sa statue équestre d'Emmanuel Philibert de Savoie. On ne sait si Marochetti était véritablement enthousiasmé par le Risorgimento mais son oeuvre n'en passa pas moins pour un acte de patriotisme et lui valut, comme autrefois Bosio, le titre de baron. Voilà qui aurait plu à papa. Par la suite, il continua à travailler à l'étranger, laissant des témoignages jusque dans la lointaine Ecosse avec sa statue équestre du duc de Wellington à Glasgow. Il avait besoin d'être au centre de l'attention, aimait être une curiosoté et s'était plaint, en Italie, de l'affluence d'artistes qui ne pouvait que lui faire de l'ombre. Plus rien ne l'arrêtait et s'il n'avait pas été aussi demandé, qui sait s'il n'aurait pas continué son ascension vers le Nord jusqu'à la Suède des Bernadotte. 
 
 
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Monument à Emmanuel-Philibert de Savoie par Marochetti, Turin.
 
 
Ce qui marque cependant chez Marochetti, c'est que, singulièrement pour un artiste, il paraît moins soucieux de s'accomplir par son oeuvre que de fonder une dynastie, d'apparaître comme l'Ancêtre, peut-être faut-il y voir l'influence de son père. 
 
La tradition sera en tout cas entretenue par son fils, Maurizio qui, quoique diplomate, fut lui-même sculpteur et conserva pieusement l'atelier de son père. 
 
Au fil du temps, les Marochetti s'affirmeront en tant que châtelains de Vaux dont l'homonymie avec Vaux-le-Vicomte ne pouvait qu'être flatteuse. 

25.03.2008

Le baron François-Joseph Bosio, sculpteur officiel

Bosio n'a pas eu à se demander longtemps ce qu'il ferait de sa vie. Issu d'une famille d'artistes monégasques, la sculpture s'imposa puisque son frère aîné avait déjà pris la peinture. C'est très tôt également qu'il acquit toutes les qualités de l'artiste officiel ; remarqué par les Grimaldi, il leur doit ses débuts. Emmené à Paris par Honoré III en 1786, il devient l'élève de Pajou, sans grand succès semble-t-il.
 
Avec les débuts de la Révolution, Bosio pense prudemment qu'il est grand temps d'aller faire un tour en Italie. Plus que jamais, comprend-il, il est urgent de n'avoir aucune opinion. En attendant le retour au calme, il étudie l'antique et croise probablement Canova. On commence à faire son éloge et, à Paris, on reparle sérieusement du projet du Louvre. Bref, les conditions sont réunies pour réapparaître opportunément. Et en effet, sa réputation n'a pas échappé à Vivant-Denon qui le propulse sculpteur officiel de la famille impériale.
 
 
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Louis XVI par Bosio, chapelle expiatoire
 
Après s'être fait la main sur les Bonaparte, il eût été dommage de gâcher ce savoir-faire : au Salon de 1814, Bosio expose un buste de Louis XVIII. Un rallié de la première Restauration, voilà qui méritait reconnaissance : les Bourbons effacent les abeilles mais gardent le sculpteur. Il leur devra beaucoup : des commandes officielles (notamment le Louis XVI du grand chantier de la chapelle expiatoire), un fauteuil à l'Institut, un poste de professeur aux beaux-arts, le titre de premier sculpteur du roi, l'ordre de Saint-Michel, la légion d'honneur, le titre de baron. Quand vient 1830, il ne reste plus rien à raffler et, quoique plus discret, il n'est pas pour autant totalement oublié et reçoit encore quelques commandes de la nouvelle administration. 
 
Nul ne sait s'il aurait réitéré l'exploit en 1848 puisqu'il est mort en 1845. On peut penser, du moins, qu'il aurait tenté de relever le défi.  
 
Son plus grand succès, quoique un peu oublié aujourd'hui, est sans conteste son Henri IV enfant qu'il réalise pour la ville de Pau. On n'en compte plus les reproductions en diverses matières et Louis XVIII en commanda une pour sa chambre. Aujourd'hui, outre celui du Louvre en argent, des reproductions se trouvent à l'hôtel de ville de Pau ou dans le bureau du proviseur du lycée Henri-IV. 
 
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 Henri IV enfant par Bosio, exemplaire en bronze
 
 

24.03.2008

Félicie de Fauveau, l'exaltée de la Restauration

Ne serait le costume, ce pourrait être le portrait d'un jeune homme, un dandy un peu fou, l'air bravache. Or, c'est bien le portrait d'une femme qu'a peint Ary Scheffer : Félicie de Fauveau en amazone ; une ambiguïté d'emblée séduisante.

Félicie est florentine, du moins, elle est née à Florence en 1799, de parents bretons. Elle y reste peu, son père est ruiné, c'est le retour en France.

