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<title>Vialation - histoire</title>
<description>Tentative d'épuisement d'un lieu du web</description>
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<lastBuildDate>Tue, 15 Dec 2009 22:44:26 +0100</lastBuildDate>
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<title>1789-2009</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2009/06/29/1789-2009.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Mon, 29 Jun 2009 11:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;1789-2009, La Révolution en héritage&lt;/i&gt;, c'est le titre du hors-série du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; sorti le 18 juin dernier. On y trouve bien sûr la traditionnelle revue des grands événements de la Révolution mais aussi des entretiens non dénués d'intérêt et notamment avec Timothy Tackett. Historien américain, une petite controverse autour de son &lt;i&gt;Le Roi s'enfuit _ Varennes et l'origine de la Terreur,&lt;/i&gt; publié en 2004, a beaucoup contribué à sa renommée en France. En effet, Tackett estime que des signes avant-coureurs de la Terreur se trouvent dès l'été 1791 suite au départ du roi, et il réaffirme, contre Furet, que la Terreur est plus le fruit de circonstances exceptionnelles qu'un dommage collatéral des Lumières. Avant Tackett, il restait assez difficile de partager son point de vue sans être immédiatement renvoyé à la pensée marxiste et à la &lt;i&gt;reductio ab Stalinum.&lt;/i&gt; Lui-même, déçu des polémiques continuelles du bicentenaire, se réjouit que les choses semblent s'apaiser en France et qu'elles privilégient une recherche plus pragmatique. Il faut l'espérer.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Est-ce pour autant que les &quot;géants de l'histoire&quot; vont disparaître ? C'est ce que semble penser un Pierre Serna désabusé et qui succède à Jean-Clément Martin à la tête de l'Institut d'Histoire de la Révolution Française (IHRF). Evoquant ses illustres devanciers, tels Aulard, Mathiez ou Soboul, Serna explique qu'il est lucide et que son ambition est avant tout de &quot;refaire de l'IHRF un lieu de sociabilité&quot;. Pour cela, une grande réalisation : un repas réunissant collègues et étudiants le 21 janvier. On peut douter, en effet, que la seule perspective d'un repas annuel bien arrosé soit propre à faire rêver d'éventuels &quot;géants&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On lira également avec intérêt l'entretien accordé par Jean-Marc Ayrault, le maire de Nantes, qui nous affirme que la &quot;mémoire de la Révolution est pacifiée&quot; dans sa ville. A mon avis, pour pacifier quoi que ce soit, il faudrait probablement dépasser la mémoire et nous avons vu, ici et à plusieurs reprises, qu'on était loin de parvenir à ce résultat au musée d'histoire du château des ducs de Bretagne. La pacification, selon Jean-Marc Ayrault, se limiterait à un dosage minutieux des mémoires : on célèbre la naissance de la République mais on dépose une gerbe en l'honneur de Charette, on promeut les valeurs de la gauche mais on permet aux royalistes de se rassembler au pied de la statue de Louis XVI.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/01/1225181520.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/00/1225181520.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/00/1567336075.jpg&quot; id=&quot;media-374835&quot; alt=&quot;monde.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-374835&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais Jean-Marc Ayrault n'est pas le seul politique à s'exprimer. Depuis vingt ans, on ne se lasse pas de demander aux hommes politiques ce qu'ils pensent de la Révolution et c'est généralement sans grande surprise. On aurait bien aimé un François Bayrou mieux inspiré ou sinon, ce sont bientôt les dix-huitièmistes qui vont quitter le MoDem. Bref, qu'il instrumentalise la Révolution dans son opposition au sarkozysme, c'est compréhensible, c'est dans son rôle et, comme disait naïvement Henri Guaino : &quot;quand on utilise l'histoire en politique, on ne cherche pas la vérité.&quot; mais stigmatiser la monarchie tout en essayant de sauver le soldat Henri IV, ça finit par donner du grand n'importe quoi. Déjà, François, il a du mal avec Louis XV, on l'avait remarqué quand il en a perdu son latin sur France Culture, en voulant évoquer le Discours de la flagellation. Remarquez, ça arrive à des gens très bien et en plus, Henri IV, c'était pas tellement son truc à Louis XV. Mais dans &lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; ça donne des perles : &quot;La Révolution est programmée dans l'affirmation de l'absolutisme. Elle est la fille de l'abolition de l'Edit de Nantes. Elle s'écrit dans la vénalité des offices. Elle se lit, tant de décennies à l'avance, dans l'installation du roi et de sa cour à Versailles, c'est-à-dire loin du peuple. Elle est tout entière dans la dérive de Louis XV et elle devient imparable dans les hésitations de Louis XVI entre l'invention d'une monarchie à l'anglaise et la restauration d'une monarchie impérieuse.&quot; Un sursaut de lucidité tout de même : &quot;C'est un événement aux mille causes, dont le cours paraît impossible à détourner.&quot; Ouf, on sauve les meubles. François, un conseil tout de même : Henri IV, c'est bien, mais ça va être difficile de faire l'économie de ceux qui ont utilisé la ficelle auparavant, et ça comprend Louis XVI et la Restauration.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Allez, pour se remettre de ses émotions, on pourra finir en lisant l'entretien accordé par Jean-Fabien Spitz, une des stars de l'UFR de philo de Paris I, qui s'efforce avec assez de talent, de réconcilier les idées de liberté et d'égalité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>En passant par la Suisse</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2009/06/28/en-passant-par-la-suisse.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Sun, 28 Jun 2009 16:54:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui, oui, je sais. Non mais où qu'elle est partie Eurydice ? Ca s'agite pas beaucoup en ce moment ! Eh bien comme d'habitude, c'est la bougeotte des beaux jours et c'est la flemme du clavier.