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<title>Vialation</title>
<description>Tentative d'épuisement d'un lieu du web</description>
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<title>Le Jules du militant socialiste</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2012/05/16/le-jules-du-militant-socialiste.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Actualités</category>
<category>Histoire</category>
<pubDate>Wed, 16 May 2012 17:45:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nombreux sont les internautes qui semblent avoir été frappés par une perte d’esprit critique hier. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas un effet de la foudre, mais c’en est un, plus sûrement, d’un excès de militantisme. Ceux-là n’ont reculé devant rien pour défendre le nouveau président. Il est vrai que comme il paraît moins offensif que le précédent, ils doivent penser qu’il ne peut pas y arriver tout seul et qu’ils doivent donc sortir leurs petits poings pour le secourir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En l’occurrence, plus que des poings, ce sont surtout des inepties qui ont fleuri sur le net et même chez certains esprits prétendument éminents. On aura pu lire, par exemple, que le reproche adressé à Ferry sur ses positions colonialistes ne tenait pas parce que, c’est bien connu : c’était la doxa du temps. Le grand Jules était colonialiste parce que tout le monde l’était pardi !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un rapide regard sur les débats à l’assemblée nationale du temps leur aurait rapidement montré à quel point ils se fourvoyaient. Outre l’opposition de Clemenceau, ça bataillait sec sur le sujet puisque les royalistes, à côté des radicaux, n’étaient alors pas les derniers à se demander ce qu’on allait faire dans cette galère et à préférer cultiver leur jardin tout en le protégeant des Allemands. Ils ont bien changé par la suite, certes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En dehors de l’assemblée, l’enthousiasme du public était tel pour la colonisation qu’on a décidé de lui offrir des expositions coloniales afin de corriger ce que l’on appelait subtilement son « sentiment colonial défaillant ». Pour sûr, l’école du grand Jules ne chômait pas non plus pour lutter contre la défaillance, et son pote Lavisse s’en donnait à cœur joie pour faire rêver les petits enfants :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Nos explorateurs et colonisateurs pénètrent profondément en Afrique. Nous remontons d’abord le fleuve Sénégal... Nous nous emparons du Soudan... Nous établirons ensuite la liaison entre le Soudan et l’Afrique du Nord. Nous nous installerons successivement en Guinée, en Côte d’Ivoire et au Dahomey... Nos explorateurs, nos soldats et nos administrateurs ont été les artisans souvent inconnus de cette oeuvre admirable. » Ca a quand même une autre gueule que Nicolas et Pimprenelle, ça !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-668592&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/00/02/1337805233.jpg&quot; alt=&quot;Julie-Victoire Daubié&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ne perdant pas la foi, nos amis militants ont alors répondu avec fierté : « Vous auriez donc préféré qu’il allât saluer Clemenceau ? Quelle bonne blague ! Vous parlez d’un symbole avant d’aller à Berlin ! »&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chers amis, vous avez la mémoire courte. Il se pourrait bien que votre champion ait justement renoncé à Clemenceau parce qu’en mai 2007, un certain Nicolas S. était allé déposer des fleurs aux pieds du Tigre et du général juste avant de s’envoler pour Berlin. C’est ballot, pour les mêmes raisons, il risque aussi de devoir se priver de toute référence à Guy Môquet pour les cinq prochaines années.