Félicie a déjà du caractère, elle ne se laisse rien imposer si bien qu'elle est successivement renvoyée de toutes les pensions où elle est inscrite. 

Elle est entière, mais comme Emma Bovary, sa tête est pleine de Moyen Age et de romans de Walter Scott. 

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 Portrait par Ary Scheffer, Musée du Louvre

 

Quand Félicie arrive en France, c'est la Restauration. Elle découvre la cour avec sa mère, dans les années 1820. Elle perçoit, chez la duchesse de Berry, un goût de l'aventure analogue au sien. On la remarque, on ne peut pas la manquer. C'est décidé, elle sera artiste, elle veut sculpter. Elle entraîne dans sa nouvelle passion le jeune peintre Delaroche qui s'y consacrera un temps.

En 1830, elle maudit l'usurpateur d'Orléans, elle ne peut nier cependant qu'elle lui doit tout ; sans lui, pas de véritable début de l'aventure. Délaissant le ciseau, elle prend le maquis et s'enfonce en Vendée où elle rejoint la comtesse de La Rochejaquelein. On dit qu'un jeune républicain, à qui elle avait tourné la tête, la suivit dans sa folle escapade. Il espérait ainsi la convaincre de l'épouser. Mais pas question de se marier pour Félicie, plutôt mourir. Et puis, à quoi bon ce jeune gringalet quand Madame de la Rochejaquelein est si proche. Ensemble, costumées en hommes, elles passent les nuits à la belle étoile, se blottissent l'une contre l'autre pour se cacher dans un four, elles se donnent le frisson et sont finalement prises. Félicie en sera bonne pour sept mois de prison. Faute de mieux, elle retourne à la sculpture mais ne renonce pas, elle ne renonce jamais et fulmine contre Delaroche et Ary Scheffer qui se sont ralliés à l'usurpateur. Elle n'est pas, elle, de ces artistes opportunistes. 

A peine sortie, elle repart sur les routes pour rejoindre la duchesse de Berry dans le bocage vendéen.

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 Dague par Félicie de Fauveau, Musée du Louvre

 

La récidive lui coûte cher au moment de l'échec : pour échapper à la police de Louis-Philippe, elle doit passer en Belgique avant de retrouver Florence.  

Faute d'insurrection, c'est par la sculpture qu'elle exprime sa rage. Elle aime présenter le groupe qu'elle vient d'achever, Judith montrant au peuple la tête d'Holopherne, comme une allégorie de la duchesse de Berry et de Louis-Philippe. 

Quand elle meurt à Florence à quatre-vingt-sept ans, Félicie a été une artiste dilettante mais elle est restée fidèle à elle-même. Dans ce siècle romanesque, elle s'est donnée la peine d'être une véritable héroïne.

Félicie nous servira de point de départ pour un parcours autour des sculpteurs et de la politique au XIXème siècle.  

10.03.2008

Bilan orange

Comme le suggérait Christian Horn, on pourrait la faire en happening cette deuxième semaine de campagne qui n'existera pas sans cela. Pierre Aidenbaum a été réélu au premier tour et la liste PS obtient ainsi douze conseillers sur treize sièges.

On pourrait continuer à promouvoir Raphaële Bidault-Waddington à la sortie des bouches de métro, à distribuer des tracts au marché des Enfants Rouges _ au moins on serait seuls pour une fois _ et les habitants du 3ème pourraient admirer une magnifique liste de fêlés. L'enjeu était moindre, le Modem nous a laissé une grande marge de manoeuvres. Et c'est pour cela, sans doute, que j'en tire un bilan positif : pas de militantisme bête et méchant, pas de renoncement à l'esprit critique, une coopération constructive entre tous malgré des caractères parfois opposés. En bref, un véritable esprit de troupe dont la troupe de Clio Artiste pourrait s'inspirer. 

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Certes, cette réussite aura demandé un peu de fermeté au départ et aura conduit à une scission avec le "canal historique" : cinq à six militants qui, dans la mouvance de Quitterie Delmas, ne cessent de ruminer le couplet du manque de démocratie interne. Leur ancienneté, pensaient-ils, devait leur permettre d'avoir un mot déterminant à dire sur le choix de la tête de liste. Je préfère de loin l'efficacité à cette pseudo "démocratie interne". Et quoique le résultat fût peu payant en raison du vote prévisible et massif en faveur de la liste PS, efficacité il y eut puisque le Modem a réalisé dans le 3ème, avec 9,3% des suffrages, l'un des meilleurs scores de Paris. Il talonne ainsi les Verts, à 10,3% ; un effondrement après leurs 22% des précédentes municipales.

Par conséquent, tout cela est plutôt encourageant pour ce Modem Art Spirit dont les fantaisies faisaient sourire les vieux loups de la politique. La politique autrement a ses adeptes, c'est confirmé. 

