11.11.2009
Festival franco-coréen du film
Le cinéma coréen est de plus en plus populaire en Europe pour autant, le festival franco-coréen du film organisé au cinéma Action Christine jusqu'au 17 novembre reste relativement confidentiel.
La première séance de ce 11 novembre présentait A.U.D.I.T.I.O.N., un film réalisé par Kim Seong-Jun et Lee Je-Cheol. Il a été tourné à Pusan, un grand port de Corée du Sud qui voudrait être à Séoul ce que la station balnéaire de Wilmington est à Hollywood. Pour l'instant, ce n'est pas gagné mais peut-être peut-on mieux comprendre, en établissant cette comparaison, l'attrait exercé par le "teenage movie" à Fusan (Wilmington doit en effet beaucoup à la série pour adolescents Dawson's Creek pour son développement cinématographique). Car si le synopsis d'A.U.D.I.T.I.O.N. ne le laisse pas véritablement supposer : la rencontre d'une sourde et d'un danseur de b-boying, le break dance coréen, c'est bien vite dans un teenage movie que l'on se retrouve et ce, sans le moindre soupçon de regard critique sur le genre et ses codes. A l'évidence, le scénario n'est pas encore pleinement maîtrisé et se fait souvent répétitif. En outre, le choix des interprètes principaux semble plus avoir été dicté par leur connaissance de la danse et de la langue des signes que par leurs qualités de comédiens. Le visage de la jeune sourde reste le plus souvent impassible et son corps inerte, tandis que le danseur use et abuse des soupirs.
Reste que vous pourrez y découvrir la langue des signes coréenne et que le film a au moins le mérite de se poser la question de savoir si les sourds peuvent danser. Oui, il existe bien des compagnies de danseurs sourds comme les Wild Zappers. Il s'agit alors évidemment d'une approche très différente de celle que peuvent avoir les entendants, le film l'esquisse mais ne va pas plus loin malheureusement. C'est tout de même déjà un pas parce que ça m'amuse toujours de penser à la facilité déconcertante avec laquelle Gina, la sourde interprétée par Aurore Auteuil dans le téléfilm de Lorenzi Chat bleu, chat noir, s'inscrit, en rythme, dans toutes les chorégraphies du cabaret. On veut bien croire aux miracles réalisés par Karine Saporta mais tout de même...
Enfin, vous l'aurez compris, ce n'est pas A.U.D.I.T.I.O.N. qu'il faut recommander pour une première approche du cinéma coréen. Néanmoins, la sélection du festival devrait aussi révéler de bonnes surprises.
4ème festival franco-coréen du film, jusqu'au 17 novembre 2009
Cinéma Action Christine
4, rue Christine
75006 PARIS
6 euros la séance.
22:32 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : corée du sud, cinéma, culture sourde, break dance
07.11.2009
Le monde vu par les sociologues
Je me demandais comment certaines personnes pouvaient éprouver une haine viscérale pour les sociologues, j'avais du mal à comprendre comment une catégorie de chercheurs pouvait être exposée à une opprobre aussi universelle et finalement, je crois que je viens de saisir.
Quand on restreint son regard sur le monde au seul regard du sociologue, c'est un véritable cauchemar et certaines situations vous mènent à ce cauchemar.
En ce moment, par exemple, ce sont les "conférences citoyennes" qui sont à la mode. Elles se développent un peu partout en Europe et elles gagnent la France. C'est la tendance démocratie participative. On croit qu'on va ressusciter la Grèce antique en tirant au sort un certain nombre de citoyens que l'on va convier à réfléchir sur la vie locale. Le tout sans langue de bois, cela va sans dire.
Réfléchir ? voire.
On vous promet un débat sans langue de bois mais encore faut-il qu'il y ait débat. Malgré le tirage au sort, le chemin est bien balisé auparavant.
On porte à votre connaissance des réflexions sur le logement, le développement économique, la culture et la démocratie locale menées par deux cercles qui vous ont précédées et l'on vous demande de vous prononcer. Oh non, pas immédiatement ! Il faut d'abord suivre pas à pas les étapes.
Dans un premier temps, vous êtes prié, en petits groupes, de formuler des questions relatives aux réflexions qui vous sont soumises. Pour qui les questions ? Pour les élus et acteurs de la vie associative qui les ont formulées mais aussi et surtout pour les experts censés éclairer votre pensée. Ah, les experts, on aime ça aujourd'hui et on ne voit plus qu'eux sur les plateaux télé ! C'est rassurant, un expert, on se dit que quelqu'un est là qui a réponse à tout. Et là, déjà, c'est le premier postulat qui vous dérange. Mais pourquoi a-t-on besoin de ces experts ? Ne sont-ils pas eux-mêmes des citoyens ? Qu'est-ce qui les qualifie en tant qu'experts ? On ne prend même pas la peine de vous les présenter, de vous expliquer pourquoi ils ont été choisis. Ils sont experts, un point c'est tout. Bref, c'est de la démocratie participative tempérée d'arguments d'autorité et l'on vous fait vite comprendre que vous n'êtes pas en train de poser les questions que l'on attend de vous.