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais voici que la dernière carte s’abattait : « Mais au moins, vous ne nous contesterez pas que l’école de Jules Ferry a été un progrès indéniable pour l’éducation des jeunes filles. Voilà qui méritait qu’on lui rende hommage ! »&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Moui, voire. A côté de la célèbre lettre aux instituteurs qu’on nous a copieusement citée, Ferry a bien fait une place à l’éducation des filles, notamment dans un discours daté de 1870. Il est vrai aussi que, confrontés à la loi Guizot de 1833, certains maires avaient rechigné à ouvrir une école de filles à côté de l’école de garçons. Mais Julie-Victoire Daubié n’a pas attendu Julot pour être la première femme à décrocher le baccalauréat en 1861, sans compter toutes celles qui, comme elle, ont profité de la loi Guizot pour s’instruire, décrocher leur certificat de capacité et embrasser la profession d’institutrice qui les rendrait indépendantes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais au fait, pourquoi donc qu’il voulait instruire les filles notre Jules ? Laissons-lui la parole :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Aujourd'hui, il y a une lutte sourde, mais persistante, entre la société d'autrefois, l'Ancien Régime, avec son édifice de regrets, de croyances et d'institutions qui n'accepte pas la démocratie moderne, et la société qui procède de la Révolution Française. (...) Or, dans ce combat, la femme ne peut pas être neutre ; les optimistes, qui ne veulent pas voir le fond des choses, peuvent se figurer que le rôle de la femme est nul, qu'elle ne prend pas part à la bataille, mais ils ne s'aperçoivent pas du secret et persistant appui qu'elle apporte à cette société qui s'en va et que nous voulons chasser sans retour (...). C'est pour cela que l'Eglise veut retenir la femme, et c'est aussi pour cela qu'il faut que la démocratie la lui enlève ; il faut choisir, citoyens : il faut que la femme appartienne à la science ou qu'elle appartienne à l'Eglise (...). »&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bah oui, la fille, avec son faible esprit, va nécessairement rester sous la coupe du curé si on ne l’instruit pas. Vous imaginez le terrible travail de sape qu’elle pourrait faire auprès des enfants, défaisant patiemment le soir et le dimanche le conditionnement si bien réalisé par le hussard noir dans la journée. Halte-là ! Instruisons les filles pour leur éviter de devenir les suppôts du despotisme ! Un an plus tard, c'est sans doute à la pétroleuse qu'il aurait refait son éducation.&lt;/p&gt;
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<title>Hommage à Jules Ferry : le PS comme l'aime Natacha Polony ?</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2012/05/15/hommage-a-jules-ferry-le-ps-comme-l-aime-natacha-polony.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Actualités</category>
<category>Histoire</category>
<category>Livre</category>
<pubDate>Tue, 15 May 2012 12:42:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vialation a &lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/tag/nantes&quot;&gt;pointé plusieurs fois&lt;/a&gt; les usages publics biaisés de l'histoire dans la belle ville de Nantes, et plus particulièrement au musée d'histoire du château. Autant dire que la perspective d'un Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes, qui deviendrait premier ministre nous offre la perspective de nombreux nouveaux billets.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais avant même qu'Ayrault ne rejoigne Matignon, la polémique Jules Ferry enfle, au point de permettre à Luc Ferry de se donner des airs de farouche contestaire. Celui-ci ne se prive en effet pas de &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/breve/2012/05/14/luc-ferry-reserve-sur-l-hommage-que-rendra-hollande-a-jules-ferry_1700764_1471069.html&quot;&gt;déclarer&lt;/a&gt; que Jules Ferry est &quot;&lt;em&gt;non seulement un grand colonisateur, mais c'est quelqu'un qui fonde la colonisation sur une vraie théorie raciste. De même qu'il faut éduquer les enfants, il faut éduquer les Africains, c'est ça l'idée&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce à quoi Vincent Peillon, pressenti pour être ministre de l'Education nationale, répondait qu'il s'agissait du Jules Ferry&amp;nbsp; &quot;&lt;em&gt;des grandes lois scolaires, de la lettre aux instituteurs, de la scolarité obligatoire, de la laïcité, de la gratuité de l'école&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On aura connu Peillon plus inspiré. En effet, peut-on se réjouir que ce soit au Jules Ferry des grandes lois scolaires que François Hollande rende hommage ? D'une part, entre ses vues colonialistes et ses vues scolaires, on peut remarquer bien des similitudes : dans les deux cas,&amp;nbsp; il s'agit de former de bons petits soldats de la République, bien obéissants, que l'on matera à coups de châtiments si besoin. D'autre part, ce Jules Ferry s'apparente plutôt à un mythe construit pour renforcer les fondements de la IIIe République et, à ce titre, il occulte toutes les avancées significatives antérieures telles que la loi sur l'instruction primaire de 1833 ou bien l'instauration d'une école laïque et obligatoire sous la Commune en 1871.