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Toujours est-il que je prévois néanmoins depuis un petit moment de vous parler de la Suisse. Pourquoi la Suisse ? Pourquoi pas ? Les raisons ne manquent pas en fait. D'une part, il y a &lt;i&gt;La Révolution française pour les nuls&lt;/i&gt; par Alain-Jacques Czouz-Tornare, un des derniers opus de la collection. Czouz-Tornare est notamment l'auteur d'une thèse remarquée sur &quot;Les troupes suisses capitulées et les relations franco-helvétiques à la fin du &lt;span style=&quot;font-variant: small-caps;&quot;&gt;xviii&lt;/span&gt;e siècle&quot; et l'&lt;a href=&quot;http://www.lematin.ch/actu/suisse/revolution-francaise-confiee-suisse-61863&quot;&gt;on nous a expliqué&lt;/a&gt; en son temps que c'est le fait d'être suisse qui lui avait valu de se voir confier le volume sur la Révolution. Il faudrait y voir un gage d'objectivité. Moui... en même temps, dans la mesure où tout son parcours universitaire s'est déroulé en France, on ne voit pas trop ce que ça change.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/00/876499496.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/01/1319326527.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/00/257793465.JPG&quot; id=&quot;media-374625&quot; alt=&quot;9782754008112R1.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-374625&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Remarquez, on nous avait déjà fait le coup il y a vingt ans avec Jean-François Balmer en Louis XVI. Depuis, il a enchaîné les rôles de grands personnages de l'histoire de France (Racine, Apollinaire, Sacha Guitry, Baudelaire, François Mitterrand, un Napoléon coupé au montage et, paraît-il, Georges Pompidou prochainement). Au final, alors que sort enfin le DVD de &lt;i&gt;La Révolution française&lt;/i&gt; par Robert Enrico et Richard Heffron, beaucoup ont oublié que Balmer est suisse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un traversée de la Suisse, c'est croiser bien souvent les campagnes de l'UDC, bien loin d'êtres moins virulentes depuis le scandale du mouton noir ; c'est allumer la radio et entendre parler des combats de reines du Valais, des combats de vaches en fait. Il s'agirait d'une tradition qui s'appuie sur la combativité naturelle des vaches de la race d'Hérens. A la radio toujours, un banquier vous explique que la fin du secret bancaire n'aura aucune incidence sur l'économie suisse puisque les gens auront toujours tout intérêt à placer leur argent dans un pays stable depuis 150 ans. En Suisse, les femmes n'ont eu le droit de vote qu'en 1971.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/01/1319326527.2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/01/1752204331.2.jpg&quot; id=&quot;media-374644&quot; alt=&quot;udc.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-374644&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais bien sûr, une simple traversée de la Suisse, c'est un peu court, alors si l'on connaît déjà par coeur l'oeuvre d'Albert Cohen, on peut aussi se plonger dans la lecture de Jean-Luc Benoziglio : &lt;i&gt;Le Feu au lac&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Louis Capet, suite et fin&lt;/i&gt; pour apprendre qu'une fondue peut être plus redoutable que toutes les révolutions du monde.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>A qui sert le sentimentalisme royal ?</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2009/04/10/a-qui-sert-le-sentimentalisme-royal.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Fri, 10 Apr 2009 15:18:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est toujours intéressant de regarder les thématiques de tête de gondole dans le rayon histoire des librairies. On aura eu la période Marie-Antoinette avec le film de Sofia Coppola, on aura eu la période Napoléon III, conditionnée par les envolées lyriques de Jacques Marseille dans les média, et on a maintenant la période guerres de Vendée autour de la parution au CERF d'un texte de Gracchus Babeuf :&amp;nbsp; &lt;i&gt;La guerre de Vendée et le système de dépopulation&lt;/i&gt;. Avec un avant-propos de Reynald Secher, historien médiocre dont la seule perspective est de faire reconnaître un &quot;mémoricide&quot; en ne reculant devant aucun raccourci tendancieux, on ne peut douter de la volonté de provocation. Dans le même temps, la découverte de &lt;a href=&quot;http://fr.news.yahoo.com/4/20090406/tts-france-vendee-charniers-ca02f96.html&quot;&gt;charniers de la période&lt;/a&gt; au Mans permet de relancer opportunément un projet de loi, déposé en 2007, pour une reconnaissance du &quot;génocide vendéen&quot;. S'il serait parfaitement stupide de nier la violence et l'horreur des affrontements de la période, violence d'ailleurs propre à chaque guerre civile, on peut cependant se demander à qui sert le nouveau battage autour de la question.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour cela, il faut peut-être souligner qu'il s'agit d'un phénomène se développant parallèlement à une exaltation du sentimentalisme royal sur le mode &quot;Monarchy is so sexy&quot;. Ainsi, le livre de Patrick Weber, &lt;i&gt;Vive les rois !,&lt;/i&gt; récemment paru chez Lattès, bénéficie d'une large couverture médiatique et se donne pour principe de montrer à quel point les monarchies sont super tendances et pas du tout réac. C'est un peu &lt;i&gt;Point de vue, images du monde&lt;/i&gt; avec plus de pages et moins de photos. S'il serait là encore ridicule de penser que la France n'eût pas pu devenir un pays moderne en étant une monarchie constitutionnelle (on peut toutefois douter que l'expérience ait pu durer très longtemps avec un Louis XVI qui n'aurait, de toute façon, jamais voulu céder beaucoup de son pouvoir), il est tout de même bon de revenir à l'histoire spécifique de la France pour expliquer dans quelle mesure il y a danger à amalgamer les deux phénomènes évoqués.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/02/1049548110.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/00/01/1049548110.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/00/1049548110.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/00/1049548110.2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/00/729383151.2.jpg&quot; id=&quot;media-342120&quot; alt=&quot;weber.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-342120&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En effet, alors que le sentimentalisme de midinette d'un Patrick Weber est totalement inoffensif et ne peut même plus se réclamer du royalisme, provocateur en son temps, d'un Thierry Ardisson, celui revendiqué par les Reynald Secher et consorts (quoiqu'il en dise, Jean-Christian Petitfils s'inscrit, par nombre de ses soutiens affichés, dans la même ligne) est bien plus inquiétant. Il nous suffira, pour le faire comprendre, de citer Gérard Noiriel (oui, j'avais prévenu que vous auriez aussi la phase Noiriel) :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Comme nous l'avons vu, au XIXe siècle, chaque fois que la monarchie (ou l'empire) a été rétablie, la question nationale a subi une éclipse. Au cours des premières décennies de la IIIe République, les notables conservateurs ont ainsi été complètement discrédités au Parlement, parce qu'ils ne savaient pas parler le langage de la souveraineté du peuple. Les arguments qu'ils mobilisaient pour défendre leurs intérêts, ou leur honneur, étaient devenus obsolètes. Boulanger avait raté son coup. La République s'était imposée. Aristocrates ou pas, il fallait s'adapter, sauf à disparaître complètement de la vie publique.