Il n'empêche que grâce à elles, vous en avez appris un peu plus : les experts choisis sont presque exclusivement des sociologues. Au sein des sciences sociales, ils semblent de plus en plus apparaître non pas comme ceux qui savent poser les bonnes questions, les bonnes problématiques, mais comme ceux qui ont les réponses. Et ça, ça plaît, on se dit que c'est enfin une science humaine dont on n'a pas besoin de s'interroger sur l'utilité. A faire se retourner Pierre Bourdieu et Abdelmayek Sayad dans leurs tombes, le sociologue-expert passe son temps à faire du rangement en mettant les gens dans des cases. Il faut surtout que les contours soient bien nets : dans cette théorie des ensembles sociologique, le chevauchement est accepté à condition qu'il reste l'exception. Au final, ça donne des merveilles de communautarisme, l'individu est réduit à son plus petit dénominateur commun : la communauté que l'on voudra bien lui assigner (origine géographique, religion, orientation sexuelle ou, à défaut, mais on trouve que c'est un peu large, sexe).
Une fois la chose bien intégrée, vous êtes fin prêt pour vous prononcer sur les propositions de la commission "vie culturelle". La culture étant entendue comme "mode de vivre ensemble", on vous propose la création "d'espaces de rencontre, des lieux de foisonnement" tout en "affichant positivement les différences". Ben oui, dites donc, il est pas beau le monde ! Chacun dans sa petite communauté et puis de temps en temps, on se donne rendez-vous pour afficher positivement ses différences. Le pied, quoi ! La conversation se finira sur un : "Oui, il faut que les Chinois nous expliquent ce qu'ils sont parce qu'ils n'arrivent pas à s'intégrer."
Remercions donc chaleureusement nos sociologues-experts de nous avoir menés sur le chemin du racisme ordinaire décomplexé. En cette période de débat sur l'identité nationale, ça fait chaud au coeur.
00:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démocratie participative, communautarisme
06.11.2009
Novembre, avenue Daumesnil
Les frimas de novembre et le changement d'horaire sont parvenus à mettre un terme à une activité frénétique et à mon envie de déplacer des montagnes.
Que faire dans ce cas ? Pas grand chose, attendre que l'hiver se passe et remonter l'avenue Daumesnil. En effet, ce n'est pas dans le bois de Vincennes tout proche que vous trouverez la maison de sucreries d'Hansel et Gretel mais l'eau ne pourra que vous monter à la bouche en flânant de boutique en boutique.
Ca commence par la boulangerie Vandermeersch au 278. On peut rester sobre avec sa baguette Rétrodor ou bien se laisser tenter par le mille-feuille auquel Le Figaro vient d'attribuer le titre de meilleur mille-feuille parisien. Oui, les conseils gastronomiques du Figaro, c'est sans doute ce qu'il y a de mieux dans le journal.
On peut continuer, sur le trottoir d'en face par le petit traiteur italien qui fait de délicieuses aubergines farcies puis traverser, une fois encore, toujours en remontant, jusqu'à La Réserve des gourmets, une épicerie fine à se damner et avec un panneau qui vous annonce 10% sur les chocolats en ce moment, on ne peut pas résister. Il faut bien se remonter le moral comme on peut.
Histoire de ne pas penser qu'à son ventre, on peut faire un détour, juste à côté, par l'église du Saint-Esprit. Si vous en restez à sa façade de briques rouges, impossible de deviner que c'est à Istanbul qu'elle va vous transporter mais une fois poussée la porte : surprise ! C'est très sombre mais quand votre regard se fait à l'obscurité, c'est bien une réplique de Sainte-Sophie en béton peint à fresque que vous découvrez.
Ressortez et traversez à nouveau, attirés que vous êtes par la vitrine toute illuminée du traiteur Festins. Les prix peuvent rebuter mais le coup d'oeil ne coûte rien. Continuez à remonter du même côté, vous avez presque atteint la place Félix Eboué mais vous n'êtes pas encore au bout de vos découvertes. De nouveaux gâteaux rivalisent de charme pour vous prendre dans leurs filets au numéro 203. Avec leur glaçage aux reflets dorés et leurs accessoires des grands jours, ils sont tous plus beaux les uns que les autres et ils sont tout aussi bons. Mais ne les mangez pas tout de suite. Réservez-vous un peu de place parce qu'il est grand temps de s'arrêter au bistrot le Va-et-Vient sur la place Félix Eboué. La formule du midi à 13,60 n'a pas que son prix pour atout. On se régale. Le chef se fait plaisir en cuisine, ça se sent et on découvre ses plats du jour originaux comme on ouvre les cases du calendrier de l'Avent. Attention toutefois, le Va-et-Vient, ça devient vite une drogue et, comme pour le calendrier, on voudrait pouvoir ouvrir une case tous les jours.
Bref, pour oser remonter l'avenue Daumesnil de la Porte Dorée à la place Félix Eboué, mieux vaut s'être offert auparavant quelques tours du lac Daumesnil en petite foulée.
17:36 Publié dans Shopping | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : avenue daumesnils, épiceries, traiteurs, restaurants




