13.01.2009

Musée des imaginaires d'une gauche morte

Le titre de cette note pourrait être le nouveau nom du musée du château de Nantes dont nous avions déjà parlé ici. Vous cherchiez la gauche, nous l’avons en partie retrouvée ! Elle se conserve au musée, elle se dit que la Cité nationale de l’histoire de l’immigration c’est bien mais qu’elle présente un problème : elle est placée sous la présidence de Jacques Toubon qui n’appartient pas, on le sait, aux ténors de la gauche.

Alors quand Hortefeux se félicite indécemment d’avoir explosé ses objectifs 2008 de reconduites à la frontière, elle ne peut pas lui opposer sa belle Cité, son initiative généreuse, elle en est réduite à se ranger derrière les historiens démissionnaires qui protestent contre la création du « ministère de l’immigration et de l’identité nationale ».

Alors, que faire ? Mais de la contrefaçon, pardi !

chateau560.jpg

Comme toujours, la contrefaçon ça fait un bel effet de loin mais il ne faut pas être trop regardant sur les détails. Or ces détails, c'est bien ce que met en avant le programme du château pour la saison 2009. En prévision de l'exposition "Nantais venus d'ailleurs", c'est à un véritable casting que nous avons droit. Ainsi :

"Le musée recherche...

Un Italien de l'entre deux guerres ayant travaillé à l'usine des Batignolles.

Un Polonais arrivé dans les années 1920 et membre de la paroisse de Couëron.

Un Portugais ayant migré en 1972 avec sa famille pour le travail.

Un Tunisien de Redeyeff habitant le Sillon de Bretagne, qui a bénéficié du regroupement familial..."

Ou comment le "Nantais venu d'ailleurs" est dûment prié de présenter ses papiers pour que l'on puisse déterminer s'il rentre dans la case. Comment ça vous êtes un individu avant d'être l'Italien, le Polonais, le Portugais ou le Tunisien nantais idéal ! Voyons, faites un petit effort pour la culture municipale ! D'autant qu'ils sont généreux, ils sont ouverts au second choix : "Des gens de partout, arrivés tout au long du 20e siècle, vivant n'importe où dans l'agglomération, et susceptibles de contribuer à la préparation de l'exposition (...) en prêtant des objets personnels : valises, vêtements de travail, bijoux, ustensiles de cuisine, photos de mariage, bulletins de paie..."

Bref, pour faire une bonne copie, il vaut d'abord mieux s'attacher à saisir le fond plutôt que la forme de l'original.