26.09.2009

La guerre de la sardine n'aura pas lieu

Avez-vous déjà reçu un Turballais alors qu'une Vendéenne vient de vous offrir des sardines millésimées de Saint-Gilles-Croix-de-Vie ? Autant le dire d'emblée, c'est une situation qu'il vaut mieux éviter sous peine de voir votre dîner se transfomer en conflit israëlo-palestinien.

La sardine millésimée de Saint-Gilles, ça a beau être un coup marketing, ça se veut être la rolls de la sardine. La preuve, chaque année, Delphine Cossais dessine une oeuvre originale pour orner les boîtes des fameuses sardines millésimées.

Mais qui est Delphine Cossais ? Comme vous l'explique la boîte :

"Delphine Cossais est une jeune peintre autodidacte qui vit à Nantes dont l'univers artistique se peuple de créatures rousses aux chevelures en volutes impressionnantes, de filles rêveuses posant telles des princesses en robes colorées. L'imprimé, le motif et le stylisme ont une place essentielle dans son travail. Sa peinture exprime le plaisir, le bonheur partagé au travers d'une poésie très féminine. Elle expose régulièrement dans plusieurs galeries à Pont-Aven, l'île de Ré, Paris..."

"Préparées avec le meilleur poisson de la saison, ces sardines millésimées se bonifieront avec le temps (jusqu'à 10 ans)"

 

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Bref, la sardine millésimée, c'est du lourd ! Quel recours peut-il bien rester au Turballais dans de telles conditions ? En effet, le petit port breton est certes le premier port de pêche des Pays de la Loire et arbore toujours fièrement quatre sardines sur son blason, mais il ne possède plus aucune conserverie actuellement. Aussi, les sardines turballaises ne se consomment désormais que fraîches. Il vous faudra aller sur place, délaisser les plages surfaites de la Baule pour aller déguster la sardine turballaise avec vue sur le port.

 

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Première approche du Turballais : "Tu aurais au moins pu apporter des Croisicaises ! C'eût été plus acceptable que des sardines vendéennes !"

"Oui mais à Saint-Gilles, nous avons une confrérie de la sardine !", répondit la Vendéenne.

Et là, la magie de l'art de Delphine Cossais opérant, le Turballais voulant prouver sa bonne foi, il finit par ouvrir une boîte du millésime 2005 et ce qui devait arriver arriva :

La Vendée, La Corrèze, le Pays Basque, La Lorraine et la Bretagne communièrent ensemble autour des sardines de Saint-Gilles !

Il ne restait plus au Turballais qu'à rêver du jour où la conserverie de La Turballe ressusciterait, telle Inger Borgen se dressant à la fin d'Ordet, il ne lui restait plus qu'à rêver du jour où il pourrait enfin être intronisé dans la confrérie de la sardine turballaise.

Précisons-le tout de même, pour une Lorraine, tout cela reste très abscon mais certains en font pourtant des spectacles : L'affaire Sardines d'Erick Sanka tourne déjà depuis dix ans !

Quoi qu'il en soit, la Convention de Paris du 25 septembre 2009 fera date dans l'histoire de la sardine et pourrait, sait-on jamais, valoir un prix Nobel de la Paix à notre Turballais.

25.09.2009

Eloge de la folie mystique

En allant voir, Ordet, la pièce du Danois Kaj Munk, on peut choisir de s'arrêter exclusivement au propos religieux, le trouver ennuyeux et décider de partir assez rapidement.

On peut aussi y aller parce qu'on garde un souvenir ému du film de Dreyer et qu'on espère renouer avec ce sentiment.

De cette ambivalence sont probablement nées les nombreuses réticences auxquelles Arthur Nauzyciel s'est dans un premier temps heurté en proposant sa mise en scène. Puis finalement soutenu par Marie Darrieussecq pour la traduction et l'adaptation, Ordet s'est imposé au festival d'Avignon en 2008.

 

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Aujourd'hui, la pièce est reprise dans le cadre du festival d'Automne à Paris, au théâtre du Rond-Point jusqu'au 10 octobre. Précisons-le tout de même, à la première scène, vous vous mettez à regretter les 2h30 pour lesquelles vous avez signé. Catherine Vuillez, en Inger Borgen, ne s'échappe jamais d'un formalisme froid qui relève du cliché du théâtre scandinave. Aussi, Inger n'étant jamais véritablement incarnée, la fameuse résurrection finale tombe à plat et confine au ridicule. Mais paradoxalement, ça n'est pas si gênant parce qu'on peut alors mieux se rendre compte qu'Ordet ne se résume pas à cette résurrection. Dans la mise en scène de Nauzyciel, c'est incontestablement Xavier Gallais en Johannes Borgen qui restera. L'expérience mystique d'Ordet, c'est bien son interprétation qui la permet. Faisant tomber toutes les barrières, terrassant le rationalisme qui vous fait afficher un sourire en coin à l'écoute des innombrables débats théologiques, il vous bouleverse littéralement et c'était là une expérience théâtrale que je n'avais plus vécue depuis bien longtemps.

Il a d'autant plus de mérite à la chose que rien n'est là pour l'aider. Outre, comme nous l'avons vu, qu'Inger n'est pas plus vivante après qu'avant la résurrection, le rôle de l'enfant est lui aussi totalement annihilé, réduit à un simple figurant mal à l'aise. Au lieu de s'efforcer d'apprivoiser son malaise, Nauzyciel s'est contenté de l'entériner en enregistrant tous les dialogues où intervient la petite Maren Borgen. C'est certes compliqué de travailler avec des enfants, ça demande du temps et l'enregistrement est sans conteste une sécurité mais, si bien balisé, le rôle perd tout son sens et peut-être eût-il mieux valu le supprimer tout simplement dans de telles conditions.

 

Ordet de Kaj Munk. Adapté par Marie Darrieussecq, mis en scène par Arthur Nauzyciel

Avec : Pascal Greggory, Jean-Marie Winling, Catherine Vuilliez, Christine Vézinet, Pierre Beaux, Xavier Gallais, Benoît Giros, Frédéric Pierrot, Laure Roldan de Montaud, Marc Toupence, Julia Camps de Medeiros, Marie et Loriane Conort.

10.09.2009

Perles visuelles

Pour une rentrée en douceur, quelques perles collectées durant les pérégrinations de l'été :

En Loire Atlantique, le goût du rébus va très loin. On connaissait le traditionnel "Sam Suffit" pour baptiser sa maisonnette, ici on renouvèle le genre.

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On notera la généreuse attention de la traduction pour les esprits lents.

Mais on trouve bien mieux sur les aires d'autoroutes autrichiennes. Entre la Suisse et Innsbruck, l'aire Trofana Tyrol se veut un véritable concentré d'esprit tyrolien. Oui, je sens que vous en rêvez déjà. Mais mieux que ses vaches miniatures, son jambon et ses chalets peints l'aire vaut surtout par son parking avec ses formidables Frauenparkplätze, comprendre ses places de parking pour femmes.


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Au moins, les choses ont le mérite d'être claires en Autriche : être une femme, c'est un handicap.