Il était temps, cependant, que la campagne s'arrête : le conformisme guettait. C'est en tout cas ce que l'on peut en déduire quand la tête de liste ne peut plus parler sans commencer ses phrases par : "Parce que dans son projet, Marielle de Sarnez..." 

20.02.2008

Modem Art Spirit

C'est bien connu, j'adore les gens qui se font virer des Tuileries pour finir place de la Concorde : le Modem a décidément tout pour me séduire. Rien de tel en effet qu'une marche orange dans la froidure vivifiante de février pour vous remettre en forme. En ce 16 février, le point de ralliement était l'orangerie des Tuileries, naturellement.
 
Oui, mais depuis quelques mois le jardin des Tuileries est du ressort de l'administration du Louvre. Par conséquent, tout rassemblement dans les Tuileries équivaut à une manifestation devant la Joconde et le service de sécurité du Louvre, quoique arborant un magnifique brassard orange fluorescent, ne semblait pas vouloir participer à la fête. Alors que faire ? Peut-on vraiment expulser Marielle de Sarnez comme une malpropre ? Dans ce cas, une seule solution : aller chercher le chef... qui ne fut pas beaucoup plus avancé. Quelques photos et il est plus que temps d'évacuer par la Concorde. 
 

 
 
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Mais le Modem c'est aussi, et surtout, l'occasion de faire des rencontres. Question fraîcheur et nouvelles têtes, on est servi. On y gagne plus de spontanéité, on découvre de vraies personnalités qui ne se préoccupent pas d'être consensuelles mais qui sont néanmoins à l'écoute, des gens qui portent depuis longtemps en eux des idées singulières. A l'approche du premier tour, les propos se font plus mordants : "c'est le centre mou", "le Modem doit choisir son camp", "il a le cul entre deux chaises". Versons pour une fois dans la naïveté avec enthousiasme, derrière l'opportunisme voyons plutôt l'équilibre qui caractérise un grand nombre des membres du Modem, cet équilibre qui pousse la plupart d'entre eux à mener de front deux carrières, à être des créateurs protéiformes : entrepreneurs et artistes, à s'affranchir des conventions tout en ne reculant pas devant les responsabilités. 
 
La liste du 3ème arrondissement de Paris, les mauvaises langues la diront bobo (mais laquelle ne l'est pas en ce lieu ?), est ainsi à mi-chemin du collectif d'artistes et du think-tank. En ce sens, Raphaële Bidault-Waddington, qui la conduit, en est une formidable synthèse. A 36 ans, après avoir travaillé dans le monde de la finance, elle a décidé de se consacrer entièrement à son activité artistique. Elle s'est appuyée sur son expérience antérieure pour devenir artiste-conseil. En tant que tête de liste, elle assume tout à fait ce qu'elle nomme le "Modem Art Spirit".
 
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Pour mieux la connaître, son blog de campagne (http://modemparis3.blogspot.com/) et le questionnaire de Proust auquel elle s'est livrée pour Muniparis

Votre principal trait de caractère : la vivacité.

Votre qualité préférée chez un homme : l’audace, la sensibilité, l’esprit.

Votre qualité préférée chez une femme : l’intelligence, la volonté, l’originalité.

Votre principal défaut : l’insolence.

Votre principale qualité : la vision (produire de la vision).

Votre occupation préférée : créer, imaginer des solutions aux problèmes complexes du monde contemporain et les réaliser.

Votre rêve de bonheur : le bonheur n’est pas un rêve, il consiste à construire sa propre histoire avec liberté, intelligence et fantaisie, quelque soit son origine ou ses moyens.

Ce qui serait votre plus grand malheur : perdre la vue.

Ce que vous voudriez être : Raphaële Bidault-Waddington.(!)

Votre cinéaste favori : David Lynch.

Votre héros de fiction favori : Arsène Lupin.

Votre auteur favori : Camille de Toledo.

Votre chanteur favori : Philippe Katerine.

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Le don que vous aimeriez avoir : chanter et composer la musique.

Comment aimeriez-vous mourir ? Sans m’en apercevoir.

Les fautes qui vous inspirent le plus d’indulgence : l’exubérance, dépasser les limites autorisées.

Votre devise : liberté, sincérité, festivité.

Votre journal préféré : Le Monde.

18.10.2007

Les pépés flingueurs

Eh oui, ils ont encore frappé, l'opération "Arcimboldo" est une réussite. C'est toujours une communication bien rodée qui attire nombre de victimes dans le guet-apens.

Le rabatteur aux allures de vigile vous tient, dès l'entrée, un discours équivoque :

"Quand ça me titille, je vais me mettre dans un coin" 

Le passage à la caisse en devient moins douloureux. 