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-668346&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/00/3300274102.jpg&quot; alt=&quot;220px-Jules_Ferry_by_Georges_Lafosse.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Par conséquent, ce Jules Ferry n'a rien de bien recommandable et on peut légitimement se demander ce qui lui vaut tant d'honneur. Pour sûr, Natacha Polony et tous les partisans du retour à une école &quot;à l'ancienne&quot; s'y retrouveront. Dès lors, à peine le quinquennat a-t-il commencé que l'on note que le PS n'a rien appris. Il continue à frayer gentiment avec les références intellectuelles de la droite, ce que Didier Eribon analysait déjà superbement dans son essai de 2007 : &lt;em&gt;D'une Révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;Quand les classements PISA sur la scolarité dans les pays de l'OCDE pointent régulièrement l'inhibition extraordinaire des élèves français, tétanisés par la peur de se tromper, sans pour autant que ceux-ci ne brillent par leurs résultats moyens, on peut se demander s'il était bien utile de nous vanter l'autorité selon Jules Ferry.&lt;/p&gt;
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<title>Brecht bling-bling à la Colline</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2012/05/08/brecht-bling-bling-a-la-colline.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Théâtre</category>
<pubDate>Tue, 08 May 2012 23:01:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces dernières semaines, j'ai collectionné les mauvaises pioches au théâtre. En mars, &lt;em&gt;La Mort de Danton&lt;/em&gt; par Lavaudant, que j'avais aimée il y a dix ans à l'Odéon, a décidément mal vieillie et passe beaucoup moins bien, surtout pour la scène finale à la MC93. A l'Athénée, en avril, le &lt;em&gt;Ubu enchaîné &lt;/em&gt;de Dan Jemmett était un véritable calvaire : mise en scène peu inspirée et sans subtilité, Eric Cantona en père Ubu monolithique et inaudible, Valérie Crouzet en mère Ubu, plus audible mais aussi indigeste. Enfin, en mai, à la Colline, &lt;em&gt;Dans la jungle des villes &lt;/em&gt;par Roger Vontobel, a manqué son rendez-vous avec la présidentielle : avec Vontobel, Brecht se fait bling-bling.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-666902&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/02/4306231.jpg&quot; alt=&quot;523110_366260110076698_157480104288034_873902_1443434330_n.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On est généreusement servi en tout : usage abusif de la vidéo et des micros, orchestre sonorisé sur le plateau, leds multicolores à foison et même boule disco. Tout cela sert à tuer le temps, à nous abreuver d'effets visuels pompeux et de chansons qui braillent. La mise en scène sert parfois un humour redondant, le texte &quot;Descends dans ce trou&quot; accompagné par les personnages qui s'échappent par une trappe sur le plateau. Ah, ah, ah, que c'est drôle et bien pensé ! On n'oublie pas de parsemer tout cela d'une poignée de racisme social : Ah, ah, ah, ces pauvres évidemment obèses qui se goinfrent de chips et de bière devant la télé ! je ris toujours ! Ah, ah, ah l'envolée révolutionnaire avec trois jeunes &quot;de banlieue&quot; (entendez par-là silhouettes à casquette et capuche) dans le fond du plateau. Bref, ce Brecht est sans doute parmi ce que j'ai vu de plus consternant. On veut bien que Roger Vontobel considère la mise en scène &quot;comme une véritable écriture scénique&quot;, mais ce serait bien qu'il lise aussi vraiment les textes qu'il met en scène. Ici, on n'entend plus Brecht, il est là comme un élément parmi les autres, un accessoire...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vais-je devoir bouder le théâtre public pour lui préférer l'oeuvre de collectifs plus engagés ? Le travail de Daja avec &lt;a href=&quot;http://www.daja.fr/index.php/spectacles/spectacles-en-tournee/allons-zen-france&quot;&gt;&lt;em&gt;Allons z'en France &lt;/em&gt;&lt;/a&gt;est en tout cas bien plus réjouissant et pertinent. Quand, à la sortie du spectacle, les spectateurs de Vontobel s'évertuent à chercher un sens là où il n'y en a pas, ceux de Daja sortent plein d'une puissance qui leur est restituée : celle de l'utilité de leur propre action dans la cité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Dans la jungle des villes &lt;/em&gt;de Bertolt Brecht,&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mise en scène de Roger Vontobel&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au théâtre de la Colline, à Paris, jusqu'au 7 juin.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Darryl Cunningham contre les théories du complot</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2012/05/05/darryl-cunningham-contre-les-theories-du-complot.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Livre</category>
