21.09.2008

Le patrimoine derrière le rideau

En écho à ma note sur Tarbes, je voulais mentionner cet article de LADEPECHE.fr qui m'a fait sourire :

 

Patrimoine : le testament de Louis XVI

LaDepeche.fr | 21 Septembre 2008 | 10h34

 

Le testament de Louis XVI trône dans l'oratoire de la cathédrale de la Sède. Photo Laurent Dard.
Le testament de Louis XVI trône dans l'oratoire de la cathédrale de la Sède. Photo Laurent Dard.

« Je recommande à mon fils, s'il avait le malheur de devenir roi, qu'il se doit de songer tout entier au bonheur de ses concitoyens. » Cette formule est extraite du testament de Louis XVI qui trône au-dessus de l'autel de l'oratoire de la cathédrale de la Sède. Longtemps masquée par un rideau, la lourde plaque de marbre, actuellement dévoilée, ne manque pas de surprendre le visiteur égaré en ces journées du patrimoine. Encadré par deux colonnes entrelacées de fleurs de lys, le testament fut offert par le conseil général des Hautes-Pyrénées à l'église en 1816. Il prit sa place à Tarbes en pleine Restauration alors même que Bertrand Barère, l'ancien président de l'assemblée nationale qui a voté la mort du roi, est en plein exil. Les amateurs de patrimoine, qui vont se presser ce matin à la cathédrale de la Sède pour tout savoir du baldaquin surplombant l'autel, feront peut-être un crochet par la petite chapelle (située à droite en entrant) afin de découvrir cette curiosité. Le rideau devrait être très prochainement remplacé par un autre dispositif de protection qui devrait le masquer à nouveau. Ar.P.

12.07.2008

Tarbes, ma ville est tellement de gauche...

Ah, le Béarn ! Pays du MoDem et des Bourbons par le détour de Jeanne d'Albret ! S'il doit y avoir un paradis sur terre, c'est nécessairement là qu'il se trouve ! Et tant pis si Maiki dit que les Béarnais sont des Basques dégénérés.

Cependant, avant de nous aventurer dans le Béarn, nous ferons escale en Bigorre voisine. Vous connaissez très certainement la Bigorre et sa mémé de Bagnères largement popularisée par les Guignols de l'info. Toutefois, nous réserverons Bagnères pour un autre séjour et nous contenterons de Tarbes, capitale historique de la Bigorre et patrie de tant de grands noms : Lautréamont, Théophile Gautier, Foch, Barère de Vieuzac (si, si celui que Burke surnommait "l'Anacréon de la guillotine" et qui présidait la Convention au moment du procès de Louis XVI), Yvette Horner, Charles Dantzig et, allez pour lui faire plaisir, c'est aussi la patrie d'Aurélien Molas, un grand nom du futur.

La liste, quoique non exhaustive, est assez impressionnante. Le vent de la réussite souffle-t-il à Tarbes ? A en juger par la ville elle-même, on pourrait se demander s'il ne s'agit pas plutôt d'une irrépressible envie de la fuir à tout prix en devenant quelqu'un. Parce que le problème c'est quand même qu'il n'y a plus que les noms pour être grands à Tarbes.  Quand les Pyrénées retiennent les nuages au-dessus de la ville, que tout est triste et gris, c'est plus déprimant que la Moselle en hiver. La ville s'enfonce dans la morosité et la reconversion se fait attendre. Les immeubles affichent de lugubres panneaux : "à vendre", "à louer", la population vieillit et le dynamisme est à l'avenant. 

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 On tente bien de réagir, un peu, et l'ouverture du Rexhotel, en 2006 le grand hôtel design de Tarbes, est une de ces tentatives. Malheureusement, tout ce qui est grand ne peut être que fantômatique ici. On se sent aussi confortablement installé au bar du Rexhotel que dans la vitrine d'un magasin Habitat. Le design rime ici avec passe-partout. Au menu : Starck et l'inévitable Louis ghost (en même temps, c'est un peu normal pour une ville fantôme). Bref, pour la singularité, on repassera. Mais soudain déboule à la réception un Julien Lepers tout en short et tongs. Ciel, on donne donc aussi dans le revenant ! Je devais apprendre plus tard que Tarbes participait ce soir-là à Intervilles et que ceci expliquait cela. M'est avis cependant que ce n'est pas Intervilles qui va suffire à revaloriser l'image de la ville. Devrait-on même en avoir besoin quand on a Théophile Gautier et Lautréamont ? Mais passons...

Tarbes, c'est amusant aussi car si les Fatals Picards ont chanté Mon père était tellement de gauche, les Tarbais, quant à eux, pourraient chanter Ma ville est tellement de gauche... que la droite s'appelle le PRG, qu'elle récupère les monuments célébrant la Révolution dont personne ne veut (Cf le monument 1792, place Jean Jaurès, devant l'hôtel de ville), que même la cathédrale est à gauche. En effet, quand on la visite, une chapelle semble plus récente et plus simplement aménagée. C'est probablement là qu'on célèbre les messes ordinaires. Un sorte de cube en pin fait office d'autel, le mur en arrière-plan est presque entièrement couvert par un rideau bariolé qu'on pourrait prendre pour un cache-misère. Mais si la curiosité vous y pousse, ce ne sont pas les résultats d'un dégât des eaux que vous trouverez derrière le rideau mais bien un autre autel en parfait état. A en juger par sa décoration chargée en fleurs de lys, il date très probablement de la Restauration et n'est certes pas de bien meilleur goût que le rideau qui le dissimule. Un autre indice permet de le dater : au-dessus de l'autel, gravé dans l'ardoise, on trouve le testament de Louis XVI.