&quot; Gérard Noiriel, &lt;i&gt;Immigration, antisémitisme et racisme en France,&lt;/i&gt; Hachette, Pluriel, 2009, p.235.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bref, avec la IIIe République, le nationalisme devient une composante importante du royalisme, tandis que la défense du catholicisme incite souvent les royalistes, dans la continuité d'un anti-judaïsme traditionnel, à devenir antisémites et anti-dreyfusards. Ce ne sont pas là des idées foncièrement attachées à une forme de régime politique mais bien plutôt des idées propres à l'évolution du royalisme en France. De fait, beaucoup se retrouveront aujourd'hui dans les rangs du MPF et du Front National. On comprend tout l'intérêt pour ces derniers de faire oublier cette composante en la noyant dans de jolies bluettes sur les charmes des monarchies européennes. On comprend également tout l'intérêt de récupérer l'image de Louis XVI afin d'en faire un roi profondément réformateur, révolutionnaire avant la lettre, en butte à d'immondes personnages se réclamant des Lumières pour mieux se cramponner, en réalité, à leurs privilèges. On comprend de la même manière tout l'intérêt que peut trouver un chef d'Etat en difficulté à laisser se répandre de telles légendes : l'omniprésidence est nécessaire à la réforme et gare à ceux qui en douteraient car la révolution guette qui n'a rien de désirable sinon les horreurs de la guerre civile...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En attendant, à Strasbourg, le droit de manifester se fait plus rare depuis l'OTAN et les étudiants qui ont voulu tenter l'affaire le 8 avril en ont été pour leurs frais. La préfecture aurait interdit la manifestation parce qu'elle n'avait été annoncée que la veille, ce qui n'avait pas semblé poser problème jusque-là.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x8x91p_strasbourg-0804-reponse-des-crs-a-l_news&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/strasbourgeois1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object height=&quot;381&quot; width=&quot;480&quot; data=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x8x91p_strasbourg-0804-reponse-des-crs-a-l_news&amp;amp;related=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x8x91p_strasbourg-0804-reponse-des-crs-a-l_news&amp;amp;related=1&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x8x91p_strasbourg-0804-reponse-des-crs-a-l_news&quot;&gt;Strasbourg 08.04 reponse des crs à la volonté de manifester!&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;i&gt;envoyé par &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/strasbourgeois1&quot;&gt;strasbourgeois1&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Folies coloniales. Algérie, années 30</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2009/03/26/folies-coloniales-algerie-annees-30.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Thu, 26 Mar 2009 10:00:35 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous nous demandions dernièrement, en lisant Gérard Noiriel, comment réconcilier les sciences sociales et le théâtre. &lt;i&gt;Folies coloniales. Algérie, années 30&lt;/i&gt; est une des réponses possibles. La forme est peut-être sans grande surprise mais elle a le mérite de se montrer efficace. Pas d'historien sur scène cette fois, mais une volonté de mettre en scène les archives. Le texte est en effet exclusivement composé de discours officiels, d'extraits de manuels scolaires, de paroles historiques, de compte-rendus de manifestations sportives, de poèmes de circonstance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La difficulté consiste toutefois à ne pas lasser par ce flot de paroles allant dans le même sens, il s'agit en effet de faire entendre le &quot;politiquement correct&quot; de l'époque. Si l'on sent certes une inflexion entre les discours de 1830, au moment de la conquête de l'Algérie, et ceux du centenaire, soucieux de mettre en avant la &quot;mission civilisatrice&quot; de la France, la première partie démarre lentement : les textes s'insérant dans des tableaux somme toute assez convenus. C'est donc la musique qui vient réveiller la mise en scène, les airs d'opérette rendant leur côté corrosif à des textes qui risqueraient autrement de glisser, sur la longueur, dans la banalité d'un lointain historique.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/00/1825355124.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/00/986509814.jpg&quot; id=&quot;media-335936&quot; alt=&quot;folies.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-335936&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le spectacle se joue jusqu'au 28 mars à la Grande Halle de la Villette. Il est mis en scène par Dominique Lurcel, ancien professeur&amp;nbsp; de lettres au&amp;nbsp; Lycée Autogéré de Paris qui a par ailleurs fait ses premières armes au théâtre avec Armand Gatti.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avec Amélie Amphoux, Céline Bothorel, Philippe Catoire, Samuel Churin, Mathieu Desfemmes, Sylvie Laporte, Guillaume Ledun, Magali Montoya, Françoise Thyrion, Guillaume van't Hoff.&lt;/p&gt; 