<category>Science</category>
<pubDate>Sat, 05 May 2012 23:03:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand on se promène sur le net, il se passe généralement peu de temps avant que l'on ne tombe sur les théories les plus étranges : du premier pas sur la lune qui n'aurait jamais eu lieu aux Sumériens qui ne seraient autre que des extra-terrestres, c'est la grande foire des complotistes en tout genre. En Grande-Bretagne, il arrive parfois aussi que l'on ait plutôt l'agréable surprise de tomber sur le &lt;a href=&quot;http://darryl-cunningham.blogspot.fr/2011/06/evolution.html&quot;&gt;blog&lt;/a&gt; du dessinateur Darryl Cunningham.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Grand amateur d'ovnis et d'histoires fantastiques dans sa jeunesse, il a fini par se rendre compte, au fil du temps, que cela ne le menait pas bien loin et qu'il n'y avait pas le moindre semblant de preuves tangibles à l'appui de ce qui le fascinait. En cherchant à en savoir plus, il a trouvé mieux : il a trouvé la science. Elle alimente aujourd'hui une bonne partie de ses notes de blogs en BD. Plus militant que notre &lt;a href=&quot;http://tumourrasmoinsbete.blogspot.fr/&quot;&gt;Tu mourras moins bête&lt;/a&gt; national, c'est aussi tout de même un peu moins drôle. On pourra cependant profiter de la publication de &lt;em&gt;Fables scientifiques &lt;/em&gt;chez Ca et là pour mieux appréhender l'univers de Darryl Cunningham.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-666222&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/01/02/2966810834.jpg&quot; alt=&quot;arton79-f005e.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au programme : l'homéopathie, l'opposition à la vaccination, le canular lunaire, le réchauffement climatique, l'évolution, la chiropraxie, le déni de la science. On y trouvera quelques vérités connues qui font toujours du bien à rappeler et quelques autres histoires qui permettent de mieux comprendre d'où viennent les diverses théories complotistes. On pourra parfois regretter une analyse un peu partielle cependant. Le chapitre sur l'homéopathie aurait probablement nécessité de rappeler que le recours aux médecines alternatives exprime aussi une méfiance envers une médecine traditionnelle trop dépendante des grands laboratoires. De même, la traduction ne semble pas toujours être des plus efficaces et rend parfois la compréhension difficile. Néanmoins, en lisant Cunningham, on en viendrait presque à penser que la lecture de &lt;em&gt;Nature &lt;/em&gt;doit être extrêmement excitante. En un temps où les &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/04/20/les-chercheurs-et-la-menace-bogdanov_1688106_1650684.html&quot;&gt;Bogdanov font régner la terreur chez les chercheurs&lt;/a&gt;, c'est toujours bon à prendre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Fables scientifiques &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;par Darryl Cunningham&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Publié chez &lt;a href=&quot;http://www.caetla.fr/&quot;&gt;Ca et là&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Des gardiens d'immeuble entre deux tours</title>
<link>http://vialation.blogspirit.com/archive/2012/04/29/des-gardiens-d-immeuble-dans-la-presidentielle.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Actualités</category>
<category>Film</category>
<category>Loisirs</category>
