03.06.2007

Jarret aux épices

Sauna ou hammam ?

La question mérite attention pendant une semaine de vacances... à Paris.

On aurait aussi pu tester les trente-sept piscines, mais quand on aurait disserté sur les vertus comparées des casiers à clef, pièce ou code, sur la largeur idéale des lignes d'eau et qu'on aurait résolu de livrer en pâture aux lions les amateurs de planche au milieu du couloir brasse, on se serait lassé avant d'en voir le bout.

Non, une semaine de vacances à Paris, c'est comme être pigiste pour un magazine féminin. 

On part en mission pour dénicher un sauna digne de ce nom et on échoue après avoir éliminé les hauts-lieux de l'échangisme, les saunas exclusivement gays et ceux dont l'utilisation implique de faire sauter tout le système électrique de l'établissement. Moralité : le copier-coller du modèle suédois ne commence pas par le sauna. 

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On se rabat donc sur le hammam après avoir pris soin de faire concorder ses disponibilités avec le jour correspondant à l'ouverture pour son sexe. De nombreux hammam parisiens ne viennent que d'une très lointaine inspiration orientale et affichent des tarifs en rapport avec le prix du mètre carré. Celui de la mosquée de Paris passe pour plus "authentique" que les autres, il est très fréquenté. 

Le choix final se porte sur Belleville et son hammam dit équitable qui vous fournit le savon noir aux olives. Au milieu de la vapeur, une bande de cinq joyeuses copines met l'ambiance. Elles ne sont pas antipathiques mais il faudra repasser pour le calme. Quelques douches plus tard, c'est l'heure de mamie gommage. A soixante-trois ans, elle débarque dans la vapeur en maillot de bain, armée de son gant. Elle vous invite à vous coucher sur le ventre, dans une alcôve, et se met à vous frotter. Sous le regard des cinq copines, elle vous soulève un bras, une jambe, vous tourne et vous retourne et frotte toujours avec la même énergie.

Maiki rêve d'apprendre aux gens à faire le jaune d'oeuf ; je sais déjà ce que ressent le jarret sur un étal de boucher. Il en résulte un bénéfique abrutissement.

Dans la salle de repos, on peut se servir du thé à la menthe à volonté, c'est assez rare pour être remarqué.