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<title>Histoire, théâtre, politique</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2009/03/23/histoire-theatre-politique.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Mon, 23 Mar 2009 19:44:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avec Gérard Noiriel, il ne faudrait jamais commencer parce qu'ensuite on ne peut plus s'arrêter, et ce n'est pas son dernier ouvrage qui va changer la donne : &lt;i&gt;Histoire, théâtre, politique&lt;/i&gt; est paru chez Agone il y a quelques jours.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Conçu comme la suite de &lt;i&gt;Les fils maudits de la République. L'avenir des intellectuels en France,&lt;/i&gt; ce dernier opus revient sur la manière dont, en France, le spectacle vivant et les sciences sociales se sont peu à peu autonomisés au point de devenir deux mondes parfaitement étrangers l'un à l'autre. Paradoxe : alors que Brecht est un des auteurs les plus appréciés du public français, on oublie le plus souvent que la célèbre Verfremdung (la distanciation) implique également une alliance étroite entre l'art et la science.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En analysant la situation française, Noiriel en vient à évaluer l'impact de la création du ministère de la Culture : du théâtre subventionné, c'est peu à peu l'aspect subversif du politique qui a été évacué au profit de la seule recherche esthétique. Sans condamner pour autant la recherche sur la forme, Noiriel regrette qu'elle occulte le fond. Il n'oublie pas pour autant les festivals &quot;off&quot; et évoque notamment le développement d'un théâtre identitaire encouragé par la gauche à partir des années 80. Toutefois, les seconds ne pouvant prétendre aux mêmes aides que les premiers (DRAC pour les uns/collectivités locales pour les autres), il en résulte une frustration, sans compter que le militantisme sur scène ne pourra avoir d'autres effets que de convaincre des convaincus.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/02/352265161.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/02/1259477928.jpg&quot; id=&quot;media-334886&quot; alt=&quot;noiriel.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-334886&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En définitive, alors que le spectacle vivant est la forme d'art la plus dynamique et la plus créative au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il s'est progressivement laissé enfermer dans la dépendance, supposée bienveillante, de l'Etat. Aujourd'hui, les acteurs du spectacle vivant ,dont le nombre n'a cessé de croître depuis Jack Lang, loin de réclamer leur liberté, en appellent au contraire au Président de la République. Nicolas Sarkozy en recevait d'ailleurs encore une délégation ce matin.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce résumé ne présente bien évidemment qu'une version très caricaturale de la pensée de Noiriel et je recommande donc vivement à tous ceux qui sont concernés ou simplement intéressés de le lire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/01/1406590016.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/01/126879498.jpg&quot; id=&quot;media-334887&quot; alt=&quot;chocolat.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-334887&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si la partie théorique, représentée par ce livre, ouvre utilement à nombre de réflexions, on pourra cependant se passer, pour le moment, de la partie pratique. La CNHI présentait en effet &lt;i&gt;Chocolat&lt;/i&gt; samedi soir : cette conférence-performance de Gérard Noiriel avec le comédien Alain Aithnard est mise en scène par Jean-Yves Pénafiel. Le moins qu'on puisse dire c'est que n'a pas encore l'air de dialoguer beaucoup entre l'histoire et le théâtre. Noiriel présente une conférence sur les discriminations, une mauvaise conférence par rapport à ce qu'elle devrait être dans un contexte classique. En effet, l'historien ne parvient pas ici à imposer la nécessité de son discours qui, par conséquent, n'est pas entendu. Cela tient au fait que Noiriel est mal à l'aise, il ne sait pas quel est son rôle quand il est sur scène : est-il lui-même, joue-t-il aussi ? Des questions laissées en suspens par le metteur en scène qui craint, selon ses propres mots, de &quot;désacraliser l'historien&quot;. Mais l'historien n'a pas besoin d'être sacralisé ! Son discours peut être respecté, trouver sa légitimité sans pour autant être sacralisé. De son côté, Noiriel est&amp;nbsp; lui-même trop respectueux du metteur en scène pour lui faire part de ses intuitions. Résultat : le tout ne tient pas ensemble. Alain Aithnard fait ce qu'il peut dans le rôle de Chocolat, le clown noir apparu à l'exposition universelle de 1889, mais on ne lui a dévolu que l'aspect presqu'exclusivement biographique. Dans ce cadre, les interventions de Noiriel deviennent pénibles, interrompant le jeu d'Aithnard elles se transforment en une sorte de commentaire en direct qui prend dès lors un aspect trop didactique. Dans une tentative désespérée pour lier le tout, le musicien Sacha Gattino est présent aux côtés de l'historien et du comédien, ça n'est pas suffisant pour faire un spectacle que les intervenants sont encore trop timides pour créer. Au final, on est content d'avoir découvert l'histoire de Chocolat mais on se dit qu'un bon livre sur le sujet aurait sans doute été aussi bien. Jean-Yves Pénafiel a expliqué, un peu embarrassé, qu'il ne s'agissait que d'une première étape mais si l'on veut réconcilier théâtre et histoire avant les cinquante prochaines années, il sera bon d'en griller plusieurs, des étapes.&lt;/p&gt; 
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<title>Etrange revue de presse</title>
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<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Wed, 25 Feb 2009 10:37:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les temps sont troublés, on ne sait plus trop où on est ni où on va, et ça se voit.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans ma précédente note, j'avais volontairement occulté la polémique qui avait précédé la diffusion du téléfilm &lt;i&gt;L'Evasion de Louis XVI&lt;/i&gt;. Commencée près de deux mois auparavant, elle avait gagné peu à peu en importance sur le net. De quoi s'agit-il ? D'une &lt;a href=&quot;http://ihrf.univ-paris1.fr/spip.php?article365&quot;&gt;lettre ouverte&lt;/a&gt; émanant de certains membres du CERMTRI (Centre d'Etudes et de Recherches sur les Mouvements Trotskystes et Révolutionnaires). Elle avait le mérite de poser des questionnements intéressants et nécessaires mais souffrait de ne s'appuyer que sur les quelques lignes d'accroche du dossier de presse. Dans ces circonstances, elle promettait surtout de réveiller les bonnes vieilles polémiques qui avaient fait les heureux jours de la presse au moment du Bicentenaire de la Révolution française. Eh oui ! 20 ans déjà ! Et les enfants à qui l'on faisait planter des arbres de la liberté dans la cour des écoles ont grandi, cette génération à laquelle j'appartiens...