Mais vous êtes immédiatement pris en main par l'équipe "audioguide" :

- Prenez un audioguide ! 

- Non, merci.

- Mais il n'y a quasiment pas d'explications à l'intérieur. 

- Et vous trouvez ça normal ?  Pour onze euros d'entrée ajouter quatre euros cinquante d'audioguide ? 

- Allez les enfants, prenez au moins un audioguide pour quatre, sinon vous ne comprendrez rien.

- Vraiment non, nous ne sommes pas complètement stupides non plus, Arcimboldo, on situe.

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Au milieu de la foule, on cherche désespérément les oeuvres qui doivent en faire l'exposition du siècle. On n'y voit rien d'autre qu'une mauvaise visite du Kunsthistorisches de Vienne, la muséographie et la recherche scientifique en moins.

La BNF s'est dévouée, prêtant quelques livres pour boucher les trous de salles pourtant loin d'être gigantesques. 

Reste le public des maisons de retraite du XVIè arrondissement pour se divertir : 

"Elle a un petit mouvement de la bouche qui est très mignon" peut-on entendre devant le portrait d'une archiduchesse prognathe.

 

Exposition Arcimboldo

Musée du Luxembourg

Jusqu'au 13 janvier 2008

11 euros l'entrée (9 euros tarif réduit)

4, 50 euros l'audioguide.  

 

26.06.2007

Les Tuileries en intraveineuse

Le ministère de la culture est toujours plongé dans le coma. Tandis que file la dette, les experts de l'Académie du Second Empire se penchent sur lui pour lui injecter des fonctionnaires s'attelant à la reconstruction des Tuileries. On aimerait pouvoir y adjoindre les soins du docteur Vinci qui vient de sauver la Galerie des glaces. 
 
Les conservateurs sont conservés dans le formol. En réformant l'Université, il est probable que l'on se gardera de réformer son enseignement de l'histoire de l'art, filière qu'elle conserve certainement au nom de l'art pour l'art. Les étudiants les plus téméraires surnageront en obtenant une équivalence pour l'Ecole du Louvre. On s'y occupera de les gaver convenablement sans trop user leurs neurones. A la fin, les plus motivés régurgiteront brillamment au concours ; devenant conservateurs de musée, ils feront bientôt partie de ses collections. Quelle est la place d'un bon régurgiteur au sein d'un Disneyland à la sauce quai Branly ? Dans ce joli flacon, un sauvage encore meilleur que Rousseau ne l'aurait rêvé. 
 
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Le conservateur dépassé sera donc assisté de tuteurs, énarques bon teint qui s'y connaissent en matière de rendement. Les premiers crient au scandale artistique, les seconds leur reprochent de tout vouloir mettre sous une bulle de verre. Comme ces chamailleries incessantes risqueraient de retarder l'expédition des affaires courantes, on a confié le pouvoir aux seconds.
 
Entre deux notices nécrologiques et une visite des intermittents, ainsi s'écoulent les jours au ministère de la culture. 
 

20.06.2007

Réjouissance edlienne

"Bienvenue à toutes les impostures intellectuelles", voilà bien la maxime qui mériterait d'orner le fronton de l'Ecole du Louvre, vénérable institution ne se remettant pas de ne pouvoir revendiquer la qualité de grande école. 

Il faudrait pour cela revoir sa copie et éviter de se contenter d'accueillir les faiseurs dont la seule gloire est d'accumuler les titres ronflants délivrés complaisamment par leurs amis hauts-placés.  

A la rentrée 2007, l'Ecole du Louvre ouvrira donc à nouveau ses portes à Dominique Païni. Celui-ci y avait déjà sévi avant de prendre la direction de la fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence. Au bout de huit mois, l'expérience prenait fin, Païni estimant ne pas avoir "le profil dont a besoin la fondation". En fait, il semble que les tensions se faisaient de plus en plus vives entre Dominique Païni et la famille Maeght. Auraient-ils découvert ce qui se cachait sous le vernis ?

 

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Retour donc aux néologismes douteux et involontaires, aux "faits banaux" des films de Rossellini. Décrit comme un "chantre de la pluridisciplinarité", Dominique Païni est d'abord et avant tout le spécialiste du cliché littéraire plaqué sur un film. Il suffirait d'affirmer "qu'il faut être absolument moderne" pour expliquer tout Antonioni. Ajoutez deux ou trois galipettes du même genre, une dose de psychanalyse de comptoir et la lecture laborieuse d'un passage de Deleuze et vous obtiendrez un cours à faire se pâmer les auditeurs libres. Qu'en aurez-vous retenu ? Qu'un film d'Antonioni c'est une minute d'un film de Rossellini...
 
Prière, en fin d'année, d'apporter une réponse satisfaisante à la question cruciale : "Avez-vous aimé mon cours ?" 

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