<pubDate>Sun, 29 Apr 2012 21:31:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Notre cher président ne cesse de nous le répéter ces derniers temps : il serait la victime d’un service public audiovisuel tout acquis à la gauche. Il se fait passer pour un martyr subissant sans relâche les attaques déloyales de journalistes qui ne se contenteraient pas de faire leur métier mais auraient résolu de le démolir. Est-ce que tout cela tient la route ? Pour mieux le comprendre, sans doute faut-il s’intéresser de plus près au fonctionnement du service public. A ce propos, nous ne saurions mieux vous recommander que de lire notamment l’excellent &lt;em&gt;France Télévisions, off the record&lt;/em&gt; de Marc Endeweld, cette note ne faisant qu’ébaucher une réponse qui ne saurait évidemment rendre compte de toute la réalité du service public audiovisuel.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avant tout, il est plus que nécessaire de rappeler que la véritable star des journalistes du service public, à savoir David Pujadas, ne semble rien avoir d’un affreux gauchiste, ni même d’ailleurs pouvoir s’apparenter d’une manière quelconque à un socialiste bon teint. Or, c’est ce même David Pujadas qui présente la source d’information la plus regardée du service public, à savoir le journal de 20h, c’est ce même David Pujadas qui présente les grands rendez-vous politiques, et c’est encore ce même David Pujadas qui est qualifié lorsqu’il s’agit d’aller interroger le président de la république lorsqu’il a décidé de s’adresser aux Français. Cet utile petit rappel ayant été effectué, revenons désormais un instant sur l’affaire Deutsch.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans l’&lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/archive/2012/04/10/metronome-un-voyage-dans-l-histoire-de-la-television.html&quot;&gt;un de nos précédents billets&lt;/a&gt;, nous avons expliqué comment le &lt;em&gt;Métronome &lt;/em&gt;de Lorant Deutsch, diffusé le dimanche après-midi sur France 5, proposait une vision réactionnaire de l’histoire revendiquée par le comédien. Le 18 avril dernier, il expliquait encore, dans &lt;em&gt;Les Affranchis&lt;/em&gt; de France Inter (toujours le service public), que l’histoire n’était qu’idéologie et que, par conséquent, la sienne en valait bien une autre. Je cite : « L'idéologie ne doit pas être détruite au nom du fait scientifique, c'est un peu un combat entre les matérialistes et ceux qui croient à quelque chose d'un petit peu plus idéologique. » « Si on peut tendre vers le fait scientifique, tant mieux, surtout si ça accrédite ma chapelle, et ce que je pense, mon éclairage de l'histoire. » Des arguments qui ne renieraient pas les créationnistes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Las, le service public semble avoir commencé à s’inquiéter des sorties de l’artiste. Il ne faudrait pas tuer la poule aux œufs d’or (le &lt;em&gt;Métronome&lt;/em&gt; fait partie des taux d’audience historiques de France 5 pour cette case du dimanche après-midi) et les critiques argumentées des Goliards et d’Histoire pour tous commençant à porter leur fruit, il était temps de changer de stratégie. Aussi, lorsque Deutsch s’est rendu à la Fnac de la Défense le samedi 21 avril pour présenter le DVD, c’était sous le regard attentif des sbires de France Télé. Pas question, cette fois, de s’exposer à de nouvelles critiques ; en ouverture, il s’agissait de préciser une chose : « Mais bien sûr que &lt;em&gt;Métronome&lt;/em&gt; est un roman ! » Par conséquent, France Télé a bien été pris en flagrant délit de discours réactionnaire revendiqué et a fait marche arrière une fois pris les doigts dans le pot de confiture. Qu’en dirait notre président ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-664992&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/02/3948201867.jpg&quot; alt=&quot;Lorant Deutsch, David Pujadas, Frédéric Compain&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Maintenant, existe-t-il vraiment des poches de résistance au pouvoir sur France Télévisions ? Oui, sans doute aussi. Oui, c’est vrai, nombre de journalistes ont le cœur à gauche. Mais la plupart de ceux qui sont à gauche parmi les techniciens et les journalistes sont aussi, à la différence de la star Pujadas, les plus précarisés et ceux qui subissent donc le plus de pressions. Les instances dirigeantes du service public n’ont en revanche qu’une obsession : plaire au pouvoir pour ne pas perdre leur place. Voilà qui est une donnée non négligeable ! Aussi, repensons bien à une chose : tous les candidats à la présidentielle avaient le même temps de parole mais tous ne bénéficiaient pas de la même qualité d’écoute. Les petits candidats étaient aussi ceux que l’on invitait les jours fériés, ceux dont on reléguait la diffusion au fin fond de la nuit. Il en est généralement de même sur le service public pour les discours d’opposition. A Pujadas le 20h, à l’excellent &lt;em&gt;Mon Œil&lt;/em&gt;, qui propose un regard critique sur l’actualité par la rédaction de France 2, cinq minutes dans &lt;em&gt;13h15 le samedi&lt;/em&gt;, traditionnel moment hebdomadaire des courses au supermarché.