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans les faits, il suffira d'une rapide revue de presse pour se rendre compte que non, 2009 n'est pas 1989. Alors que la crise économique laisse redouter à certains une crise sociale, que d'autres attendent dans les DOM le grand soir et que la paranoïa autour de l'&quot;ultra gauche&quot; n'est pas finie, les lignes se brouillent, les points de repères se perdent. Les polémiques d'autrefois sont rejetées à un temps où la seule action tenait dans les mots, où les lézardes s'agrandissant dans le mur de Berlin devaient être le nouvel horizon de toute révolution. En 1989, on pouvait sincèrement croire à la fin de l'histoire. En 2009, la France sauve les apparences en colmatant grossièrement les brèches. Vous avez dit &quot;rupture&quot; ? Circulez, y a rien à voir... Louis XVI aura sa place, à côté de Guy Môquet, dans le nouveau mythe national écrit par Max Gallo. Reprenez donc une cuillerée d'identité nationale ! Et les royalistes tombent dans le panneau et en profitent pour remonter au créneau avec le &quot;génocide vendéen&quot; ! On lira de-ci, de-là que l'on nous montre enfin les &quot;&lt;a href=&quot;http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2009/02/24/l-evasion-de-louis-xvi-quelle-soiree-sur-france-2.html&quot;&gt;choses &lt;i&gt;en vérité&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&quot;. Je crois tout de même utile de rappeler à ceux qui semblent avoir oublié pourquoi ils se réunissent pour manger de la galette le 21 janvier, que Louis XVI est bien mort et que, par conséquent et ce, quel que soit le propos, il sera bien difficile de présenter autre chose qu'une interprétation de Louis XVI, fût-elle de qualité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/00/1023388701.jpg&quot; id=&quot;media-323275&quot; alt=&quot;Louis XVI (2).jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais revenons au propos, la revue de presse. Le premier étonnement provient certainement de la critique de &lt;i&gt;Libération,&lt;/i&gt; &quot;&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/medias/0101321426-louis-xvi-le-desarroi-de-varennes&quot;&gt;Louis XVI, le désarroi de Varennes&lt;/a&gt;&quot;, signée par Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts. On aurait pu l'attendre très virulente, elle n'est que très gentiment ironique : &quot;Si le téléfilm pousse un peu dans sa vision attendrie de la famille royale opposée à des révolutionnaires sales comme des peignes et assoiffés de sang bleu, il présente aussi Louis&amp;nbsp;XVI sous un nouveau jour, moins neuneu que le cliché, moins poussah monomaniaque de la serrure.&quot; Loin de la polémique évoquée, la conclusion regrette simplement le traitement d'un nouvel épisode appartenant à l'histoire moderne. Faudrait peut-être tout bonnement dire à &lt;i&gt;Libé&lt;/i&gt; que non, il n'y a pas que des contemporanéistes et que les jeunes modernistes, ça existe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quant au &lt;i&gt;Nouvel Observateur en ligne,&lt;/i&gt; il se contente de relayer une &lt;a href=&quot;http://teleobs.nouvelobs.com/rubriques/on-annonce/articles/l%E2%80%99evasion-de-louis-xvi?force=true&quot;&gt;dépêche AFP&lt;/a&gt; qui ne fait évidemment aucun écho au traitement particulier de l'épisode.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plus d'ambivalence dans &lt;i&gt;Télérama&lt;/i&gt; où la critique de Samuel Douhaire précise : &quot;raconté essentiellement du point de vue de Louis XVI, le film donne une image du roi guillotiné que nombre d'historiens de la Révolution française trouveront exagérément positive&quot;. Elle s'accompagne d'un article du même Samuel Douhaire et de François Ekchajzer, &quot;Quelle Histoire ?&quot;, posant la classique question du traitement de l'histoire à la télévision.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sur l'&lt;i&gt;Express.fr&lt;/i&gt;, le lapsus de &lt;a href=&quot;http://www.lexpress.fr/culture/tv-radio/chaine/ce-jour-la-tout-a-change-sur-france-2-et-arte_742846.html&quot;&gt;Marion Festraëts&lt;/a&gt; est assez révélateur. Elle rebaptise en effet le téléfilm en &lt;i&gt;Fuite de Louis XVI&lt;/i&gt;, gommant ainsi l'aspect polémique de celui de Sélignac&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est indéniable que le téléfilm bénéficie de la présence d'Antoine Gouy dont l'interprétation allège le propos et dont l'image, plutôt marquée &quot;théâtre public&quot;, contribue à le tempérer.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais n'oublions pas &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; ! Non, non, ils n'auront pas demandé à Jean-Christian Petitfils de s'y coller cette fois-ci. C'est donc Jean-Michel Maire qui nous parle d'un &quot;&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/programmes-tele/2009/02/24/03012-20090224ARTFIG00401-un-surprenant-louis-xvi-.php&quot;&gt;surprenant Louis XVI&lt;/a&gt;&quot; qui n'oublie pas non plus de préciser que &quot;certains pourront le trouver pour le moins contre-révolutionnaire tant il met en valeur les qualités du roi, minimise ses erreurs et présente le bon peuple sous des dehors pas franchement sympathiques...&quot;&amp;nbsp; &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; demeure en conséquence un peu perdu entre l'ancienne image de Louis XVI offerte par la droite, une droite qui stigmatisait les erreurs d'un roi faible et donc incompétent, et l'image de droite renouvelée : il est toujours faible mais c'est au service du progressisme. Ceux qui auront pu écouter Jean-Christian Petitfils, sur &lt;a href=&quot;http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/2000ansdhistoire/&quot;&gt;France Inter&lt;/a&gt; hier, auront peut-être noté qu'il avait mis un peu d'eau dans son vin. On soulignera un manque notoire dans la bibliographie mentionnée, c'est évidemment la biographie de Joël Félix sortie chez Payot en 2006. Parce qu'elle a été saluée par Jean-Clément Martin et qu'elle est l'oeuvre d'un ancien de l'EHESS, certains la disent à gauche. Le fait est qu'en présentant un Louis XVI qui n'est pas faible et qui réagit en véritable chef d'Etat avec ce que cela implique de compromissions, elle ne correspond pas aux schémas décrits ci-dessus. La volonté de l'ignorer ici pour lui préférer celle de Bernard Vincent montre que, probablement, ce n'est pas là une image porteuse de Louis XVI actuellement. Mais c'est aussi ce qui lui vaut d'avoir ma préférence.&lt;/p&gt; 
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<title>Louis XVI devient bobo</title>
