22.03.2009
Hôtel de Soubise (suite)
La rumeur concernant l'hôtel de Soubise ne proviendrait-elle que d'une simple vacance du poste de conservateur dont on nous assure qu'il sera remplacé au mois d'avril ?
On l'espère bien. Pour plus de garantie, l'on nous fait savoir qu'une exposition sur l'Histoire de Psyché doit suivre au mois de juin et que d'autres sont prévues jusqu'en 2012.
Dans le même temps cependant, l'on nous dit aussi que Lire en fête sera préparé en temps et en heure pour le mois d'octobre prochain. Une information qui incite malheureusement à la vigilance puisqu'elle ignore que cette manifestation, jugée trop coûteuse, a été supprimée par le ministère de la culture. Elle doit renaître sous une autre forme en 2010 mais en attendant, l'édition 2009 est annulée et n'aura conséquemment pas lieu à l'hôtel de Soubise.
Enfin, c'est afficher un bel optimisme alors que l'on nous précise aussi que le rapport sur le futur musée de l'Histoire de France ne doit être rendu que fin avril. ll ne reste plus qu'à souhaiter que Soubise n'y aura pas été oublié. Une affaire à suivre avec attention donc.
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20.03.2009
Quel avenir pour l'hôtel de Soubise ?
Le musée de l'Histoire de France : voilà un nom dont on a beaucoup parlé ces derniers temps. Les historiens ont polémiqué sur ses enjeux, les politiques et les experts en tous genres s'interrogent sur le lieu adéquat pour l'accueillir mais au milieu de cela, personne ne s'est interrogé sur l'avenir de l'actuel musée qui porte ce titre. Oh certes, il n'attire pas les foules, certes il ne prétend pas aux mêmes ambitions, mais ce petit musée se situe au coeur de l'un des joyaux de l'architecture parisienne : l'hôtel de Soubise dans le Marais (60 rue des Francs-Bourgeois).
Actuellement, il présente l'exposition Mémoire d'avenir, les archives nationales se racontent, 1808-2008. C'est une manière de commémorer le bicentenaire de l'installation des archives nationales dans ce même bâtiment. Si la notice de l'exposition mentionne bien le déménagement d'une partie de ces archives vers le nouveau site de Pierrefitte-sur-Seine, elle omet judicieusement de préciser que cette exposition est aussi un adieu.
En effet, quand cette exposition prendra fin le 15 juin prochain, le musée fermera vraisemblablement définitivement ses portes puisque plus aucune manifestation n'y est prévue (ni conférence, ni Lire en Fête qui a fait sa renommée auprès des Parisiens) mais surtout, plus aucun conservateur n'est nommé pour le prendre en charge.
On serait tenté de dire : quelle importance puisqu'il recevait peu de visiteurs et que le musée doit renaître sous une forme plus attractive ? C'est oublier que la mesure condamnera selon toute vraisemblance l'accès au bâtiment, un bâtiment emblématique du Marais, de l'histoire des arts décoratifs et de l'histoire de Paris. L'hôtel de Soubise est édifié au début du XVIIIe siècle pour la famille de Rohan, l'une des plus puissantes et des plus fortunées de France. Elle fait donc appel aux plus grands noms de l'architecture pour l'édifier : Pierre-Alexis Delamair dans un premier temps et surtout Germain Boffrand ensuite. L'hôtel est célèbre pour sa vaste cour en hémicycle bordée d'une colonnade, une oasis de calme au coeur du Marais. Cette architecture séduit tant qu'elle est reproduite, un peu plus au nord, pour le palais du Temple édifié pour le prince de Conti, un bâtiment aujourd'hui disparu. Tout au long du XVIIIe siècle, l'hôtel de Soubise et le palais du Temple sont les hauts lieux de la vie culturelle aristocratique parisienne ; les deux familles se trouvent en rivalité constante pour accueillir les meilleurs artistes dans tous les domaines. L'hôtel de Soubise abrite ainsi le Concert des amateurs (les frais en étant assumés par un groupe de mécènes) composé des plus grands musiciens et chanteurs de toute l'Europe. La tradition en était perpétuée de nos jours par les concerts de l'association Jeunes Talents.
Mais l'hôtel de Soubise, c'est plus que son architecture extérieure, c'est aussi les magnifiques boiseries de ses salons connus, en histoire de l'art, pour être le paradigme du style rocaille, des salons souvent mis à contribution par les équipes de cinéma. Ces dernières années, on y a notamment tourné des scènes du Marie-Antoinette de Sofia Coppola.

Il était déjà regrettable auparavant que l'hôtel de Rohan, contigu à celui de Soubise, ne soit que rarement accessible. En effet, il conserve aussi de très belles boiseries anciennes et c'est en partie là que s'est jouée la célèbre affaire du Collier de la Reine. Destiné à accueillir les bureaux des conservateurs des archives nationales, il ne le sera définitivement plus. Peut-être est-il temps encore de sauvegarder l'accès à l'hôtel de Soubise ? On peut le souhaiter, mais cela n'ira certainement pas sans une véritable mobilisation des acteurs du patrimoine et de la culture. Or, si l'on a beaucoup parlé de l'hôtel Lambert de Thorigny et ce utilement semble-t-il, si l'on évoque aujourd'hui le cas de l'hôtel de la Marine sur la place de la Concorde, la mobilisation pour l'hôtel de Soubise paraît inexistante. Cette note n'est qu'une goutte d'eau, elle a besoin de vous pour circuler.
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