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De la même manière, le très pertinent &lt;em&gt;Infrarouge&lt;/em&gt; et ses documentaires informés, est diffusé le mardi à 23h, quand « La France qui se lève tôt », à moins d’être insomniaque, a résolument les paupières lourdes. Mais pourtant, entre ces deux tours de la présidentielle, je vais vous demander de faire une exception : le mardi 1er mai, il vous faudra fixer vos paupières avec des allumettes pour regarder le documentaire &lt;em&gt;Aux premières loges &lt;/em&gt;de Frédéric Compain. Après un documentaire sur EADS qui lui a valu le Prix franco-allemand des journalistes, après d’autres projets polémiques comme un documentaire sur l’affaire du sang contaminé qui n’a pu voir le jour, il en connaît un rayon en matière de diffusion à des heures indues et de censure déguisée (et pas seulement sous Sarkozy est-il d’ailleurs honnête de remarquer). Quand on le présente, on aime parler de son ton caustique mais on rit souvent jaune. Frédéric Compain est quelqu’un qui ne transige pas : dérangeant, apparemment… Il fait partie de ces impertinents que, comme on le dit si bien dans &lt;em&gt;Les nouveaux chiens de garde&lt;/em&gt;, le système tente parfois d'écraser faute de pouvoir véritablement le récupérer.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au demeurant, la mission que je vous confie n’a rien de bien désagréable. Elle est même susceptible de satisfaire des instincts que l’on n’avoue pas facilement : aller mettre son nez dans la vie de tous les habitants d’un immeuble ; tout ce qui fait le sel du métier de gardien d’immeuble sans même en assumer les désagréments. Mais c’est donc un documentaire voyeuriste que vous nous proposez là ! Non, nullement, c’est surtout un regard enfin intelligent sur ce qui se passe dans ces fameuses banlieues qui seraient devenues des zones de non droit : Saint-Denis, Villiers-le-Bel... Ca vous dit quelque chose ? C'est aussi une vision pleine de poésie et d'humour sur le quotidien de leurs habitants. Attention, on ne parle pas de cet humour qui relèverait plutôt du mépris de classe. Tout n'est pas rose, évidemment, mais qui vit vraiment au pays de Candie ? Au passage, ce sont aussi quelques piques envoyées au bilan d'un certain amateur de Karcher. Un petit rappel, ultime piqûre avant le 6 mai. Et si jamais les allumettes ne résistaient pas à vos paupières, il vous restera toujours le recours à Pluzz... Vous n'avez pas d'excuse.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Aux premières loges,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;un documentaire de Frédéric Compain.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Diffusion dans Infrarouge, sur France 2, le 1er mai à 22h55&lt;/p&gt;
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<title>Concours séance photo</title>
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<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Dandysme</category>
<category>Jeux</category>
<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 13:52:28 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Et on n'oublie pas de jouer au &lt;a href=&quot;http://vialation.blogspirit.com/archive/2012/03/20/concours-gagnez-une-seance-photo-avec-gilles-niez.html&quot;&gt;concours ouvert jusqu'au 14 mai&lt;/a&gt; pour gagner sa séance photo avec Gilles Niez.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-661319&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/00/769901561.jpg&quot; alt=&quot;557967_384171371604137_337779399576668_1282635_1448694541_n.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Métronome : un voyage dans l'histoire de la télévision</title>
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<author>noreply@blogspirit.com (Vialation)</author>
<category>Actualités</category>
<category>Histoire</category>
<category>Loisirs</category>