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<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Sat, 14 Feb 2009 21:31:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vous avez déjà entendu parler d'une oeuvre de fiction dans laquelle Louis XVI était le personnage principal ? Cherchez bien ! A ma connaissance, il n'y en a pas. Il faut dire que, spontanément, comme ça, dans le genre anti-héros, c'est encore pire que Julien Sorel même si c'est la même fin.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et pourtant, on néglige trop souvent le potentiel de séduction bobo de Louis XVI. Après tout, lui aussi a résidé dans le IIIe arrondissement de Paris, juste à côté de la rue de Bretagne, comme tout bon bobo qui se respecte. Bref, il aura fallu la sortie de la bio de Petitfils en 2005, un succès de librairie, pour qu'on prenne toute la mesure de ce potentiel. C'est donc aujourd'hui naturellement la fiction qui s'en empare avec Arnaud Sélignac, réalisateur d'une &lt;i&gt;Evasion de Louis XVI&lt;/i&gt;, diffusée sur France 2 le 24 février prochain dans le cadre de la série &quot;Ce jour-là, tout a changé&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le château de Fontainebleau en proposait une avant-première et, en résumé : historiquement, c'est à droite (succès oblige, c'est Petitfils qui a servi de conseiller historique) et visuellement, avec les clins d'oeil à Chéreau, c'est à gauche. Quand je vous disais que c'était tout à fait bobo !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;object height=&quot;355&quot; width=&quot;425&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/zLZiY02fPjg&amp;amp;rel=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/zLZiY02fPjg&amp;amp;rel=1&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans le détail, on sort enfin Louis XVI de la naphtaline ! Ouf, il était temps ! C'est Louis XVI, (interprété par Antoine Gouy) le mouvement en plus, Louis XVI avec quelque chose entre les jambes, un homme, un vrai, quoi ! Un Louis XVI avec des idées, avec son sens de l'humour, un peu hâbleur même parfois... Bon c'est aussi le Louis XVI de Petitfils, un Louis XVI parfois très idéalisé (et pour que ce soit moi qui le dise !) parce que bon Louis XVI qui se réclame de la pure philanthropie quand il vient en aide aux Américains, faut pas charrier ! Rien que pour la com, vu le prix que ça a coûté, vaudrait mieux que ce soit pas par simple charité chrétienne et qu'il y entre aussi un peu de Realpolitik. Mais c'est ça, à pas vouloir présenter Louis XVI en &quot;sale type&quot;, on le montre un peu concon ! De la même manière, c'est un Louis XVI un peu vite rallié à l'idée d'une monarchie constitutionnelle. Faudrait voir qu'on part quand même de la déclaration du 23 juin 89 et qu'après ça, il y a un peu de pragmatisme et de lucidité et que la Constitution n'est donc pas une aspiration tout à fait spontanée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le pragmatisme et la lucidité, c'est justement tout ce qui semble échapper à Marie-Antoinette (Estelle Skornik). Voilà qui va faire hurler les fans ! En effet, tout comme dans le &lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/archive/2007/07/20/reservoir-de-pertinence.html&quot;&gt;&lt;i&gt;Marie-Antoinette&lt;/i&gt; d'Alain Brunard&lt;/a&gt;, c'est la thèse d'une politique différente menée, chacun de leur côté, par le roi et la reine&amp;nbsp; (seule partisane d'un appel aux troupes étrangères) qui est retenue. Elle trouve son origine dans les écrits, assez controversés, des Girault de Coursac et est reprise par Petitfils. Depuis un bon moment, Jean-François Kahn s'en est fait le vulgarisateur et même si je la partage moi-même, je tiens à préciser qu'elle n'est pas la thèse officiellement défendue par le Modem. Il me semble également juste de préciser qu'elle est encore loin de faire l'unanimité et, si elle paraît désormais être plébiscitée par la fiction, c'est aussi qu'elle apparaît plus dramatique et qu'elle peut donner lieu à de franches engueulades.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plus anecdotique, l'affaire Fersen, également controversée, n'est pas oubliée. Là encore, ressort dramatique oblige, nous avons droit à un Louis XVI franchement jaloux. On peut juger peu pertinent de s'y arrêter si longuement, le fait est qu'elle donne lieu à de très belles scènes qui permettent d'illustrer une certaine brutalité de Louis XVI, un aspect souvent ignoré de sa personnalité. A ce titre, la scène de la chasse est parfaitement mais magnifiquement surréaliste.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En définitive, si l'ensemble se ressent parfois d'un petit côté &quot;on n'est pas naturels parce qu'on se demande encore comment ça cause une famille royale&quot;, qui touche probablement les premières scènes tournées, on peut noter la performance des acteurs qui se sont prêtés avec talent à ce tournage express. Même Madame Elisabeth (Adélaïde Bon) sait se rendre présente sans passer, comme souvent, pour l'illuminée de service. On notera aussi que le montage est heureusement parvenu à se débarrasser de la plupart des lourdeurs qui avaient affectées le premier épisode sur l'assassinat d'Henri IV en dépit des cinq dernières minutes, tout à fait imbuvables par leur excès de royalisme dans le plus pur style XIXème. Une heure trente pour comprendre que Louis XVI était un gars bien, c'est suffisant, en rajouter une couche, c'est contre-productif.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bref, si je me suis sentie plus d'une fois chatouillée historiquement, on se laisse tout de même facilement prendre et ce pour mon plus grand plaisir parce qu'évidemment, en bonne bobo que je suis aussi, l'enthousiasme l'a emporté et je meurs déjà d'envie de le revoir.&lt;/p&gt; 
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<title>Musée des imaginaires d'une gauche morte</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2009/01/13/musee-des-imaginaires-d-une-gauche-morte1.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Tue, 13 Jan 2009 13:09:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;w:WordDocument&gt; &lt;w:View&gt;Normal&lt;/w:View&gt; &lt;w:Zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt; &lt;w:HyphenationZone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt; &lt;w:Compatibility&gt; &lt;w:BreakWrappedTables /&gt; &lt;w:SnapToGridInCell /&gt; &lt;w:WrapTextWithPunct /&gt; &lt;w:UseAsianBreakRules /&gt; &lt;/w:Compatibility&gt; &lt;w:BrowserLevel&gt;MicrosoftInternetExplorer4&lt;/w:BrowserLevel&gt; &lt;/w:WordDocument&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt; &lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;mce:style&gt;&lt;!    /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable         {mso-style-name:&quot;Tableau Normal&quot;;         mso-tstyle-rowband-size:0;         mso-tstyle-colband-size:0;         mso-style-noshow:yes;         mso-style-parent:&quot;&quot;;         mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;         mso-para-margin:0cm;         mso-para-margin-bottom:.0001pt;         mso-pagination:widow-orphan;         font-size:10.0pt;         font-family:&quot;Times New Roman&quot;;}  --&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le titre de cette note pourrait être le nouveau nom du musée du château de Nantes dont nous avions déjà parlé &lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/archive/2008/10/29/nantes-le-miroir-insidieux.html&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;. Vous cherchiez la gauche, nous l’avons en partie retrouvée&amp;nbsp;! Elle se conserve au musée, elle se dit que la &lt;a href=&quot;http://www.histoire-immigration.fr/index.php&quot;&gt;Cité nationale de l’histoire de l’immigration&lt;/a&gt; c’est bien mais qu’elle présente un problème&amp;nbsp;: elle est placée sous la présidence de Jacques Toubon qui n’appartient pas, on le sait, aux ténors de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Alors quand Hortefeux se félicite indécemment d’avoir explosé ses objectifs 2008 de reconduites à la frontière, elle ne peut pas lui opposer sa belle Cité, son initiative généreuse, elle en est réduite à se ranger derrière les historiens démissionnaires qui protestent contre la création du «&amp;nbsp;ministère de l’immigration et de l’identité nationale&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Alors, que faire&amp;nbsp;? Mais de la contrefaçon, pardi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/02/1619055362.jpg&quot; id=&quot;media-304362&quot; alt=&quot;chateau560.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Comme toujours, la contrefaçon ça fait un bel effet de loin mais il ne faut pas être trop regardant sur les détails. Or ces détails, c'est bien ce que met en avant le programme du château pour la saison 2009. En prévision de l'exposition &quot;Nantais venus d'ailleurs&quot;, c'est à un véritable casting que nous avons droit. Ainsi :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&quot;Le musée recherche...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Un Italien de l'entre deux guerres ayant travaillé à l'usine des Batignolles.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Un Polonais arrivé dans les années 1920 et membre de la paroisse de Couëron.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Un Portugais ayant migré en 1972 avec sa famille pour le travail.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Un Tunisien de Redeyeff habitant le Sillon de Bretagne, qui a bénéficié du regroupement familial...&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Ou comment le &quot;Nantais venu d'ailleurs&quot; est dûment prié de présenter ses papiers pour que l'on puisse déterminer s'il rentre dans la case. Comment ça vous êtes un individu avant d'être l'Italien, le Polonais, le Portugais ou le Tunisien nantais idéal ! Voyons, faites un petit effort pour la culture municipale ! D'autant qu'ils sont généreux, ils sont ouverts au second choix : &quot;Des gens de partout, arrivés tout au long du 20e siècle, vivant n'importe où dans l'agglomération, et susceptibles de contribuer à la préparation de l'exposition (...) en prêtant des objets personnels : valises, vêtements de travail, bijoux, ustensiles de cuisine, photos de mariage, bulletins de paie...&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Bref, pour faire une bonne copie, il vaut d'abord mieux s'attacher à saisir le fond plutôt que la forme de l'original.&lt;/p&gt; 
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<title>L'ubiquité blogueuse</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2009/01/06/l-ubiquite-blogueuse.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Tue, 06 Jan 2009 20:16:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De la lassitude ? Oui, sans doute, un peu. Un petit moment de &quot;à quoi bon ?&quot; quand Julien Coupat s'impose toujours en bouc émissaire idéal alors que la SNCF se débrouille parfaitement bien toute seule pour retarder elle-même ses trains. Un peu de neige, des sangliers sur la voie, une voiture abandonnée et il n'en faut pas plus. Curieux, on ne crie plus au terrorisme. M'enfin !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bref, reprenons donc le cours de Vialation en 2009. C'était hier la journée des séminaires. Non, il ne s'agit pas d'une nouvelle commémoration nationale, simplement d'une journée où l'on vous appelle de toute part pour vous proposer d'assister à des séminaires formidables qui ont tous lieu en même temps. C'est tout de même incroyable quand on pense au nombre de séminaires sans intérêt qui jalonnent une vie d'étudiant que ceux qui semblent passionnants se tiennent exactement au même moment !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hier donc, le choix cornélien se situait entre &quot;Madame Elisabeth&quot; par Philippe Boutry à la Sorbonne ou bien &quot;les tigres anatoliens&quot; dans le séminaire Anatolie de l'ENS. Ne cherchez pas le rapport entre les deux, il n'y en a aucun. L'Anatolie l'a emporté parce qu'elle devait pouvoir me réserver plus de surprises. En effet, loin de vouloir remettre en cause la qualité des interventions de Boutry, le fait est que Vialation vous aura plus souvent entretenu d'Elisabeth que d'Anatolie et que le premier terrain est donc un peu plus battu que le second.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/02/906382992.jpg&quot; id=&quot;media-301594&quot; alt=&quot;fethullah_gulen_k.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour l'Anatolie, Olivier Decottignies recevait Marie-Elisabeth Maigre. Il y fut question du livre de Patrick Haenni, &lt;i&gt;L'Islam de marché&lt;/i&gt; (Editions du Seuil, 2005) qui s'interroge notamment sur la pertinence de l'application à l'Islam des théories que Weber avait développées à propos du protestantisme. Il y fut encore question du MUSIAD, l'équivalent turc du MEDEF, et de ses relations orageuses avec les fameux &quot;tigres anatoliens&quot;, jeunes entrepreneurs musulmans&amp;nbsp; qui s'imposent comme une seconde élite à côté de l'élite laïque et urbaine issue du kémalisme. Les tigres anatoliens sont apparus suite à l'action de divers mouvements dont certains sont aujourd'hui devenus de véritables trusts. Le plus connu d'entre eux est proabablement le mouvement de Fethullah Gülen. A l'origine, c'est l'initiative d'un homme qui pense que le premier besoin de l'Anatolie est l'éducation. Il fonde une école, convainc des intellectuels réputés et connaît un rapide succès. Aujourd'hui, le mouvement possède des écoles dans le monde entier, mais également une chaîne de télévision, un journal et une banque. Mettant en avant des valeurs de tolérance et de dialogue inter-culturel, le mouvement Gülen s'efforce de séduire des universitaires dans le monde entier, les invitant en Turquie pour découvrir leurs institutions. Certains n'hésitent pas à les comparer aux jésuites, quitte à développer les mêmes théories du complot*. En effet, une grande partie du l'élite laïque turque vit dans une véritable paranoïa entretenue&amp;nbsp; par le souvenir de l'exemple iranien. Alors, Fetullah Gülen, gentil mouvement philanthropique ou entrisme réactionnaire ? Le séminaire ne faisait que poser la question.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Toujours est-il que, pendant ce temps, au séminaire de la Sorbonne, les étudiants de Boutry pouvaient lire une édition commentée d'un extrait des mémoires de Pétion que les habitués de Vialation connaissent déjà bien puisqu'il s'agit de &lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/archive/2007/05/17/p%C3%A9tion-po%C3%A8te-chartrois-maire-de-paris.html&quot;&gt;celle-là&lt;/a&gt;. Comme quoi, quand on le veut vraiment, on peut toujours avoir le don d'ubiquité !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;*Sur le discours et la paranoïa du marquis d'Argenson face aux jésuites, cf l'étude de Bernard Hours dans &lt;i&gt;Louis XV et sa cour,&lt;/i&gt; PUF, 2002&lt;/p&gt; 
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<title>Nantes, le miroir insidieux</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2008/10/29/nantes-le-miroir-insidieux.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Wed, 29 Oct 2008 23:39:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Depuis le 4 octobre dernier, le musée de château de Nantes abrite une exposition intitulée : &lt;i&gt;Miroir, mon beau miroir... le pouvoir politique en images, hier et aujourd'hui&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voici ce que nous en dit le site de la ville :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Avec cette présentation qui démarre le jour anniversaire des 50 ans de la Ve République, le musée d'histoire de Nantes s'attache à renforcer son rôle de musée citoyen en conviant le public à décoder images et messages qui permettent de mieux comprendre la société d'aujourd'hui.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oh, bien comme c'est sympathique, un musée citoyen qui nous apprend à voir les choses comme il faut, qui nous aide à comprendre la société d'aujourd'hui. C'est trop aimable !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est vrai, depuis son ouverture en 2007, le musée du château a déjà suscité la polémique. Après tout, c'est une méthode de communication qui a fait ses preuves et faire hurler quelques réac nantais en les titillant sur les noyades de Carrier, ça ne prête pas beaucoup à conséquence. C'est d'ailleurs tout le problème du réac, à force de jouer les Schtroumpfs grognons, on finit par ne plus l'écouter. Néanmoins, il faut bien avouer qu'il lève parfois des lièvres. L'exposition présente, par exemple, donne confirmation de pratiques scientifiques douteuses et d'une honnêteté intellectuelle laissée aux oubliettes. En effet, si l'idée première de l'exposition paraît séduisante -étudier la constitution des images du pouvoir&amp;nbsp; selon les époques- son postulat de départ n'est pas tout à fait le même quand on arrive dans les salles. Ainsi, le questionnement du statut de l'image ne sera nullement platonicien mais parfaitement orienté : sous l'Ancien Régime, l'image du pouvoir est nécessairement mensongère, qu'en est-il quand on passe à la République ? On pourrait croire à une naïveté et ne pas s'y attarder plus que cela ; d'ailleurs, on est vite conquis par les développements, parfaitement pertinents et inspirés de Maurice Agulhon, sur les différentes figurations de Marianne au XIXe siècle. Pourtant, des erreurs, des raccourcis se glissent dans les notices et finissent par interroger notre bienveillance initiale.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/02/1321077453.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/02/2050221056.jpg&quot; id=&quot;media-270174&quot; alt=&quot;10aout.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-270174&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un tableau du musée Carnavalet, &lt;i&gt;La fête de l'Unité et de l'indivisibilité de la République,&lt;/i&gt; représente une fête qui a eu lieu le 10 août 1793 sur notre actuelle place de la Concorde. La notice nous explique alors qu'il s'agit d'une commémoration de l'abolition des privilèges le &quot;10 août 1789&quot;(sic.). Tiens donc, la célèbre nuit du 4 août 1789 est pourtant bien mieux connue ! On connaît aussi d'ailleurs parfaitement bien la journée de la prise des Tuileries, le 10 août 1792. De ces deux événements, le second est moins consensuel que le premier, mais c'est pourtant la prise des Tuileries qui, au même titre que la prise de la Bastille, faisait les héros du moment. Il est donc tout à fait logique que la fête représentée commémore le premier anniversaire de la prise des Tuileries, comme on l'affirme généralement. Un peu plus loin, c'est cette fois une représentation de la prise de la Bastille qui est interprétée comme l'aspiration des Français à changer de régime. On admirera le caractère on ne peut moins téléologique de l'assertion. Pour un peu, en allant à Nantes, on pourrait se croire revenu aux bonnes vieilles polémiques du Bicentenaire, une vraie cure de jouvence !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On pourra regretter que le catalogue n'immortalise pas ces petites merveilles de mauvaise foi ou au contraire se réjouir qu'on l'ait confié, cette fois, aux historiens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Etrangement, au musée de Nantes, il n'y a pas de livre d'or.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ceux qui souhaitent s'entraîner à décrypter les messages cachés derrière le décryptage d'images, ils ont jusqu'au 4 janvier 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Miroir, mon beau miroir... Le pouvoir politique en images, hier et aujourd'hui&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Musée du château des ducs de Bretagne à Nantes&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plein tarif : 5 euros&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tarif réduit : 3 euros&lt;/p&gt; 
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