<pubDate>Wed, 11 Apr 2012 20:31:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 150%;&quot;&gt;Dimanche dernier, France 5 diffusait le premier épisode de &lt;em&gt;Métronome&lt;/em&gt;, le documentaire inspiré du succès de librairie du même nom signé Lorant Deutsch (et un peu Emmanuel Haymann quand même). Depuis, c'est le buzz : les &lt;a href=&quot;http://www.goliards.fr/goliardises-2/lorant-deutsch-louvre-trop/&quot;&gt;Goliards&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.histoire-pour-tous.fr/actualite/58-television/4067-metronome-l-deutsch-france-5.html&quot;&gt;Histoire pour tous&lt;/a&gt; font une critique sévère et argumentée du propos historique. Bon, en même temps, que le documentaire ne vale pas mieux que le livre du point de vue historique, ça n'a rien de bien mystérieux, mais on pourrait au moins espérer, d'un programme dont le service public semble si fier, que la qualité de l'image pallie l'absence de fond. Or, il n'en est rien au point qu'on se demande s'il n'aurait pas fallu changer de concept pour l'adaptation télévisuelle : au lieu d'une balade suivant les stations de métro, une promenade au gré des canaux hertziens, quelque chose comme &lt;em&gt;Les Enfants de la télé &lt;/em&gt;revus par l'histoire des techniques. Non mais c'est vrai ! C'est quoi ces incrustations sur fond vert comme on en faisait dans les années 90 ? C'est quoi ces figurants nians nians qui font de l'illustration ridicule ? Même dans &lt;em&gt;La Caméra explore le temps &lt;/em&gt;ils avaient l'air plus crédibles ! Même les fictions patrimoniales de la SFP dans les années 80 semblaient plus accrocheuses ! Et pourtant, alors qu'on lui sert un programme d'une telle indigence, le public semble en redemander. Comment l'expliquer ? Tentons une hypothèse.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-660929&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://vialation.blogspirit.com/media/02/01/1755019952.jpg&quot; alt=&quot;ortf.jpg&quot; width=&quot;357&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 150%;&quot;&gt;En France, le lien à l’histoire de la majorité de la population remonte aux souvenirs scolaires de l’école primaire. Or, finalement, depuis le &lt;em&gt;Tour de France par deux enfants &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;Le Petit Lavisse&lt;/em&gt;, la conception de l’histoire a l’école primaire n’a que peu changé. Il est compréhensible qu’on s’attache à donner des repères temporels et que l’on mette en avant les grandes dates, mais le problème c’est que cette conception s’accompagne aussi de la transmission d’un roman national. On raconte des faits de manière chronologique mais on leur donne aussi une cohérence fantasmée. Tout s’enchaîne parfaitement bien, tout est logique presque magiquement et tout concourt surtout à présenter le monde actuel comme le produit naturel de cet enchaînement et donc aussi, comme le seul monde possible.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 150%;&quot;&gt;Par conséquent, le rapport à l’histoire de la majeure partie de la population n’a rien d’un rapport critique. Celui-ci n’est enseigné que progressivement, à mesure qu’on avance dans le parcours scolaire. C’est aussi ce qui conduit à avoir une histoire à deux vitesses&amp;nbsp;: une histoire mythique pour faire rêver la masse la moins éduquée et une histoire plus critique pour les plus éduqués. Cette situation explique très certainement le fait que les programmes d’histoire de l'école primaire soient en général les véhicules d’une historiographie très datée et très imprégnée par le roman national. Pour faire un peu de sous-Bourdieu, quand il sort du système scolaire, l’un des principaux vecteurs de savoir de ce public le moins éduqué est la télévision et dans une société qui valorise beaucoup le savoir, c’est également un public qui est souvent complexé par rapport à cela. Aussi, ce qu’il attend surtout de la télévision c’est une validation, une légitimation de connaissances qu’il a déjà sous la forme d’une réminiscence des souvenirs scolaires. Le phénomène fonctionne d’autant mieux avec Lorant Deutsch qu’un phénomène d’identification est possible. Il est celui qui part de rien et qui triomphe partout. C’est le petit garçon qui voulait devenir footballeur, le comédien de MJC qui devient l’un des plus importants acteurs français, il est l’autodidacte qui arrive à se faire passer pour un grand historien à force de lectures. Il est celui qui fait croire que la méritocratie existe et qu’il suffit de travailler dur pour y arriver. C’est d’ailleurs probablement un discours auquel il croit lui-même. Aussi, pour toutes ces raisons, les arguments d’autorité, le recours au savoir universitaire qu’utilisent certains des détracteurs de Deutsch ne fonctionnent pas face à ses fans qui sont même confortés dans leur position. Et au fond, vous me direz, où est le problème&amp;nbsp;? Alain Decaux ou Lorant Deutsch pour débiter du roman national, quelle différence cela fait-il&amp;nbsp;? Peut-être celle que Deutsch semble, plus ou moins consciemment, s’être transformé en un apôtre des doctrines de Patrick Buisson, le très à droite conseiller du président qui suggère de s'inspirer de la pensée de Gramsci pour parvenir à l’hégémonie culturelle des idées les plus réactionnaires.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 150%;&quot;&gt;Si la télévision publique a toujours structurellement dépendu du pouvoir, ses programmes historiques ont rarement, de manière aussi généralisée, contribué à diffuser les thèses les plus conservatrices pour accompagner l’écriture d’un nouveau roman national. A ce propos, on lira avec intérêt l’entretien accordé par &lt;a href=&quot;http://mondomix.com/blogs/samarra.php/2012/03/20/marier-histoire-et-fiction-louis-xvi-ma&quot;&gt;Aurore Chery au blog de Samarra&lt;/a&gt;. On aurait pu penser que Lorant Deutsch était avant tout une victime de ce procédé. En autodidacte, il a lu à tort et à travers et n’a pas su classer le savoir accumulé, le hiérarchiser, le critiquer. Ses choix sont très visiblement inspirés par ceux de personnes qu’il a admirées, pour diverses raisons, mais dont le nom n’a pas brillé au pinacle de la recherche historique. Parmi ces personnes, il y a manifestement Jean Piat envers lequel il ne tarissait pas d’éloges alors qu’ils interprétaient &lt;em&gt;Amadeus &lt;/em&gt;en 2005. Or, Jean Piat est l’héritier d’une longue tradition française de comédiens royalistes. Dès la Révolution, ils étaient nombreux à la Comédie française ce qui, pour des raisons purement économiques, était compréhensible. En l’absence des riches aristocrates qui les entretenaient, il ne restait plus grand-chose aux comédiennes pour vivre. Aujourd’hui, pour la plupart de ces comédiens, il s’agit plus d’une vague idée romanesque que de politique. Elle est d’autant plus acceptée qu’elle permet de passer pour un original en se posant contre un roman national qui a longtemps porté l’empreinte de Lavisse et de la IIIe République, à l’instar du Bicentenaire de la Révolution pensé par Vovelle. Même si certains de ces comédiens optent probablement discrètement aussi pour certaines idées rances, il semble surtout qu’ils servent d’alibi respectable aux courants les plus fascisants du royalisme. Mais Deutsch va manifestement au-delà, il est en effet très conscient de mener un combat idéologique et d’être, pour cela, prêt à toutes les approximations. C’est en tout cas ce qu’indique son message électronique à William Blanc dans lequel il se revendique de la filiation des Versaillais contre les Communards (&quot;j essaierai de me justifier mais entre versaillais et communard , l abime est sans fond...&quot; (sic.) Le caractère privé de ce message, que William a cependant souhaité rendre public, prouve bien la dichotomie d’un discours qui, en définitive se révèle plus à thèse qu’il ne le prétend ouvertement. Avec cette perspective, son récit du 6 février 1934 dans &lt;em&gt;Métronome&lt;/em&gt;, bien que plus sibyllin,&lt;em&gt; &lt;/em&gt;laisse également penser qu’il assumerait l’héritage des Croix-de-Feu, ce qui le situe dans une veine bien plus clairement nationaliste.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En définitive, il apparaît donc que l’ambition de Lorant Deutsch est d’utiliser sa notoriété pour véhiculer une vision biaisée de l’histoire au service de l’exaltation mythique d’une France catholique et royale. S’il trouve auprès de France Télévisions un allié de poids, c’est qu’il propose une vision de l’histoire où l’événementiel triomphe, ce qui plaît au public en quête de réminiscences scolaires. Son discours conservateur séduit également un public prompt à croire que le roman national lavissien équivaut à un «&amp;nbsp;discours universitaire officiel&amp;nbsp;» et qui pense donc trouver une histoire subversive et plus vraie dans un discours conservateur qui s’inscrit en faux contre lui. Enfin, le discours de Lorant Deutsch s’accorde parfaitement à l'argumentaire développé dans les dernières fictions télévisées diffusées sur le service public qui héroïsent les chefs d’Etat pour mieux stigmatiser tout mouvement séditieux.&lt;/p&gt;
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